Donald Trump

À la guerre comme à la guerre!

CHRONIQUE / Faites vos provisions de fraises, framboises et bleuets pendant que c’est la saison. Et congelez-moi tout ça, vous aurez de quoi sucrer vos céréales et accompagner vos desserts tout l’hiver. À la guerre comme à la guerre, tout le monde doit faire sa part pour survivre aux tarifs outranciers imposés par Donald Trump. Et entre vous et moi, nos petits fruits congelés ont bien meilleur goût que les énormes fraises blanches que nous importons de la Californie pendant l’hiver.

C’est rassurant de voir comment les Canadiens ont réagi à la riposte de leur gouvernement aux politiques tarifaires de Trump. La surtaxe imposée par le Canada signifie qu’une foule de produits américains vendus ici seront dorénavant plus chers, ce qui nous pénalisera si nous voulons quand même les acheter. Mais pour la majorité des gens, cela veut dire aller voir ailleurs, en commençant par ici même. Tous promettent de vérifier dorénavant la provenance des produits qu’ils achèteront à l’épicerie, à la quincaillerie, dans le meuble et les produits manufacturés, et de privilégier l’achat chez nous et ailleurs dans le monde, au détriment des produits américains.

Ça peut sembler simple, mais ce n’est pas toujours facile quand on constate à quel point nous économies sont intégrées. Les pièces ou les matériaux servant à la production d’un outil, d’un réfrigérateur ou d’une laveuse à vaisselle produits aux États-Unis peuvent tout aussi bien venir du Québec ou d’une autre province canadienne. Mais il reste que le conflit avec Washington a sensibilisé tout le monde à l’importance d’acheter chez nous, guerre commerciale ou pas. 

J’ai été surpris, par exemple, de constater que les tondeuses à gazon, les machines à laver la vaisselle ou les bateaux à moteur sont dans la liste des produits américains touchés par la surtaxe du gouvernement Trudeau. Une tondeuse à gazon, ça doit pouvoir se faire au Canada. Et à ma connaissance, nous produisons déjà des bateaux de plaisance au pays. Alors si les tarifs peuvent accroitre la demande pour nos produits, ça pourrait être une bonne affaire, non? Même chose pour les matelas, les sacs de couchage, les oreillers, les stylos et crayons à bille. 

Et les cartes à jouer sont aussi dans la liste! Wow! Ça me donne le goût de me lancer en affaires avec des cartes produites au Québec où la photo de Trump illustrerait le joker…ou le deux de pique. Même le sirop d’érable est dans la liste! Là je suis tombé en bas de ma chaise…

Blague à part, ce n’est pas aussi simple de riposter à Trump, surtout s’il va de l’avant avec d’autres tarifs sur l’industrie de l’automobile. L’économie ontarienne en souffrirait beaucoup, et tout le reste du pays en subirait les conséquences. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que même avec les tarifs imposés sur nos produits par Washington, notre dollar à 75 ¢ compense en partie ces barrières tarifaires. De plus, les touristes américains continueront d’affluer au Canada, parce que notre dollar est bas. Ce qui veut dire qu’il faut bien les accueillir même s’ils ont élu Trump, parce qu’ils ne sont pas tous républicains et que le tourisme, c’est payant. 

Tous les experts s’entendent pour dire qu’à court terme, le Canada souffrira davantage que les États-Unis si cette guerre commerciale se prolonge. Mais la différence, c’est que les Américains ne sont pas tous derrière Trump, alors qu’ici tout le monde est d’accord avec la riposte du gouvernement Trudeau. Et plus encore, nous ne sommes pas seuls dans ce conflit. Si notre économie est petite par rapport à celle de notre voisin du sud, notre riposte sera accompagnée de mesures similaires par l’Union européenne. Ensemble, nous sommes plus forts.