Spiritualité

En quête d’absolu

CHRONIQUE / Le 2 février est, pour les catholiques, la fête de la Présentation du Seigneur au Temple. Selon la tradition juive, les parents qui le pouvaient allaient présenter au Temple de Jérusalem leur enfant premier-né, 40 jours après sa naissance.

C’est cette fête que le pape Jean-Paul II a choisie, en 1997, pour célébrer et souligner, tous ceux et celles qui ont choisi de se consacrer au Seigneur dans la vie religieuse.

La Vie Consacrée, une réalité diversifiée

Mais la réalité des religieuses et des religieux est très diverse. Vous connaissez des religieuses enseignantes ou infirmières ; des frères et des pères qui s’occupent des sans-abri, d’éducation ou d’accompagnement spirituel.

Il y a une autre catégorie de religieuses et religieux que vous connaissez peut-être : les moines et les moniales. Ce sont des contemplatifs, c’est-à-dire ceux qui ne font rien d’utile, sinon du fromage, du vin ou du chocolat, ce qui n’a rien de bien religieux, il faut bien l’avouer.

Au diocèse de Chicoutimi quelques communautés de sœurs et de frères appartiennent à cette catégorie : les Carmélites de Dolbeau, les Sœurs du Saint-Sacrement de Chicoutimi, les moines et moniales du Monastère du Cœur de Jésus à Chicoutimi et les Pères Trappistes de Mistassini.

La vie contemplative

Dans les constitutions de l’ordre cistercien auquel appartiennent les Pères de Mistassini, on peut lire ceci : « Cet Ordre est un institut monastique intégralement ordonné à la contemplation. »

En clair, ça veut dire que la personne qui entre dans une communauté monastique trappiste mettra au centre de sa vie la prière et la méditation et ne fera pas de travail pastoral ou caritatif à l’extérieur du monastère. Ce désir de ne rien préférer à l’amour du Christ et d’entrer dans ce type de vie, personne ne le choisit vraiment. C’est un désir qui nous vient de l’intérieur et qui devient comme une nécessité, un appel et un don de Dieu. Il va sans dire que toute vie religieuse, et c’est encore plus évident pour la vie monastique, ne fait aucun sens pour une personne qui n’a pas la foi. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir respect et acceptation entre les non-croyants et les croyants.

Un équilibre de vie

Mais si les moines et les moniales ont comme désir de se consacrer totalement à Dieu dans une vie de prière et de méditation, pourquoi fabriquent-ils du chocolat, pourquoi font-ils des hosties, ou tout autre travail ?

La vie monastique est la plus ancienne forme de vie religieuse. Elle remonte aux tout premiers siècles de l’Église. Ceux et celles qui s’y sont d’abord investis de tout cœur ont vite compris qu’on ne pouvait rester en prière sans arrêt. Dans leur sagesse, ils ont réalisé que toute vie avait besoin d’un certain équilibre, et le travail assurait cet équilibre de vie. De plus ces hommes et ces femmes, bien que vivant modestement, ne désiraient pas vivre de dons et d’aumônes. Ils voulaient, et veulent toujours, subvenir à leurs propres besoins et même pouvoir redonner aux plus pauvres qui les entourent. Saint Benoît, qui a écrit une règle de vie pour les moines, au 6e siècle, dit : « C’est alors qu’ils sont vraiment moines, quand ils vivent du travail de leurs mains. »

L’accueil monastique

Bien que se retirant un peu à l’écart du monde dans le silence et la solitude, l’accueil a toujours été une valeur importante dans les monastères. Les églises monastiques sont, en général, ouvertes toute la journée pour qui veut partager la prière des moines et des moniales, ou simplement se donner un temps de recueillement.

De plus, la plupart des communautés accueilleront pour quelques jours ceux et celles qui veulent prier, se ressourcer ou simplement vivre un temps à l’écart du tourbillon du monde. Souvent, et c’est le cas au monastère de Mistassini, un espace leur sera spécifiquement destiné, l’hôtellerie. Là, sans déranger la vie de la communauté, en toute quiétude et liberté, ils pourront vivre ce temps de repos et de retraite.

La prière liturgique

En plus des temps de prières personnelles, les moines se réunissent à l’église plusieurs fois par jour. D’abord pour la messe quotidienne, mais aussi pour la Liturgie des Heures. À Mistassini, les moines se retrouvent à l’église huit fois dans la journée. Par ces temps de prières, nous voulons d’abord chanter la gloire de Dieu et le remercier pour le don de la vie. Mais nous prions aussi pour nous et pour le monde. C’est là, peut-être notre mission.

Si pour les non-croyants la prière n’a aucune valeur, pour nous et pour tous chrétiens, la prière est une force : une force de communion, avec Dieu et avec le monde.

Quel avenir pour la vie contemplative ?

Quel qu’en soit la forme ou le lieu, depuis des millénaires, il y a eu des hommes et des femmes en quête d’absolu.

Je pense que cette soif d’intériorité, de spiritualité et de Dieu est encore bien présente en notre monde.

Père Clément Charbonneau, abbé

Monastère N.D. de Mistassini