Natif de Saint-Ambroise, Francis Larouche a quitté le Saguenay à l’âge de cinq ans pour aller vivre en Mauricie. Il a grandi entouré de deux petites sœurs.

Francis implore le retour des cours de sexualité

CHRONIQUE / Depuis quatre ans, Francis Larouche constate que les relations entre les filles et les garçons sont souvent malsaines dans les écoles secondaires. Plusieurs jeunes banalisent les « nudes » (photos de leurs parties génitales) et valorisent les « fuckboys ».

Natif de Saint-Ambroise, Francis a quitté le Saguenay à l’âge de cinq ans pour aller vivre en Mauricie. Il a grandi entouré de deux petites sœurs qu’il protège, tel un futur père de famille. Croyant que tout le monde partageait ses valeurs de respect envers les filles, il a frappé un mur dès son entrée au secondaire. 

Le 3 mars dernier, il publiait son tout premier texte d’opinion sur Facebook en dénonçant ces comportements dégradants et irrespectueux des gars envers les filles. En date du 11 mars, plus de 1050 personnes avaient partagé son percutant message. 

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas épargné par cette vague irrespectueuse qui assombrit les relations amoureuses des adolescents. « Je crois que les bons gars avec de bonnes intentions sont rares parce que c’est comme une mode de prendre les filles comme des objets et j’en connais quelques-uns », confie Ariane Duguay, 17 ans, qui fréquente une école secondaire de Saguenay.

Mature et sensible, Francis est conscient que les parents ne voient pas tout ce que leurs enfants consomment au travers des films, de la télévision et des réseaux sociaux. « C’est pour cette raison que j’ai voulu donner mon opinion sur le sujet », précise-t-il. En couple depuis environ un an, dans une relation respectueuse, le jeune homme de 15 ans avoue avoir lui-même commis des gaffes avec les filles. 

« On retire le cours de sexualité du secondaire en prétextant que ce n’est plus nécessaire. On accepte que des jeunes écoutent des émissions faisant la promotion du sexisme, on passe notre temps à parler du travail et des études aux jeunes, mais on n’est pas capables de leur parler du respect de niveau sexuel », remarque Francis. 

Amour

Au secondaire, alors que certains rêvent de vivre une vraie histoire d’amour, plusieurs rêvent plutôt de cumuler les relations sexuelles sans rien de sérieux. « Avant, on avait des relations amoureuses avec des fantasmes sexuels. Par contre, aujourd’hui, nous avons des relations sexuelles avec des fantasmes amoureux », songe Francis. Et que dire de ces personnes qui ont déjà forcé quelqu’un à avoir des relations sexuelles ? « J’en connais plus que mes dix doigts et pourtant, la moitié d’entre eux ne sont pas dénoncés. Les accusations ont été annulées ou ils ne sont simplement pas condamnés par faute de preuves », souligne-t-il. 

«Nudes»

Dernièrement, une fille s’est confiée à Francis en lui disant qu’un garçon lui avait demandé des « nudes ». « Ce sont des photos des parties génitales de son corps, sans vêtements », précise l’adolescent. La jeune fille ayant refusé, le garçon y est allé avec des arguments plus convaincants. « Il lui a dit que tout le monde le faisait et que personne ne le saurait. Il lui a même dit que son chum devait faire ça avec d’autres filles aussi », mentionne Francis. 

«Fuckboy»

Francis a remarqué que dans les écoles secondaires, il n’est pas rare de voir des élèves porter des vêtements à l’effigie des « fuckboys ». Les fiers détenteurs de ce titre ont parfois jusqu’à une dizaine de partenaires sexuels, consentant (e) s ou non, dans leur vie. « Ça veut aussi dire qu’un adulte a décidé de créer une série de vêtements marqués fuckboy dessus pour faire de l’argent avec, au lieu d’apprendre à ses enfants les valeurs fondamentales du respect », ajoute Francis. 

Télévision

L’élève de quatrième secondaire sait que la télévision véhicule plusieurs expériences que les ados pourraient être tentés d’imiter par manque de jugement, citant en exemple la télésérie Fugueuse. D’autres émissions, comme Code G à Vrak TV, banalisent certains comportements. « Dans cette émission, Joey Scarpellino parle à plusieurs reprises de ses “dick pics”, photos de son pénis envoyées à des filles », souligne l’adolescent. Selon lui, la vie dans les films ne représente pas la réalité des jeunes du Québec. 

« Une grande partie des films et séries américaines se passant au secondaire, que l’on pense à Riverdale, High School Musical, Vampire Diaries et 13 Reasons Why, dans lesquels la réalité est vraiment macho, sexiste et discriminatoire, mais qui a malgré tout l’air tellement cool à vivre », conclut-il. 

Pour lire le texte intégral de Francis Larouche : https://www.facebook.com/francis.larouche.522