Une nouvelle murale S.O.S. Montfort pourrait remplacer l’ancienne dont le coût trop important freine sa restauration.

Une nouvelle murale S.O.S. Montfort

CHRONIQUE / La murale S.O.S. Montfort est morte, vive la murale S.O.S. Montfort !

On apprenait la semaine dernière que la murale S.O.S. Montfort qui se trouvait à l’angle de la promenade Vanier et du chemin McArthur ne sera pas restaurée, faute d’argent. Elle devait l’être. Mais le Muséoparc Vanier, qui a hérité de cette murale et des 37 autres qui décorent le quartier Vanier, n’a tout simplement pas les 80 000 $ nécessaires à la restauration de cette œuvre sur laquelle on pouvait voir les leaders du mouvement S.O.S. Montfort. Les Gisèle Lalonde, Gérald Savoie, Michelle de Courville Nicol, Ronald Caza et Michel Gratton. Et derrière eux, une foule qui brandit fièrement une pancarte « Montfort toujours ».

Cette murale ne sera donc pas restaurée. On l’oublie. C’est la mauvaise nouvelle.

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« La restaurer coûterait de 60 000 $ à 80 000 $, a dit hier le directeur général du Muséoparc Vanier, Jean Malavoy. On n’a pas les budgets du Musée de l’histoire ou du Musée des beaux-arts du Canada. Eux, ils peuvent restaurer des choses au coût de 60 000 $ ou 70 000 $. Pas nous. »

Passons maintenant à la bonne nouvelle.

Le Muséoparc ne baisse pas les bras. La solution, croit M. Malavoy, passerait par la création d’une toute nouvelle murale S.O.S. Montfort qui serait installée au même endroit.

« Notre conservateur a eu l’idée d’en refaire une plutôt que de rénover celle qui a été retirée, a-t-il dit. Nous en referons une avec les mêmes personnages et le même esprit. On aura toujours les Gisèle Lalonde, Gérald Savoie et les autres qui ont joué un si grand rôle dans la sauvegarde de l’Hôpital Montfort. Ils seront toujours là. Mais nous demanderons à des artistes professionnels de la région d’en repeindre une toute nouvelle. Ça me semble être la solution la plus appropriée. Je vais en discuter avec le Dr Bernard Leduc (le président-directeur général de l’Hôpital Montfort). Dr Leduc nous a approchés dans le passé pour nous offrir un coup de main. Et je vais aussi en parler à notre conseil d’administration. Si tout fonctionne, on pourra commencer la création de la nouvelle murale cet automne. »

La murale S.O.S. Montfort est morte, vite la murale S.O.S. Montfort !

Et les 37 autres ?

Il y a cependant un petit problème dans toute cette histoire. Que fera-t-on des 37 autres murales à Vanier ? Parce que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles subissent le même sort que la murale Montfort. Elles ne sont pas plus à l’abri des intempéries. Et si on les laisse dépérir, ternir et graduellement s’écailler, les murs du quartier Vanier risquent d’avoir des allures de taudis de New York d’ici quelques années.

Vrai, la murale S.O.S. Montfort était plus endommagée que les autres en raison de l’endroit où elle était située, c’est-à-dire à une intersection achalandée où circulent chaque jour des centaines d’automobiles. Mais le temps fera son œuvre. Les 37 autres murales auront tôt ou tard besoin de restaurations majeures. Et il y en a de magnifiques parmi ces 37 œuvres.

Où trouvera-t-on les sous ?

« Je n’ai pas la réponse, avoue M. Malavoy. Peut-être une campagne de collecte de fonds auprès des grands donateurs. La Ville d’Ottawa pourrait aussi nous aider à ce niveau. Mathieu Fleury [le conseiller de Rideau-Vanier] est un ami du Muséoparc. Mais je sais bien que la Ville a elle aussi des budgets limités.

«Mais le Muséoparc a hérité des murales et nous devrons monter un dossier solide sur la restauration de ces murales. Il faudra prendre le taureau par les cornes et nous aurons du travail à faire au Muséoparc Vanier», d’ajouter M. Malavoy.

Ouais… en effet, du gros travail à faire. Du gros travail pour éviter que le quartier Vanier, avec ses 38 murales peintes en l’espace de 12 ans sans plan de préservation à long terme, ne se soit pas… peinturé dans un coin.