Des élèves meilleurs en lecture

CHRONIQUE / Il semble que la préparation des célébrations de fin d’année ait fait passer sous le radar un des plus beaux cadeaux de Noël qu’une société puisse s’offrir : des enfants qui s’améliorent en lecture. Le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS) a récemment fait connaître les résultats obtenus par les élèves de 50 pays à son examen de 2016. On y apprend que les élèves québécois se situent au-dessus de la moyenne internationale et qu’ils sont en constante progression depuis 2006.

Pourquoi une telle importance à la lecture? Parce qu’un enfant qui comprend ce qu’il lit et qui prend plaisir à le faire possède la clé maitresse permettant d’apprendre tout au long de la vie. La lecture, compétence fondamentale, est au cœur de l’apprentissage dans toutes les matières scolaires, mais aussi de la vie en société.

Le PIRLS, examen international dont la passation est aux cinq ans depuis 2001, mesure la compréhension de texte auprès des élèves de 4e année du primaire. Cette année a été retenue parce qu’elle est particulièrement importante pour la maitrise de la lecture. Des études ont démontré qu’un élève qui éprouve des difficultés en lecture au terme de la 4e année risque davantage d’être confronté à des difficultés tout au long de son cheminement scolaire ultérieur.

Le résultat maximum qu’on peut obtenir au PIRLS est 700 points. L’examen mesure quatre niveaux de lecture : avancé (625 points); élevé (550); intermédiaire (475); faible (400). Le niveau de référence pour un élève de 4e année du primaire est établi à 500 points. L’examen mesure la compréhension à partir de deux types de texte : littéraire et informatif. Quatre processus de lecture sont évalués, du plus simple au plus complexe : repérer une information explicitement mentionnée; faire une inférence simple; interpréter une idée; évaluer et critiquer le contenu.

Les élèves qui ont le mieux réussi en 2016 sont ceux de la Russie (581 points), de Singapore (576) et de Hong Kong (569). Au Canada, les provinces de l’Ontario et du Québec ont participé. Bien que les élèves du Québec se classent au 18e rang, ils ne sont pas si loin du podium avec 547 points, à égalité avec ceux du Danemark. Les petits Québécois ont réussi aussi bien en compréhension de texte littéraire qu’informatif. Plus précisément, 11% des élèves québécois ont fait preuve d’un niveau avancé de lecture, 50% d’un niveau élevé et 87% d’un niveau intermédiaire. Hélas, 13% des élèves ont témoigné d’un faible niveau de compréhension en lecture, ce qui devrait inciter à accentuer les mesures de soutien. Par ailleurs, dans 48 pays sur 50, dont le Canada, les filles ont obtenu des résultats supérieurs aux garçons.

Les résultats du Canada ont diminué depuis 2011. Cette diminution est attribuable aux élèves de l’Ontario. Les résultats des Québécois sont en augmentation constante depuis 2006. En particulier, nos élèves se sont améliorés dans le repérage de l’information et dans la capacité à faire des inférences.

Des moyens

Divers moyens aident les élèves à devenir de meilleurs lecteurs. Ce peut être en offrant plus de ressources en soutien à l’apprentissage. Par exemple, une variété de livres jeunesse à la maison, la disponibilité d’un appareil numérique ainsi que du soutien aux études. Les parents agissent comme des modèles lorsqu’ils montrent à leur enfant qu’ils aiment lire et qu’ils pratiquent des activités de lecture avec lui. La fréquentation de l’éducation préscolaire, par exemple un Centre de la petite enfance (CPE), a aussi un effet bénéfique. Il en est ainsi des écoles qui instaurent un climat de vie sécuritaire et qui font de la lecture une priorité institutionnelle. Enfin, les enseignants font aussi une différence en cultivant un sentiment positif à l’égard de la lecture auprès des élèves.

En conclusion, on peut être satisfait des résultats du Québec. Non seulement plusieurs moyens positifs ont été mis en place, mais ceux-ci portent fruit.