En décembre, lorsque le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, avait confirmé l’abaissement à 40 000 du nombre de personnes immigrantes admises au Québec en 2019, on pouvait déjà dire et écrire que ce chiffre global commencerait à grimper dès l’an prochain.

Immigration, ce qu’il faut souhaiter

CHRONIQUE / Le gouvernement Legault propose de revenir dès 2022 au même nombre d’immigrants que le Québec accueillait sous les libéraux, soit quelque 52 000 par année. Ce n’est pas une bien grande surprise. La vraie nouveauté est qu’il veuille gonfler la part de l’«immigration économique» en partie au détriment de celle des réfugiés et de celle des personnes cognant à nos portes au titre du «regroupement familial».

Dans les objectifs qu’il propose, Québec entend favoriser plus que jamais l’immigration économique. Il s’agit d’une catégorie qu’il contrôle pleinement en vertu des ententes avec Ottawa. D’ici 2022, elle passerait de 59 % à 65 % du total de l’accueil québécois.

Personne ne dira que Québec ne doit pas accroître le nombre d’immigrants «économiques». Mais rappelons tout de même que le Québec, comme tout État relativement riche, a des obligations humaines à l’égard des réfugiés, ainsi qu’en matière de regroupement familial.

Espérons que les consultations qui se dérouleront dans la deuxième moitié du mois d’août sur l’ensemble de la proposition gouvernementale feront en sorte que les curseurs seront réajustés dans ces deux catégories afin que nous continuions à nous acquitter pleinement de nos responsabilités.

Ces immigrants peuvent aussi contribuer à la force économique du Québec. 

Marqueur politique

En décembre, lorsque le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, avait confirmé l’abaissement à 40 000 du nombre de personnes immigrantes admises au Québec en 2019, on pouvait déjà dire et écrire que ce chiffre global commencerait à grimper dès l’an prochain.

C’est que le ministre avait beaucoup insisté sur l’adverbe «temporairement» en parlant de cette baisse. Il laissait entendre qu’il s’empresserait de rehausser les cibles globales d’accueil dès que ce serait possible.

Autrement dit, et compte tenu de la rareté de la main-d’œuvre, dès qu’il serait en mesure de dire que l’engagement électoral de la Coalition avenir Québec (CAQ) a été rempli... Au terme d’un an, donc...

L’engagement général de réduction a été très populaire auprès de nombreux électeurs. Il a contribué aux points récoltés par la CAQ. Cette promesse était même devenue un marqueur politique pour elle. Elle en a joué abondamment ces dernières années.

François Legault et Simon Jolin-Barrette ont-ils contribué à alimenter les craintes de plusieurs lorsqu’ils étaient dans l’opposition en ce qui a trait à l’immigration? Ont-ils simplement répercuté celles qui existaient? Ont-ils plutôt fait le pari de rassurer les Québécois inquiets en promettant une baisse, le temps de commencer à doter le Québec de nouveaux outils d’intégration? Les craintes de certains étaient-elles dues au «laxisme» des libéraux? 

À divers degrés, on peut répondre oui à toutes ces questions. Ces oui ne se contredisent pas.

Ce qu’il faut souhaiter, c’est que le recul de 2019 et la hausse progressive soient de nature à rassurer, à calmer des inquiétudes. Il le faudrait puisque, même si tout n’est pas qu’une affaire d’argent, le gouvernement a décidé d’investir davantage en matière de francisation et d’intégration à la société québécoise.

Reste le problème concernant les réfugiés et le regroupement familial dont il faudra bien discuter collectivement. Une partie des consultations du mois d’août porteront vraisemblablement là-dessus. C’est à souhaiter.