Âgé de 14 ans, Tarick Moujane s’apprête à livrer un combat de boxe et à faire une différence dans la vie de Jenny Létourneau.

La mère de son meilleur ami

Tarick Moujane n’a pas peur de cogner ni d’encaisser les ripostes. Ça fait partie du sport. Il boxe.

Le garçon de 14 ans sourit peu, timide sous son air sérieux. Encore un peu sonné aussi. Rien à voir avec un direct à la mâchoire.

Il y a deux semaines, l’adolescent a réalisé que les coups qui font le plus mal ne se donnent pas nécessairement sur un ring.

La mère de son meilleur ami souffre d’une grave récidive du cancer, une mauvaise nouvelle qui a fortement ébranlé le jeune boxeur qui est rentré de l’école, sous le choc.

«Et si c’était toi, maman?» a-t-il lancé à Marie-Claude Beaudin qui a écouté son fils lui raconter sa conversation avec Daven.

C’était l’autre matin, au La Tuque High School que fréquentent les deux élèves de 3e secondaire. Tarick connaît suffisamment son copain pour deviner qu’il n’était pas comme d’habitude. L’adolescent ne peut pas expliquer pourquoi, sinon que ça se ressent ces trucs-là.

«Es-tu correct?»

Non. Ça n’allait pas du tout.

«C’est revenu...»

Tarick savait exactement ce que la réponse de Daven voulait dire.

Jenny Létourneau a deux enfants. Son conjoint en a deux aussi. Daven est l’aîné de la famille recomposée.

La femme de 36 ans a eu un premier diagnostic de cancer il y a deux ans. Arrêt de travail sur-le-champ, chirurgie quelques semaines plus tard, chimiothérapie pendant plusieurs mois, des hauts, des bas, un suivi serré, de l’espoir...

«Ça a été difficile, mais elle est passée au travers. Il n’y avait plus aucune trace, plus rien du tout.»

C’est Marie-Claude qui me fait le résumé de la vie de Jenny, ces deux dernières années. C’est souvent comme ça lorsque nos enfants sont les meilleurs amis du monde. Entre parents, on finit par se connaître et s’apprécier. Un lien se crée.

C’est un examen de contrôle effectué à la fin octobre qui a révélé que le cancer s’est réveillé et a progressé.

Daven s’est présenté à l’école le lendemain, inquiet pour sa mère, une secrétaire dont la maladie vient avec son lot d’angoisses, y compris celles liées au manque d’argent.

Marie-Claude Beaudin explique que Jenny n’est pas admissible à une assurance privée depuis le diagnostic de 2016. «Ça ne faisait pas assez longtemps qu’elle était en rémission.»

La femme a dû assumer le coût de médicaments onéreux qui ne sont pas couverts par le régime public, sans compter les frais engendrés par les nombreux déplacements vers Trois-Rivières où elle a reçu et continuera de recevoir des traitements.

Habituellement, à 14 ans, on ne discute pas du cancer et de son fardeau financier. Les deux amis, oui.

«Daven m’a dit qu’il voulait travailler encore plus, faire du quarante heures par semaine pour aider à payer...»

L’ado travaille au McDo.

«Daven n’était plus sûr de continuer d’aller à l’école», ajoute Tarick qui est rentré chez lui, durement affecté par toutes ces confidences. Le malheur frappait son ami, sans lui donner le temps de reprendre son souffle, de retrouver son équilibre.

«Je me disais que je ne savais pas ce que je ferais si ça arrivait à ma mère aussi. Je voudrais qu’on m’aide.»

Le terme «combat» n’est pas toujours approprié pour parler du cancer. L’intention est bonne, mais ça laisse entendre qu’à la fin, il y aura un gagnant ou un perdant alors que la personne atteinte d’une grave maladie n’a pas le choix d’y faire face. À mains nues.

Dans ce cas-ci par contre, difficile d’éviter le symbole des gants de boxe.

Tarick s’apprête à monter sur le ring pour livrer deux combats dans la même soirée, l’un avec ses poings, l’autre avec son grand cœur.

Ce samedi 17 novembre, l’adolescent participe au gala de boxe Fight Night. Quelque 1200 personnes sont attendues à la bâtisse industrielle de Trois-Rivières.

Le garçon a fait le calcul suivant. Si chaque spectateur donne un dollar, il pourra remettre 1200 $ à Jenny.

«Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais ça donne un coup de main.»

Pour Tarick, ce geste se veut un stress en moins sur les épaules de Daven qui, heureusement, a compris que sa mère préfère le savoir en classe plutôt qu’en train de faire des hamburgers, à longueur de journée.

Tarick écoute sa mère me décrire son fils, un sportif qui fait de la boxe depuis un an. Il s’entraîne quatre soirs par semaine, à raison de deux heures trente chaque fois.

Marie-Claude Beaudin le présente comme un talent naturel. Tarick n’est pas le plus grand ni le plus gros, mais il n’a peur de rien et l’emporte généralement sur ses opposants.

Au moment d’écrire ces lignes, on ne lui avait toujours pas dit le nom de son adversaire de samedi soir afin qu’il se concentre d’abord sur lui-même. Tout ce qu’on lui a laissé entendre, c’est que ce ne sera pas facile, comme pour Jenny qui lui a déjà exprimé sa reconnaissance.

«Daven est chanceux d’avoir un ami comme Tarick», a-t-elle dit à la mère de celui-ci.

Des tirelires en forme de ring ont été laissées dans différents commerces de La Tuque où les gens sont invités à donner. Une page GoFundMe (Jenny’s fight against 2nd Cancer) a également été créée. L’organisation du gala de boxe tiendra de son côté un encan silencieux durant la soirée. Tous les fonds seront remis à Jenny Létourneau qui devrait être présente pour assister au combat de Tarick dont la stratégie est la suivante…

Tout donner en pensant à la mère de son meilleur ami.

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Marie-Ève à la rescousse

CHRONIQUE / Marie-Ève Caron aurait pu quitter les lieux avant d’y mettre les pieds, prétexter un imprévu et ne plus jamais redonner de ses nouvelles. Ni vue, ni connue.

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La métamorphose de Mathieu

CHRONIQUE / Mathieu Blais n’a pas attendu de subir une reconstruction faciale pour aimer l’image que son miroir lui renvoie. Cette métamorphose s’est accomplie au fil des années et plus précisément le jour où le jeune homme a accepté son visage tel qu’il est.

Le 19 août dernier, le jeune homme de 24 ans était néanmoins attendu à l’hôpital pour sa vingtième et vraisemblablement dernière opération.

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De la tire sur la neige... en juillet

CHRONIQUE / Se régaler de tire d’érable sur la neige quand il fait 30 degrés Celsius sous un soleil de plomb, oui c’est possible. Tout comme manger des oreilles de crisse avec des gougounes aux pieds.

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La procureure aux poursuites criminelles et pénales s’est présentée devant son patron: «C’est terminé. Mets-moi ailleurs. Je ne suis plus capable.»

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CHRONIQUE / Il n’est jamais trop tard pour réaliser que ce n’est pas ce qu’on pensait, que le premier choix n’était pas le bon. Vraiment pas.

Milène Leblanc était persuadée d’avoir réalisé son rêve de petite fille en devenant infirmière auxiliaire. Elle a rapidement eu l’impression de tomber en plein cauchemar. Avant de ne plus être capable de stopper sa chute, la jeune femme de 26 ans a rangé ses seringues puis a saisi un pinceau comme une opportunité qui se présente.

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CHRONIQUE / Normalement, cette semaine, Suzanne Trudel aurait souhaité bonnes vacances à ses élèves avant de les serrer à tour de rôle dans ses bras. Reconnaissante pour cette autre belle année qui vient de se terminer, elle aurait ensuite lancé à tout le monde: «On se revoit en septembre!»

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Une fille, son père et le boccia

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Qui dit Josée, dit André Lamothe. Son univers tourne également autour de six balles et d’un cochonnet, mais par-dessus tout, du souhait combien paternel de vouloir le bonheur de son enfant, quitte à s’y consacrer à temps plein.

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De l’obésité à la vie d’athlète

CHRONIQUE / Il y a à peine deux ans, Martin Alarie-Rivard pesait 400 livres et n’en menait pas large. Dimanche prochain, 23 juin, le triathlète qu’il est devenu amorcera le demi-Ironman de Mont-Tremblant avec 135 livres en moins, une volonté de fer, des mollets d’acier et le désir de servir d’exemple.

Martin s’est lancé un défi comme on s’offre un cadeau à soi-même, pour se gâter. Le sien vient cependant au prix d’efforts considérables.

Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / «Bonjour! Peut-être vous souvenez-vous de moi? La miraculée de la pelle mécanique! Ça fait trois ans. J’ai une histoire merveilleuse à vous raconter.»

Je l’ai rappelée. Évidemment que je me souvenais d’elle. Difficile d’oublier Diane Héon et ce qui lui est arrivé, le 3 juin 2016. J’en avais fait le récit, quelques mois plus tard, dans une chronique intitulée «Plus forte qu’une pelle mécanique».

Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / C’était il y a neuf ans, dans une résidence pour personnes âgées, en plein après-midi. Pauline Bergeron, qui venait d’avoir 100 ans, a croisé une voisine d’étage, 103 ans.

«Viens chez nous! Il faut fêter ça», a proposé l’aînée à la plus jeune qui a accepté l’invitation avec joie.

Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / Michel Favreault n’aura pas eu la mort qu’il espérait avoir, celle pour qui il n’hésitait jamais à prendre la plume et la parole, sans tabou et sans détour.

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Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / Quand je fouille dans les armoires de cuisine de ma mère, je m’étonne chaque fois d’y trouver quelques vestiges de mon enfance: des contenants Tupperware.

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Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / Un usager qui perd son calme et se montre agressif, ça arrive. Pas tous les jours, mais le risque d’être victime de la violence verbale ou physique est réel pour les gens qui travaillent dans le milieu de la santé.

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Isabelle Légaré

Travailleuse de rang

CHRONIQUE / Laurence Lemire ne veut surtout pas déranger l’agriculteur qui l’accueille, un brin suspicieux. Ce n’est pas pour être impoli, mais l’homme a beaucoup de travail devant lui. Il n’a pas vraiment le temps de répondre au «Comment ça va?» de cette inconnue qui vient lui rendre visite.

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CHRONIQUE / «C’est spécial comme elle est spéciale cette enfant-là.»

Simone Beaudoin avait bien raison en faisant référence à Roxanne Hébert. «Elle a l’air d’un ange...», disait-elle aussi.

Isabelle Légaré

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CHRONIQUE / Christian Hart et Robert Bergeron ont terminé la course vingt minutes plus tard que prévu, mais il n’y a pas un chrono qui peut égaler ni même surpasser leur satisfaction au fil d’arrivée.

Leur intervention rapide a permis de sauver une vie, celle d’un homme qui, entre deux foulées, s’est effondré devant leurs yeux.

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Le piano au suivant

CHRONIQUE / André Lacombe avait au bout du fil une dame attristée de devoir se séparer de son piano. C’était en juin 2018.

«Vous ne pouvez pas comprendre ce que cet instrument représente pour moi...»

Isabelle Légaré

Le choix de Geneviève

CHRONIQUE / «Tu sais que je t’ai fait des affaires quand t’étais p’tite.»

Seule au bout du quai, Geneviève s’était éloignée pendant quelques instants du party de famille qui se déroulait derrière elle. La jeune femme dans la vingtaine était à observer tranquillement les étoiles lorsque son oncle éméché est venu prendre place à ses côtés pour faire remonter à la surface des souvenirs enfouis en elle.

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Un rôle méconnu et indispensable

CHRONIQUE / C’était il y a cinq ou six ans. Un 24 décembre. En soirée. L’agent François Gosselin est arrivé à l’hôpital, muni d’une glacière rouge renfermant son précieux contenu.

Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes. Une femme s’y trouvait déjà, entourée de membres de sa famille. Cette patiente montait au même étage que lui. Ça ne pouvait être qu’elle.