Vous croyez que Valérie Plante va se la couler douce à la direction d’une ville comme Montréal? Vous croyez qu’elle profitera de ses fins de semaine avec la famille? Que ses adjoints et les nombreux fonctionnaires de la Ville vont faire le travail pour elle? Erreur!

Recette facile pour un Noël joyeux

CHRONIQUE / S’il est vrai que les discussions autour de la dinde de Noël portent plus souvent qu’autrement sur les mauvais coups de nos politiciens, mon conseil, cette année, sera de faire preuve d’un peu de générosité. Je sais, vous ne les aimez guère. Mais pour en avoir côtoyé des centaines depuis 40 ans, au municipal, au provincial et au fédéral, j’en suis venu à me demander pourquoi ils sont encore aussi nombreux à vouloir faire de la politique.

Prenez Valérie Plante par exemple… Vous croyez qu’elle va se la couler douce à la direction d’une ville comme Montréal? Vous croyez qu’elle profitera de ses fins de semaine avec la famille? Que ses adjoints et les nombreux fonctionnaires de la Ville vont faire le travail pour elle? Erreur!

Il n’y a rien de plus solitaire et prenant que le travail d’un maire ou d’un premier ministre. Pendant la semaine, vous êtes sollicité de toute part. Des lettres à signer, des annonces à faire, des discours à prononcer, des dossiers à consulter, des réunions, et surtout, des décisions à prendre. Pendant la fin de semaine, c’est la tournée des événements spéciaux et des rubans à couper que vous ne pouvez ignorer, sous peine de vous faire reprocher votre absence. Et il y a toujours les saintes urgences, les inondations, les incendies, les tempêtes de neige qui commandent votre attention.

Je me suis souvent amusé à consulter les agendas quotidiens des ministres. On a beau dire qu’ils ont des chauffeurs et des véhicules de fonction à leur disposition, mais leurs assignations sont épuisantes. Une annonce à Gaspé, une autre à Matane, une chambre de commerce à Montmagny, des poignées de main et des bons mots pour tout le monde, c’est souvent infernal. Le 15 novembre, Pierre Moreau est arrivé avec deux heures de retard au diner annuel de la Tribune de la presse à Québec. Il revenait de Fermont où il avant annoncé la relance de la mine du Lac Bloom. Vous croyez que ça le tentait d’aller se faire geler dans le Nord pour représenter son gouvernement?

La fin de semaine du 25 et du 26 novembre, Philippe Couillard participait au congrès de son parti à Québec. Il aurait bien mérité un peu de repos le week-end suivant, mais il a appris le samedi matin que les gens de la Davie faisaient un grand rassemblement à Lévis. Difficile de ne pas y aller. S’il fallait que François Legault soit là et pas lui… Il a donc enfilé son manteau de premier ministre pour aller manifester avec les travailleurs. 

Et Jean-François Lisée, vous croyez qu’il a du plaisir à lire les sondages qui le condamnent à une humiliante troisième place aux élections? Il est intelligent Lisée. Il sait bien que les péquistes parlent dans son dos, qu’ils lui reprochent de ne pas être aussi inspirant que René Lévesque. 

Et François Legault? Il est heureux parce qu’il surfe sur l’adrénaline de l’attente du pouvoir, mais il en a bavé pour se rendre là. Même sa femme a déjà sauté sa coche publiquement tellement elle trouvait que les journalistes faisaient la vie dure à son mari. Mais adrénaline ou pas, le chef de la CAQ sait que tout le monde va lui tirer dessus d’ici les prochaines élections. C’est ça le bonheur? Pas sûr!

En fait, il y a au moins un politicien qui se complait dans cette vie difficile qu’est la politique, et c’est parce qu’il est narcissique et complètement tordu. Vous avez deviné que je parle de Donald Trump. Poutine aussi, probablement, mais est-ce un politicien ou un dictateur? Alors si vous avez vraiment besoin de casser du sucre sur le dos des politiciens pendant le temps des Fêtes, défoulez-vous sur Trump. Personne ne vous contredira, et ça vous évitera des querelles avec le beau-frère déplaisant.

Joyeux Noël!