Denis Gratton
Le voilà le vrai problème Monsieur le directeur général d’OC Transpo. Vos trains ne sont pas adaptés à nos hivers.
Le voilà le vrai problème Monsieur le directeur général d’OC Transpo. Vos trains ne sont pas adaptés à nos hivers.

La risée du pays

CHRONIQUE / Il y a 20 ans, en début janvier 1999, la Ville de Toronto devenait la risée du reste du Canada.

En cette journée du mois de janvier, 50 centimètres de neige tombaient sur la Ville Reine. Il n’en fallait pas plus pour transformer la plus grande ville au pays en un chaos total.

Vrai, une chute de 50 cm de neige peut déboussoler n’importe qui. Les heures de pointe sont cauchemardesques. Tout tombe au ralenti. On ferme les écoles. Les avions sont cloués au sol. Mais on finit par s’en sortir et, 24 heures plus tard, à peu près tout revient à la normale. Mais pas à Toronto…

D’abord, cette ville était bien mal équipée en 1999 pour se défendre contre une bordée de neige d’une telle ampleur. Elle manquait de machinerie et de main-d’œuvre pour dégager les voies. La grande majorité des Torontois roulaient dans leurs voitures munies de pneus quatre saisons, ce qui est évidemment déconseillé en hiver. Et le transport en commun ne fonctionnait qu’au ralenti, voire pas du tout.

Et voici un passage d’un reportage que le journaliste de Radio-Canada, Maxence Bilodeau, a préparé à l’époque et qui vous rappellera peut-être un certain train inauguré à Ottawa il y a quelques mois :

« Contrairement au métro souterrain de Montréal, le métro de Toronto roule en surface à certains endroits. Sans déblayage adéquat, la neige bloque à présent les rames et empêche l’alimentation électrique au train ».

Parlant de risée du pays… reprenons les mots : « empêche l’alimentation électrique au train ». Ça vous rappelle quelque chose ? Combien de fois au cours des dernières semaines avons-nous entendu à Ottawa les responsables chez OC Transpo nous dire qu’un certain nombre de trains du O-Train sont tombés en panne à cause d’un problème « d’alimentation électrique au train » ?

Le voilà le vrai problème Monsieur le directeur général d’OC Transpo. Vos trains ne sont pas adaptés à nos hivers. Et les débris qui jonchent parfois les rails et qui empêchent certains trains de rouler, seraient-ce des morceaux de glace, par hasard ? On jase, là.

Mais revenons à l’autre risée, à Toronto, en janvier 1999.

Pourquoi riait-on de la Ville-Reine ? Parce que le maire de l’époque, Mel Lastman, avait fait appel à l’armée canadienne pour l’aider à sortir sa ville de son enfer blanc. L’armée pour une simple tempête de neige…

Des images d’archives mises en ligne par Radio-Canada cette semaine en disent long. On y voit des militaires déployés à Toronto qui s’emmerdent, étendus sur leur lit de camp à fixer le plafond. D’autres font le va-et-vient en véhicules blindés sur la populaire rue Yonge saluant de la main les piétons et acceptant des cafés et des beignes de ceux-ci. Puis d’autres soldats sont aperçus en train de se faire prendre en photo devant le mythique Maple Leaf Gardens. Une sortie touristique, quoi !

Puis on voit enfin des images de soldats canadiens au travail. Leur mission : déblayer les abords d’arrêts d’autobus… Et le journaliste Bilodeau de lancer : « Les militaires sont aussi occupés que des réparateurs Maytag ».

Pendant ce temps-là à Ottawa, lorsque la même tempête s’abattait sur la capitale, la Défense nationale facilitait le retour à la maison de ses employés en leur permettant de quitter le travail un peu plus tôt…

+

ADIEU MME PATENAUDE-BRUYÈRE

Triste nouvelle en terminant.

Je vous ai parlé dans ma chronique de lundi de Sarah Patenaude-Bruyère, une dame originaire d’Embrun dans l’Est ontarien qui résidait depuis 2000 au Monastère d’Aylmer.

Doyenne du Canada depuis juin 2019, Mme Patenaude-Bruyère allait avoir 113 ans demain. Dans ma chronique de lundi, sa fille, Marie-Isabelle Bruyère, a partagé avec nous les secrets que sa mère lui a légués pour vivre une belle et longue vie. Bien manger, faire de l’exercice régulièrement, se reposer, prendre de la vitamine D, boire du jus de pruneaux, et prendre un petit brandy… une fois de temps en temps.

Mère de sept enfants, 11 petits-enfants et trois arrière-arrière-petits-enfants, Mme Patenaude-Bruyère a rendu l’âme lundi soir après un bref combat inégal contre la pneumonie. Elle a quitté entourée des siens.

« Ses souffrances sont enfin finies », m’a écrit sa fille hier matin. Mes sincères condoléances à toute sa famille et à tous ses proches.

Reposez en paix, chère dame. Merci d’avoir été notre doyenne.