Si elle est pure et lisse et si elle est suffisamment épaisse, la glace va retirer la plupart des rouges, orangés et jaunes, ainsi qu’une bonne partie des verts de la lumière qu’elle absorbera pour ne laisser passer que les bleus et les violets. Mais l’œil humain est moins sensible à ces derniers. La glace semblera alors bleue.

Qui a échappé de la peinture bleue dans la neige?

CHRONIQUE / «Bien que résidant à Québec depuis près de quarante ans, je n’ai appris qu’il y a deux ans que la capitale est, comme certains disent, une vieille dame qui ne dévoile ses charmes que lentement. Il n’y a que deux ans, en effet, que j’ai découvert le plus beau phénomène de la région : les glaces bleues. Alors la question qui vient tout naturellement est : comment se forment-elles? Faut-il une rivière sans plancton? J’ai aussi noté que ces glaces s’échouent surtout lors des grandes marées. C’est pour cette raison qu’elles peuvent passer quelques jours, ou semaines cette année, sur les amas de glaces qui longent le fleuve», demande Larry Tremblay, de Québec.

La lumière, comme on l’a vu maintes fois dans cette rubrique, est une «onde électromagnétique», soit de l’énergie électrique et magnétique qui se répand dans l’espace un peu comme le fait une vague à la surface de l’eau. Selon sa longueur d’onde — c’est-à-dire la distance entre deux vagues —, nos yeux percevront différentes couleurs. Ainsi, la plus grande longueur d’onde que l’œil humain peut voir se situe autour de 700 nanomètres (nm), ce qui donne du rouge. Un peu plus petit, et nous percevons de l’orange; des ondes encore un peu plus serrées donnent du jaune, et ainsi de suite jusqu’aux plus petites longueurs d’onde perceptibles, autour de 400 nm (violet).

En général, la glace est soit transparente, soit blanche. Il arrive qu’en figeant, la glace capture une grande quantité de petites bulles d’air, ou que beaucoup de fissures se forment à l’intérieur. Dans ce genre de cas, la glace prend une couleur blanche ou blanchâtre. La lumière, en effet, dévie légèrement à chaque fois qu’elle passe d’un milieu à un autre, qui a une densité différente — comme la glace (dense) et l’air des bulles ou des fissures (peu dense). Et non seulement va-t-elle dévier, mais les différentes longueurs d’onde qui la composent vont prendre des directions légèrement différentes les unes des autres. Dans une glace où il y a suffisamment de bulles ou de fissures (comme dans les glaçons que l’on fait au congélateur, par exemple), cela va en quelque sorte mélanger toutes les couleurs ensemble, ce que nos yeux perçoivent comme du blanc. Notons que c’est pour la même raison que les flocons, qui sont translucides au microscope, apparaissent blancs dans un banc de neige, et que les gouttelettes, elles aussi transparentes lorsque considérées une par une, forment ensemble des gros nuages blancs.

Mais il peut aussi arriver que la glace soit suffisamment exempte d’impuretés et de défauts internes pour laisser passer la lumière. C’est d’ailleurs une caractéristique assez singulière de l’eau : elle absorbe bien (voir très bien) la plupart des ondes électromagnétiques, sauf une petite bande qu’elle laisse passer et qui correspond grosso modo à ce que nos yeux sont capables de voir. Cela peut survenir à cause des conditions de formation de la glace, ou à cause de celles qui prévalent par la suite — dans les glaciers, par exemple, le poids de la colonne de neige exerce une telle pression que l’air s’en trouve expulsé et que les flocons sont forcés de fusionner.

Quand la glace est pure et lisse, il y a alors deux possibilités. Si la glace est mince, elle semblera transparente. Et je dis bien «semblera», parce que même si la glace laisse passer la lumière, elle en absorbe toujours une petite partie, et cette partie varie selon la longueur d’onde. La différence est relativement mince, mais, dans la lumière visible, la glace est meilleure pour absorber les plus grandes longueurs d’onde que les plus courtes. Si bien que si elle est suffisamment épaisse, la glace va retirer la plupart des rouges, orangés et jaunes, ainsi qu’une bonne partie des verts, pour ne laisser passer que les bleus et les violets — mais l’œil humain est moins sensible à ces derniers. D’où la couleur que M. Tremblay a vue.

Le phénomène survient également pour la glace mince, mais la teinte que cela donne n’est pas assez forte pour être perçue.

Notons que c’est un peu le même phénomène qui explique pourquoi les trous dans la neige semblent parfois bleutés, eux aussi : la lumière qui arrive dans ces trous est déviée dans tous les sens, comme il arrive toujours dans la neige, mais si elle «rebondit» et passe à travers assez de flocons, elle perdra ses plus grandes longueurs d’onde.

Sources :
— s.a. Snow Characteristics, National Snow and Ice Center/University of Colorado, 2017, goo.gl/kUw7aP
— s.a. «What color is an iceberg?», Ocean Facts, NOAA, s.d., goo.gl/FHtbfB

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QUE FAIRE AVEC LA DROGUE SAISIE?

«J’aimerais savoir comment on dispose des drogues saisies, comme le fentanyl, entre autres. Comment sont-elles détruites? Ça fait longtemps que je me pose cette question!» demande Yvonne Payette, de Drummondville.

On rencontre souvent, dans cette chronique, des histoires qui prennent des tournures insoupçonnées — c’est comme ça quand on va au fond des choses. Mais dans ce cas-ci, autant vous le dire tout de suite, il n’y en a pas : la plupart du temps, ces drogues-là sont brûlées, tout simplement.

Comme les drogues confisquées sont des éléments de preuve devant les tribunaux, l’État doit conserver les produits d’une saisie tant que le procès n’est pas terminé et que les délais d’appel ne sont pas échus, explique Étienne Doyon, porte-parole de la police de Québec. Mais après, «on fait une demande à Santé Canada [qui gère la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, NDLR] pour les détruire et, au bout du compte, c’est brûlé à l’incinérateur de Québec», dit-il.

D’un endroit à l’autre, évidemment, les modalités peuvent évidemment varier. Aux États-Unis, certains corps de police ont leur propre four crématoire ou font affaire avec des entreprises qui en exploitent. D’autres vont faire brûler les drogues dans des centrales thermiques ou même dans des cuves d’aciérie (!), mais il demeure que c’est généralement la combustion qui attend les substances illégales confisquées.