Le salon ZigZag se termine jeudi à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi et expose les différents programmes de formation disponibles dans nos écoles secondaires, nos cégeps et à l’université.

Des études poussées par la passion

CHRONIQUE / Ça commence par une passion. Que ce soit pour devenir infirmière, mécanicien automobile, chimiste ou pour travailler en santé animale, il faut au départ avoir un intérêt pour ce genre de travail. « Ça commence quand la pédale de ton vélo tombe par terre. Tu la ramasses, tu la prends dans tes mains, tu regardes comment ça marche et tu la répares. Tu veux savoir comment ça fonctionne, c’est le plaisir de réparer. C’est manuel, c’est une passion, c’est ça qu’on veut faire », me raconte un professeur en mécanique automobile.

« J’ai du plaisir devant un moteur. On manipule des pièces, c’est de la mécanique, c’est électrique, il y a des systèmes à comprendre. C’est ça qu’on veut montrer aux jeunes, c’est pour ça qu’on leur met des pièces métalliques dans les mains quand ils se présentent devant notre kiosque », ajoute l’autre prof de mécanique que j’ai rencontré.

Le salon ZigZag qui se termine jeudi à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi expose les différents programmes de formation disponibles dans nos écoles secondaires, nos cégeps et à l’université. Il y a environ 130 programmes de formation offerts dans nos établissements d’enseignement qui pavent la voie à des milliers d’emplois possibles ; comment choisir celui qui nous convient ?

La passion est le mot que j’ai entendu le plus souvent. Les professeurs de mécanique automobile à qui j’ai parlé ne voulaient pas travailler derrière un bureau. Ils aiment tous les deux le travail manuel et leur goût pour la mécanique les a menés à l’enseignement.

« On gagne bien notre vie en mécanique automobile et plusieurs jeunes nous disent qu’ils vont avoir leur propre garage. C’est leur rêve et c’est accessible », ont fait savoir les deux professeurs qui enseignent dans un domaine où le taux de placement est très élevé.


 On manque de chimistes, ils trouvent tous du travail ou ils poursuivent leurs études à l’université. Sur les quatre finissants l’an dernier, trois sont à l’université et l’autre a trouvé du travail. 
Les professeurs de chimie du Cégep de Jonquière

Deux finissants en Chimie

Je sais qu’il y a de beaux emplois en chimie, très bien payés dans les multinationales. J’arrête au stand du département de chimie du Cégep de Jonquière et je demande aux deux profs derrière la table s’il y a un bon taux de placement pour les élèves en chimie. « On manque de chimistes, ils trouvent tous du travail ou ils poursuivent leurs études à l’université. Sur les quatre finissants l’an dernier, trois sont à l’université et l’autre a trouvé du travail », disent-ils.

Seulement quatre finissants, c’est incroyablement peu. Pire encore cette année, il y a seulement deux finissants alors qu’on compte huit élèves en deuxième année et six en première. C’est quand même étonnant de voir qu’on maintient un programme avec moins de 20 élèves inscrits pour les trois années du DEC.

« Les jeunes sont moins intéressés par les études en sciences, ça demande plus d’effort et plus de travail. Les jeunes ont aussi de nombreuses possibilités dans d’autres domaines. Il y a un minimum de connaissance de base qu’on doit apprendre en science et ce n’est pas toujours intéressant. On a le défi de ne pas être ennuyeux », font valoir les enseignants.

Les jeunes qui passent dans leur classe ces années-ci sont aussi brillants que les générations précédentes, mais sont plus informés et plus imaginatifs. « Ils ont cependant besoin de plus d’encadrement pour progresser, les universités devront prévoir des pistes d’atterrissage pour cette jeune génération », conviennent les professeurs de sciences.

Le sentiment d’être utile

Nicolas Boudreault, qui termine son DEC en soins infirmiers, est aussi animé par la passion. « On a l’impression d’être utile et en plus je suis sûr d’avoir un travail. Je n’ai pas encore fini mon DEC et j’ai déjà un emploi à l’hôpital de Chicoutimi », a confié le jeune homme qui témoignait de son expérience dans le kiosque du Cégep de Chicoutimi.

« Les heures supplémentaires et les horaires de travail ça ne me dérange pas, j’aime ça. J’ai fait un stage dans le Nord-du-Québec et le fait de donner des médicaments à des gens qui en ont vraiment besoin, de faire du bien aux gens, c’est très stimulant », fait valoir celui qui aimerait bien poursuivre ses études au niveau universitaire.

« Ça reste quand même un métier préféré par les filles, même si les gars sont un peu plus nombreux », précise tout de même une professeure qui cumule plus de 20 ans d’expérience et qui a été infirmière aussi pendant plus de 20 ans. 

« Le plus difficile, souvent, c’est de garder l’intérêt des jeunes pendant leur formation. On leur présente parfois des vidéos qu’on juge intéressants sur des interventions médicales et la plupart ont déjà vu dix fois mieux sur YouTube ou sur l’Internet », explique la professeure qui doit malgré tout se renouveler et s’adapter aux nouvelles générations.