Détresse animale et humaine

CHRONIQUE / Le 10 juillet dernier, au 2563 boulevard Sainte-Geneviève à Chicoutimi, un cas de cruauté animale est signalé au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Un bouc a une sérieuse inflammation aux testicules.

Comme en témoigne cette histoire, derrière toute souffrance animale, il y a une souffrance humaine.

Le propriétaire a quitté sa résidence depuis deux semaines pour cause de maladie. Son chien, son chat, ses six chèvres et ses deux chevaux ne sont tout de même pas laissés à eux-mêmes.

L’homme a pris soin de mandater un de ses amis, qui se rend à sa ferme plusieurs fois par jour, pour veiller à ce que les animaux ne manquent de rien. Le chat peut entrer et sortir de la maison à sa guise et le chien a vingt pieds de corde, un abri, de la nourriture et de l’eau. Quant aux chevaux et aux chèvres, ils ont accès à un champ pour manger de l’herbe à volonté, ils ont du foin, un abri et de l’eau fraîche.

Même si les bêtes sont en bon état de chair, qu’ils ont du foin à volonté et de l’eau, il y a ce pauvre bouc dans un piteux état. Arrivé sur les lieux, le MAPAQ découvre qu’on a tenté de castrer l’animal à l’aide d’une attache en plastique, aucunement conçue pour ce genre d’intervention. Le MAPAQ a fait appel à son vétérinaire pour venir soigner l’animal souffrant. Au départ, l’intention était de sauver la bête et le Refuge des animaux de Chicoutimi acceptait de le garder le temps de sa convalescence. Malheureusement, comme il n’était pas assez fort pour subir une chirurgie, l’animal a été euthanasié.

Le 3 juin dernier, le propriétaire de cette ferme, située sur le boulevard Sainte-Geneviève, a tenté de vendre quelques-unes de ses chèvres via un site de petites annonces. Peut-être tentait-il de leur trouver de meilleures familles ? Malgré la détresse que vivait cet homme, le geste qui a coûté la vie à son bouc n’est pas pardonnable. Même si l’on a dix animaux, et qu’on en fait souffrir un seul, ce n’est pas plus admissible parce que les neuf autres vont bien.

Dans cette histoire, on a abrégé les souffrances d’un animal innocent, victime d’une maladresse humaine. D’un autre côté, sur les réseaux sociaux, sans même se préoccuper de son état de santé, on l’a lapidé, faisant souffrir du même coup un humain qui a sans doute besoin d’aide. Le Refuge des animaux de Chicoutimi, le MAPAQ ainsi que la ville de Saguenay ont travaillé ensemble sur ce dossier afin de s’assurer du bien-être animal, tout en se souciant aussi de l’humain derrière cette triste histoire.

Ils jugent que les autres animaux ne sont pas négligés. Ils gardent tout de même un contact avec le gardien de la ferme pour être certains que les animaux ne manquent de rien, en attendant que le MAPAQ puisse prendre une décision éclairée avec le propriétaire des lieux.

Élastique
La Fédération de l’UPA (Union des producteurs agricoles) avoue que la castration à l’aide d’élastiques spécialement conçus pour cette pratique est chose courante en milieu agricole. Par contre, les veaux et les chevreaux doivent être très jeunes lorsqu’on utilise cette intervention. Dans le cas du veau, deux jours après l’installation de l’élastique avec des pinces spéciales, mis en place par un agriculteur formé par un vétérinaire, les testicules tombent.

Du côté de l’ordre des vétérinaires, on ne recommande pas cette pratique. On préconise plutôt la chirurgie.