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Ces règles peuvent désavantager psychologiquement les gens qui vivent seuls et qui n’ont pas de bulle familiale à proximité.
Ces règles peuvent désavantager psychologiquement les gens qui vivent seuls et qui n’ont pas de bulle familiale à proximité.

Santé mentale: confinement, prise deux

Georgia Vrakas, Ph. D., psychologue et ps.éd.
Professeure agrégée, Département de psychoéducation UQTR, campus de Québec
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CHRONIQUE / Le gouvernement a annoncé mercredi de nouvelles mesures de confinement pour aider à diminuer la propagation du coronavirus dans la population. Ces mesures sont nécessaires pour freiner la COVID-19, vu l’augmentation importante des cas au cours des dernières semaines. Cependant, ce nouveau confinement risque d’avoir des effets délétères sur la santé mentale des gens qui sont déjà fragilisés par la pandémie ou qui risquent de le devenir.

Les mesures concernant les personnes seules pourront contribuer à les isoler davantage. Elles n’ont désormais plus accès à une bulle familiale comme c’était le cas pendant les Fêtes, mais à une seule et même personne. De plus, les activités extérieures avec les ami.e.s sont interdites. 

Ces règles peuvent désavantager psychologiquement les gens qui vivent seuls et qui n’ont pas de bulle familiale à proximité.

Il est donc d’autant plus important d’être solidaires les uns envers les autres actuellement et de s’entraider, même si ce n’est que virtuellement. Ceci signifie être proactifs et aller vers les gens que nous savons plus vulnérables, en utilisant les outils à notre disposition (ex. : téléphone, message texte, etc.). Oui, la vaccination a commencé et se poursuit, mais les prochaines semaines vont être difficiles pour plusieurs d’entre nous. Comment garder espoir et maintenir notre santé mentale? Ici, je vais m’attarder aux personnes seules qui n’ont pas de bulle familiale. Je sais que cette période s’annonce plus lourde. Il est donc encore plus important de prendre soin de nous. Étant seule moi-même, cette situation me touche particulièrement et je conviens que ce ne sera pas facile.  

La bonne nouvelle est qu’il y a de l’espoir. La recherche démontre qu’il y a des facteurs qui contribuent à une santé mentale positive durant la covid-19 : la connexion à notre réseau social et à notre réseau familial, le soutien social, axer sur les aspects positifs de notre vie, reconnaître les ressources que nous avons en nous et autour de nous ainsi que nos propres forces. D’autres facteurs qui aident à renforcer notre santé mentale sont de pratiquer régulièrement de l’exercice physique et un loisir.

Activité physique

Je reconnais que ce confinement plus restrictif peut rendre moins accessibles certaines activités. Cependant, il y a des choses qu’on peut faire pour passer à travers cette période et préserver notre santé mentale. Même si nous vivons seul.e.s, nous pouvons :

  • nous assurer de maintenir un contact régulier avec nos proches par téléphone, par message texte ou en ligne;
  • être présent.e.s pour une autre personne seule;
  • prendre soin de notre santé physique en allant marcher dehors avant le couvre-feu, en pratiquant une activité physique à la maison, ou faire d’autres activités sportives extérieures encore permises (ex. : ski alpin, ski de fond).
  • continuer à pratiquer un loisir que nous aimons; si il n’est pas possible de le faire comme avant, soyons créatifs et adaptons-le à notre nouvelle réalité, ou bien trouvons un autre loisir qui peut se pratiquer en respectant les nouvelles mesures et qui nous fera du bien;
  • être dans le moment présent, car nous ne pouvons malheureusement pas anticiper les suites concernant la pandémie.

En ce qui concerne nos ressources internes et nos forces, dans une chronique précédente je vous ai parlé de prendre le temps d’identifier ce qui vous fait du bien actuellement, et ce qui vous a déjà aidé surmonter des difficultés. Il est temps de faire cet exercice et de continuer à faire ce qui nous fait du bien et de remettre en pratique ce qui nous a déjà été bénéfique par le passé. Même quand nous n’allons pas bien, nous avons chacun et chacune des forces en nous. Il s’agit de les identifier,  de les reconnaître et de les utiliser. Facile n’est-ce pas? Malheureusement, pas toujours et pas pour tout le monde, d’où l’importance de chercher de l’aide lorsque nécessaire. La santé mentale faire partie de notre santé globale. Il faut y penser comme faisant partie intégrante de notre bien-être. Si je me casse une jambe, je vais aller à l’hôpital me faire soigner par un médecin. Si je souffre psychologiquement, je vais chercher de l’aide auprès d’intervenants en santé mentale. Le principe est le même. Il est tout à fait normal de vivre de l’anxiété et de la détresse psychologique en ce moment. Il est tout aussi normal de demander de l’aide pour passer à travers.

En terminant, j’aimerai réitérer que distanciation physique ne signifie pas distanciation sociale. Il est important de prendre soin les uns des autres présentement, même à distance. Nous avons les outils pour le faire. Il faut prendre le temps de le faire. Notre santé mentale collective en a grandement besoin.

Source : Bérubé, K. (n. d.). Revue de littérature : santé mentale positive en contexte de pandémie.

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Vous avez une question pour Georgia Vrakas? Écrivez-nous.

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OUTILS

Ressources :

  • Info-social : 811
  • Espace Mieux-Être Canada : pour du counseling en santé mentale en français ou en anglais 24h/7j, veuillez appeler 1-866-585-0445 (adultes. Veuillez noter que je travaille pour ce service téléphonique) ou 1-888-668-6810 (jeunes).
  • Amis de la santé mentale (pour les proches de personnes vivant un trouble mental) : 514-636-6885
  • AQPAMM (pour familles et l’entourage d’une personne vivant avec un trouble de santé mentale): 514-524-7131
  • Réseau Avant de Craquer (anciennement La Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale): 1-855-CRAQUER

Services offerts au privé :

  • Pour trouver un(e) psychologue ou psychothérapeute: 1-800-561-1223
  • Pour trouver un psychoéducateur ou une psychoéducatrice: 1-877-913-6601
  • Pour trouver un travailleur social ou une travailleuse sociale, ou un.e thérapeute conjugale : 1-888-731-9420

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