Yanick Jean

Des Saguenéens très populaires

CHRONIQUE / Les Saguenéens de Chicoutimi bénéficient d’une visibilité fort précieuse avec le succès de Junior Majeur, l’un des trois films québécois les plus populaires de la dernière année.

Sur la bonne voie

Dans la réalité, leur situation d’aujourd’hui ressemble à un passage obligé dans les bas-fonds de la ligue avant la remontée que devrait provoquer l’avènement progressif de talents prometteurs obtenus dans le jeu des échanges et lors de la sélection des meilleurs candidats provenant des écoles de formation. C’est en pensant aux partisans que Yanick Jean, avec l’assentiment sans doute de la haute direction, s’est imposé le redoutable défi de vaincre les favoris, les Sea Dogs de Saint-Jean, en demi-finale, le printemps dernier. Il renonçait ainsi aux avantages que l’équipe aurait pu retirer en cédant Nicolas Roy aux plus sérieux aspirants à la Coupe Memorial.

Les partisans ont cru, un moment, au miracle. Sur leur patinoire, les Saguenéens ont soulevé la foule comme aux plus belles années. Ils sont allés au bout de leurs forces et de leur habileté pour s’incliner finalement en six parties devant les monarques du circuit qui ont par la suite amèrement déçu les Québécois en tardant trop à imposer leurs atouts devant leurs rivaux ontariens et américains au championnat canadien du junior majeur.

L’essentiel, c’est que l’organisation des Saguenéens a offert, dans les dernières séries éliminatoires, un spectacle de haute qualité à leurs fidèles amateurs. Son sens de la reconnaissance embellit son image et construit l’avenir. Après l’hommage rendu à Olivier Galipeau, le grand capitaine d’un trop court séjour chez nous, les dirigeants ont retiré le chandail 35 d’Éric Fichaud, samedi dernier, avant de couronner la fête par une victoire convaincante de 5-1 aux dépens des coriaces Olympiques de Gatineau. 

La grande question

Ce nouvel élu au temple de la renommée des Saguenéens a ramené l’équipe au sommet, durant la décennie glorieuse de 1990. Rappelons aux nostalgiques qu’un autre athlète exceptionnel a contribué, en 1993-94, à conduire les Saguenéens jusqu’à un lancer de la Coupe Memorial, soit le défenseur Steve Gosselin, auteur de 106 points, qui dirigea accidentellement une rondelle dans la forteresse qu’il défendait avec tant de brio.

L’esprit de Georges Vézina imprègne sans doute l’aréna puisqu’un autre gardien dominant, Marc Denis, qui sera proclamé meilleur gardien en 1996-97, et demeurera toujours attaché à sa ville d’adoption. Il partage d’ailleurs présentement la gestion de l’équipe avec le président Richard Létourneau et l’homme d’affaires Jean-François Abraham.

Tous ces gens méditent sûrement l’annonce faite de la construction, à Trois-Rivières, au coût de 53,6 millions $, d’un nouvel amphithéâtre pouvant accueillir 5500 spectateurs, dont 26,8 M$ proviendront de Québec. Avant de tirer sa révérence, l’ancien maire Jean Tremblay avait présenté un projet de rénovation estimé à 25 millions $ du Centre Georges-Vézina. Mais la bâtisse aura 70 ans cette année... Restauration ou construction neuve ? Ce sera l’une des grandes questions qui animeront les discussions durant la prochaine campagne électorale provinciale.