« Eh bien moi, au nom de milliers, sinon de millions de femmes et d’hommes, j’exhorte les jeunes (filles et garçons) à dénoncer, à se confier à des parents, à des amis, à des profs, à des psys. »

Dénoncez ces cochons

CHRONIQUE / Même si les traumatismes sexuels vécus dans l’enfance et l’adolescence concernent les femmes et les hommes, afin de l’alléger, ce texte sera surtout écrit en ELLE (S), à titre obscène, oups ! épicène.

Chaque femme a son histoire sexuelle. Combien d’amants ? Qui fut le meilleur ? Les années d’abstinence, etc. Or, même s’il ne faut pas généraliser, chaque femme a aussi sa liste de vieux cochons qui « pognassaient », observaient, violaient ou avaient des faces concupiscentes à faire vomir.

Certains cochons sont des cochons de classe. Des cochons avec des cravates, des stratégies et des arguments. Dans leurs mains poissonneuses, ils possèdent tous les atouts pour bien piéger leurs victimes innocentes, naïves et pures. Avant de continuer, je tiens à m’excuser auprès de l’Association du porc du Québec. Ici, le mot cochon est une métaphore, car quand je fais référence aux abuseurs, je n’ai trouvé aucun animal ou être vivant terrestre assez perfide pour les comparer.

Je parlais donc des cochons de classe, des cochons rusés ! Des cochons comme l’entraîneur Bertrand Charest qui a dû soumettre ses victimes à des chantages si parfaits.

« Si tu ne me suces pas, tu ne participeras pas à telle ou telle compétition la semaine prochaine ». Je l’imagine très bien, tellement bien, trop même ! Cette histoire d’horreur fait ressurgir des faces de « mononc », de pervers, de bonhommes où tu gardais, de voisins qui t’offrent des 20 $ juste pour y toucher. Juste ça ! Oh ! J’oubliais… sans doute dans son plan de les violer jusqu’aux tréfonds de leur âme, Charest devait ajouter qu’il était tellement tombé amoureux d’elles.

Jusqu’où est-il allé pour les détruire pour le restant de leurs jours ?

« Il faut pas parler. Chut ! On ne parle pas de ces choses-là devant la visite », m’avait dit mon père quand un grand sec était venu se masturber devant moi, en plein milieu de la rue Otis, alors que j’avais 6 ou 7 ans. Plus de 40 années plus tard, ce corps sans âme se promène encore dans Roberval et je n’ai jamais oublié cette scène qui sera à jamais gravée dans ma mémoire.

Avais-je besoin de voir ce déchet ?

Avais-je besoin de cauchemarder pour le reste de mon enfance ?

« On ne parle pas de ces choses-là. »

Eh bien moi, au nom de milliers, sinon de millions de femmes et d’hommes, j’exhorte les jeunes (filles et garçons) à dénoncer, à se confier à des parents, à des amis, à des profs, à des psys.

Dénoncez ces crottés qui vont vous toucher partout où vous ne voudrez pas. Dénoncez ! Dites-le ! Personne n’a le droit de vous toucher et surtout pas d’entrer en vous sans votre consentement.

Aussi, personne ne vous mènera vers le succès. C’est vous seuls, avec vos talents, vos efforts et vos valeurs, qui irez toucher les sommets que vous choisirez.

Aux anciennes skieuses : Geneviève Simard, Gail Kelly, Anna Prchal et Amélie-Frédérique Gagnon, je crie bravo ! Que Charest croupisse en prison pendant une décennie ! Ce sera toujours trop peu pour effacer toutes les souffrances que vous avez vécues et que nul ne peut évaluer.

Qu’auraient été vos vies sans cette pourriture qui les a gangrénées ? Poursuivez votre quête, mesdames !

Et en silence, dans la nuit, allez serrer dans vos bras ces jeunes filles que vous étiez afin d’assécher les larmes qui couleront à jamais à l’intérieur d’elles.