N'en déplaise à son ordinateur, notre chroniqueur Denis Gratton a passé les dernières semaines loin de la technologie.

Sortir du bois

CHRONIQUE / De retour de trois semaines de vacances. Ai-je manqué quelque chose ?

Quoi, Salomon ? Que me dis-tu mon vieil ordi ? Comment peut-on manquer quelque chose avec les réseaux sociaux et la technologie d’aujourd’hui, me demandes-tu ?

J’étais dans le bois, cher ami à clavier. Dans le coin de Val-des-Bois. Presque coupé de la civilisation, sans internet, sans télévision, sans téléphone intelligent et sans toi. Comme dans le bon vieux temps. Et sais-tu quoi Salomon ? Ne le prends pas personnellement, mais ça fait du bien en chien.

J’avoue cependant que les premières journées étaient un peu plus difficiles. Un peu comme en état de manque. Mais ça passe assez rapidement. Et on réalise à notre retour qu’on en reçoit des pourriels inutiles en une journée et qu’il s’en dit des banalités sur les réseaux sociaux.

Alors Salomon ? Ai-je manqué quelque chose au cours des trois dernières semaines ? Quoi !? L’université de l’Ontario français est sauvée !?

Mais en voilà une bonne nouvelle ! Je savais avant de quitter que les ministres Joly et Mulroney se parlaient depuis un certain temps. C’est bien de savoir qu’elles se sont finalement entendues. Bien que cette entente entre Ottawa et Queen’s Park était plutôt prévisible à l’approche des élections fédérales.

Andrew Sheer a sûrement fait pression sur le gouvernement ontarien, voire sur Doug Ford, pour qu’il règle cette question au plus sacrant. Il ne voulait pas se lancer en campagne électorale en se faisant répéter que ses conservateurs sont les mêmes qui ont saboté la mise sur pied de l’université franco-ontarienne. Les électeurs québécois — et Justin Trudeau — lui auraient rappelé à chaque occasion.

Quoi Salomon ? Oui, j’ai bien dit : les électeurs québécois. La crise linguistique qui a éclaté le 15 novembre dernier en Ontario a fait les manchettes au Québec. Et les Québécois ont massivement appuyé les Francos dans leur lutte. Souviens-toi du drapeau franco-ontarien qui flottait sur la plus haute tour de l’Assemblée nationale le 1er décembre dernier, jour des manifestations historiques en Ontario. Ça frappe l’imaginaire, un geste comme celui-là. Les gens ne l’oublient pas. Donc si Sheer veut faire des gains au Québec — et Dieu sait qu’il en a besoin — cette question de l’université de l’Ontario français devait se régler.

Mais bon. Cela dit, ça demeure une bonne nouvelle. Les Francos auront enfin leur université. L’avenir est à ceux qui luttent, a-t-on prouvé encore une fois.

Quoi d’autre, Salomon ? Qu’ai-je manqué au cours des trois dernières semaines ? Lucille Collard a été élue à l’investiture libérale dans Ottawa-Vanier me dis-tu ?

Une autre bonne nouvelle. J’aime bien Mme Collard. Elle a été une excellente présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario.

Quoi Salomon ? Que me dis-tu là !? Que je devrais me présenter contre elle aux prochaines élections provinciales comme le candidat conservateur dans Ottawa-Vanier !?

Écoute Salomon, je sais que c’est maintenant légal, mais tu devrais vraiment en fumer moins de cette herbe-là. Imagine si je posais un tel geste et que, par miracle, j’étais élu. J’aurais Doug Ford comme patron, bâtard ! J’aimerais mieux me présenter sous la bannière des Verts. Et un candidat vert dans Ottawa-Vanier a autant de chance de gagner ses élections que les Sénateurs d’Ottawa auront la chance de remporter la coupe Stanley le printemps prochain.

Nulles, ces chances. Complètement nulles.

Je dois y aller, Salomon. Merci pour ces infos. Quoi ? Que me dis-tu Que tu dois me parler d’une autre nouvelle qui est survenue pendant mon absence ? Et que cette nouvelle concerne Le Droit, dis-tu ? Et pourquoi me demandes-tu de m’asseoir avant que je la lise ?

Non Salomon, désolé, je n’ai vraiment pas le temps, je dois quitter. Tu me raconteras ça à notre prochaine conversation annuelle quand je serai sorti du bois l’été prochain…