L’UQAC est un exemple d’investissement public ayant des retombées sociales et économiques pour toute la région.

Des engagements pour l’UQAC

Les promoteurs affirment souvent que leur projet aura des retombées pour la région. Véritable lieu commun, on ne se force guère pour justifier cette affirmation. Que signifie réellement « c’est bon pour le développement de la région » ? Et surtout, comment le mesurer ? La campagne électorale sera l’occasion d’une surenchère du régional. Les élus municipaux auront leur liste classique de demandes pour des routes, aqueducs, infrastructures. Les candidats appuieront invariablement, et sans nuance, les projets privés industriels, miniers et gaziers. Très peu défendront les emplois du secteur public, comme si ça ne comptait pas. Pourtant, la santé et l’éducation, qui sont les deux plus grands secteurs de dépenses de l’État, ont des effets structurants pour toute la région. L’UQAC est un exemple d’investissement public ayant des retombées sociales et économiques pour tout le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il est important de rappeler que les institutions du réseau de l’Université du Québec, dont l’UQAC, ont été mises en place notamment pour occuper et développer les territoires périphériques. Il s’agissait d’un projet de société, d’une politique nationale de développement du territoire. Les impacts économiques sont majeurs : emplois, dépenses récurrentes de fonctionnement et investissements ponctuels en immobilisation (pavillon ou centre de recherche). Peut-on affirmer que la présence de l’UQAC concerne toute la région ? Faisons un survol. L’UQAC donne un accès aux études supérieures pour les jeunes de la région, à proximité de leur lieu de résidence. C’est un effet de rétention, car il évite de défrayer le coût d’études universitaires à l’extérieur. L’institution attire des jeunes venant d’ailleurs. Il y a donc un effet d’attraction. Ce sont deux impacts directs sur le bilan démographique régional (négatif rappelons-le). Les jeunes diplômés sont formés et prêts à contribuer au développement de la société, avec de nouvelles idées. L’émergence du créneau en vidéo et cinéma est liée directement à l’UQAC. Que dire de l’archéologie, du théâtre et même de la Fabuleuse ? L’UQAC attire des professeurs qui sont un enrichissement culturel, un apport de nouvelles visions et d’innovation. Ils posent un regard différent sur la région. De plus, les professeurs s’impliquent dans plusieurs organisations (comités et conseils d’administration) et diverses activités avec le milieu (forums, colloques, festivals, etc.). Ils transmettent ainsi des connaissances.

L’UQAC regorge de projets de recherche dans divers domaines, autres que la forêt et l’aluminium : éducation, management, marketing, développement des territoires, plein-air, peuples autochtones, génétique, saines habitudes de vie, informatique, intelligence artificielle, évènements traumatiques, ressources boréales, réalité virtuelle, etc. Surpris ? Cette énumération n’est même pas exhaustive. Autant d’opportunités qui favorisent l’émergence de nouveaux secteurs d’activités socio-économiques si importants pour la diversification régionale. Plusieurs groupes de recherche sont reconnus dans le monde. Les recherches apportent de l’argent neuf et se font souvent en collaboration avec des organisations de Saguenay et du Lac (culture du bleuet, maladies neuromusculaires, santé des hommes, écoconseil, traitement anticancéreux, dramaturgie sonore, etc.). Ce sont des transferts de connaissances et de nouvelles pratiques aux organisations. Il est impossible de quantifier les retombées sociales, économiques et culturelles de l’UQAC dans la région, mais elles sont énormes.

Ces impacts valent autant pour les cégeps (avec les nuances relatives à leurs spécificités). L’UQAC et les collèges de la région sont parmi les leviers les plus importants du développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tous les acteurs politiques et socio-économiques, sans exception, devraient les ajouter dans leur liste et exiger une augmentation des investissements. Le lobby de la métropole est fort et peu sensible aux universités en région. On ne doit pas compter sur lui pour les défendre. Donner plus d’argent aux institutions collégiales et universitaires dans la région n’est pas une dépense, mais un investissement pour l’avenir. Parce que quand les régions vont bien, c’est tout le Québec qui va bien, même Montréal.