Humer son enfance

CHRONIQUE / Petite, j’admirais une photographie intemporelle de ma grand-mère qui posait devant le canard du Zoo de Saint-Félicien. Elle tenait ma tante de 3 ans par la main. Toutes souriantes, elles faisaient des « byebyes » au photographe. J’aimais beaucoup cette image, comme j’aimais beaucoup lorsque j’avais la chance d’aller visiter le Zoo de Saint-Félicien. Rien n’a changé et je me demande si j’ai déjà passé une année de ma vie sans m’y rendre. Puis, c’est moi qui suis devenue grand-mère !

Mardi, des centaines de personnes ont eu la chance d’assister à la présentation de Kinuk, le bébé ours polaire, né le 26 novembre 2018, qui sortait dehors pour la première fois. Pendant sa promenade extérieure, il a suivi sa maman pas à pas. Tellement absorbés par leur découverte, l’ourson et sa mère n’ont même pas goûté à la friandise qui avait été déposée pour eux sur un rocher.

Pendant les quelques secondes qui ont précédé la sortie des ours, la passerelle était remplie de journalistes, d’étudiants, d’invités spéciaux, mais surtout d’enfants fébriles qui avaient hâte de faire le décompte avant le moment tant attendu. Pendant le lent 10-9-8..., une fillette de la maternelle était malheureuse comme les pierres. Accotée sur son menton, elle avait les yeux baignés de larmes.

— Voyons, ma belle, tu n’es pas contente d’être venue voir le bébé ours ?

— Oui, oui, mais j’ai un gros problème, parce que je ne sais pas comment compter à l’envers.

— Pas grave, ma chouette, compte dans ton cœur, lui ai-je conseillé en réprimant un rire.

Quand les ours ont finalement franchi les portes de leur enclos, de 2 à 99 ans, on pouvait entendre des oh! ha ! comme ils sont beaux, mignons, superbes ! Les gens souriaient et s’exclamaient devant le spectacle unique qui s’offrait à eux.

Lors de toutes mes visites au zoo, mes souvenirs sont tendres et magnifiques, voire magiques. Je me souviens que lorsque j’étais enfant, je ressentais des émotions semblables à celles des soirs de Noël. Je recevais un cadeau de la vie !

Aller au zoo, c’est passer une journée dans l’esprit de notre enfance. C’est replonger dans une mignonne et magique pensée pour les mille animaux qui habitent l’endroit. Qui ne s’est pas extasié devant un harfang des neiges, un magnifique cygne ou les grands félins ? Comment ne pas sourire en apercevant un des majestueux oiseaux, les macaques japonais ou un grand wapiti ?

Aller au zoo, c’est apprendre à connaître les animaux et leur habitat, c’est rouler lentement pendant sept kilomètres dans la forêt du Parc des sentiers de la nature. C’est là que l’humain en cage s’introduit dans le lieu de vie de plusieurs espèces tout en revivant l’histoire et en revoyant les lieux historiques des gens du Lac, tels que le Grand feu de 1870, les postes de traites, les fermes des colons et les difficiles quotidiens des hommes dans les chantiers.

Une visite au Zoo sauvage de Saint-Félicien, c’est parcourir un site qui satisfait tous les goûts. Il y a la petite ferme, la pouponnière, les jeux d’eau et le film multisensoriel où des coups de vent, des bleuets à la tonne et des odeurs viennent chatouiller nos sens.

Il ne faut pas oublier le son de la rivière aux Saumons et l’inoubliable activité nocturne Anima Lumina, qui nous fait connaître un zoo, la nuit !

Visiter ce lieu qui a 60 ans d’histoire et qui a accueilli des millions de personnes, c’est facilement comprendre pourquoi le Zoo sauvage de Saint-Félicien est classé dans la liste des dix plus beaux zoos du monde. C’est une véritable fierté pour notre région.