La Sûreté du Québec a fait état de 70 véhicules accidentés et de 28 personnes qui ont dû être transportées à l’hôpital à la suite d’un carambolage survenu sur l’autoroute 40, dimanche.

Le «carambolage experience»

CHRONIQUE / Manon Séguin et son conjoint, Christian Marc Gendron, ont eu la frousse de leur vie, dimanche matin, lorsqu’ils ont été coincés dans le carambolage monstre survenu sur l’autoroute 40, près de L’Assomption, et dans lequel près de 150 véhicules ont été impliqués.

« Ma mère (Monique Séguin, décédée en novembre 2016 à l’âge de 59 ans) est tout le temps avec nous, dans les bons et les moins bons moments. Elle est mon ange gardien. Mais dimanche matin, on a particulièrement senti qu’elle était là avec nous, pour nous », a dit Manon Séguin lorsque jointe hier à son domicile de Saint-Colomban, dans les Laurentides.

L’interprète franco-ontarienne originaire de L’Orignal et son époux, le pianiste-compositeur-interprète, Christian Marc Gendron, rentraient à la maison, dimanche, après un week-end de spectacles. « Christian Marc était en spectacle avec Brigitte Boisjoli à Montmagny samedi soir, dit Manon Séguin. Et le vendredi soir, lui et moi avions offert une supplémentaire de notre spectacle Piano Man Experience à Trois-Rivières.

«Christian Marc était au volant et nous ne roulions pas très vite, à peine 60 ou 65 km/h tellement le temps était mauvais, raconte-t-elle. On ne voyait presque rien devant nous, il y avait des rafales, c’était comme un blizzard qui soufflait. On se faisait doubler par des automobilistes un peu plus téméraires, mais nous gardions nos distances, on sentait que la chaussée était très glissante.

«Plus bas sur l’autoroute 40, on a vu qu’il y avait une collision un peu plus loin devant nous. Mais par le temps qu’on aperçoive les gyrophares des auto-patrouilles et les autres voitures accidentées, il était déjà trop tard. On a freiné brusquement, comme tous les autres automobilistes autour de nous ont freiné brusquement. Mais nous étions sur de la glace vive et l’auto s’est mise à glisser. On voyait d’autres voitures tomber dans le fossé. Puis on a tenté de se faufiler entre deux autos accidentées, mais le côté du conducteur de notre voiture a frappé un autre véhicule, qui avait frappé un autre véhicule devant, et nous étions soudainement coincés dans ce carambolage.

«Ma plus grande crainte était qu’un 18 roues arrive à toute vitesse derrière nous. Ces camionneurs n’ont pas peur de rouler à 100 km à l’heure dans une tempête. Heureusement, nous étions dimanche matin et on compte moins de camions lourds sur la route le dimanche. Mais des voitures ont continué à se frapper derrière et devant nous. Il y avait des collisions 400 mètres devant nous et 400 mètres derrière nous. Je crois que le carambolage s’étendait sur une distance d’un kilomètre, ça n’avait aucun bon sens. Et nous entendions collision par-dessus collision tout autour. C’était surréel. Christian Marc a été légèrement blessé au cou et nous étions tous deux sonnés, mais on s’en est bien tirés après tout. Mais on pensait bien être dans l’auto et dans ce carambolage jusqu’à minuit.»

Le Ziploc de maman

En fait, ils sont demeurés environ deux heures dans leur auto. Une auto au moteur démoli, donc sans chauffage. Mais un ange gardien veillait sur eux…

«Il y a plusieurs années, dit Manon Séguin, ma mère m’a préparé un sac Ziploc avec deux chandelles et une boîte d’allumettes en bois à l’intérieur. Ma mère a livré Le Droit toute sa vie aux portes de l’Est-ontarien. Elle roulait près de 70 000 km par année. Et elle m’a toujours dit de garder deux chandelles et des allumettes dans l’auto. Donc elle m’avait préparé ce Ziploc que j’ai conservé toutes ces années dans mon coffre à gants. Dimanche matin, je lui ai dit : « C’est aujourd’hui qu’on allume les chandelles, Maman !» (Rires) L’intérieur de l’auto s’est réchauffé un peu et nous sommes restés pendant deux heures à attendre les secours. Heureusement, il ne faisait pas -30 degrés comme ce matin [hier].»

Leur voiture a été remorquée et le couple a été transporté par autobus dans un centre communautaire de L’Assomption où des bénévoles et des infirmières accueillaient les victimes de ce carambolage. Christian Marc a ensuite été transporté à l’hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne où il a été soigné pour une entorse sterno-claviculaire, une blessure jugée mineure. Des amis sont venus les chercher et ils ont pu rentrer à la maison vers 16 h.

Christian Marc Gendron et Manon Séguin seront en Beauce, vendredi et samedi, où ils poursuivront leur tournée québécoise du spectacle Piano Man Experience.

«Mais dorénavant, lorsqu’il neigera, nous roulerons à 40 km/h plutôt qu’à 60», conclut Manon Séguin dans un éclat de rire.