Québec passe à la vitesse supérieure pour «vendre» et expliquer aux citoyens le projet de tramway et de transport structurant.

Le nerf de la guerre

CHRONIQUE / Québec passe à la vitesse supérieure pour «vendre» et expliquer aux citoyens le projet de tramway et de transport structurant.

Il était temps.

Le silence de l’administration Labeaume lors du débat public sur le projet de SRB avait été une des causes de l’échec. On sentait pourtant la même tiédeur ces derniers mois pour le nouveau projet, ce qui risquait de mener au même résultat.

«Le nerf de la guerre, c’est de communiquer», dit croire aujourd’hui le président du RTC, Rémy Normand.

On a ainsi vu lundi soir au Conseil un maire Labeaume défendre le projet avec une passion et une conviction qu’on ne lui avait pas vues depuis longtemps. 

Pour obtenir une large «acceptabilité sociale», les promoteurs doivent prendre le temps d’expliquer leurs choix et en décrire les avantages plutôt que d’attaquer ceux qui posent des questions.

Ce projet de 50 kilomètres de tramway, trambus et voies exclusives va transformer de façon radicale l’offre de transport en commun à Québec.

Sa mise en œuvre sera cependant précédée de plusieurs années de chantiers qui vont mettre à l’épreuve la patience des citoyens.

Si ceux-ci ne sont pas convaincus que c’est le bon projet et que le résultat en vaut la peine, on se prépare des années de chaos social.

Les politiciens auront-ils alors le courage de résister à la grogne? C’est le genre de risque qu’on ne veut pas courir. 

Québec pose un premier geste en donnant accès à 5200 pages d’études sur le projet actuel et sur ceux qui lui ont pavé la voie.

Personne n’est dupe. Il s’agit davantage d’une opération de communication que d’une opération de transparence, ces documents étant déjà accessibles.

On veut ainsi contrer la perception que le tramway a été improvisé au lendemain de l’élection municipale de l’automne 2017, comme continue de le suggérer le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin.

Celui-ci a repris au Conseil les mots qu’il avait eus il y a deux semaines lorsque Le Journal de Québec a mis la main sur 13 pages de fiches techniques sur les modes possibles de transport urbain (métro, tramway, SLR, train de banlieue, monorail, autobus, etc.).

«On savait que le projet avait été fait sur un coin de table, on vient de trouver la napkin», s’était alors amusé M. Gosselin. 

C’est une bonne ligne de communication, forte et imagée. Je la trouve bien réussie et elle m’a fait sourire. Mais sur le fond, c’est évidemment faux. 

Québec n’a pas choisi un tramway sur la base de 13 pages de fiches techniques. Ce raccourci intellectuel permet peut-être de faire du millage politique, mais n’apporte rien d’utile au débat. Ne gaspillons pas le temps public alors qu’il reste encore tant de questions pertinentes sans réponse. 

Le choix d’un tramway plutôt que d’un métro par exemple. Ce n’est pas qu’on ignore la réponse, mais c’est devenu un préalable à l’acceptabilité sociale du projet. M. Normand a commencé à mieux l’expliquer, mais il faut pouvoir convaincre les citoyens (et des radios) que le tramway est le meilleur choix. 

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Vous trouverez toutes les réponses dans les 5200 pages rendues publiques, a martelé le maire Labeaume au Conseil.

Je n’ai pas eu le temps de toutes les parcourir, mais je doute qu’on y trouve la réponse sur le métro. 

Elle n’y était pas non plus dans le Plan de mobilité durable de 2010 qui a relancé le projet de tramway. Cette réponse était peut-être trop évidente pour que les auteurs s’y attardent.  

Mais il y a aujourd’hui intérêt à vider la question si on veut éviter de lancer le tramway sur les rails du doute.