Les Raptors de Toronto pourraient remporter le championnat de la NBA, une première pour une équipe canadienne.

La bibitte du basket

CHRONIQUE / C’était le 12 mai dernier. Un dimanche soir.

Un petit dimanche soir tranquille à la maison. Il était environ 22 h quand j’ai décidé d’aller au lit tôt, question de débuter une nouvelle semaine du bon pied. Ah puis, tiens, une autre dizaine de minutes pour regarder les manchettes du bulletin de nouvelles, et dodo ensuite.

En « pitonnant » pour me rendre aux nouvelles, je tombe sur la fin du match de basketball entre les Raptors de Toronto et les 76ers de Philadelphie. Les Raptors perdaient par six points et il ne restait que quelques minutes au match. Pour des raisons qui m’échappent, je m’y suis arrêté pour regarder la fin de cette partie.

Si j’écris « pour des raisons qui m’échappent », c’est que je n’avais jamais regardé un match de basket de ma vie. Jamais. Même pas quelques minutes ici et là. Rien. J’ai toujours détesté ce sport.

Je détestais le jouer à la petite école lorsque le professeur d’éducation physique l’imposait. Même chose au secondaire. Et je ne l’ai jamais rejoué depuis. Et de regarder un match à la télé aurait été pour moi d’un ennui mortel et un gaspillage de trois précieuses heures.

Mais ce dimanche soir-là, allez savoir pourquoi, je me suis arrêté sur le septième et ultime match des Raptors contre les 76ers. Et Toronto a gagné. À la toute dernière seconde. Sur un dernier basket incroyable de… de… (attendez que j’aille fouiller sur la toile)… voilà. Sur un tir incroyable de Kawhi Leonard. (Le Wayne Gretzky des Raptors, si j’ai bien compris).

Je jubilais. J’ignorais ce qu’ils venaient de remporter. Était-ce la finale ? Les Raptors devenaient-ils la première équipe canadienne de l’histoire de la NBA à remporter le championnat ? Ou était-ce la demi-finale ? Sais pas. Mais la foule à Toronto était en délire.

J’ai finalement compris que les Raptors venaient de remporter leur série quart de finale. Il y avait loin de la coupe aux lèvres, mettons.

Et tant mieux. Parce que je n’allais pas rater un match — pas une seule seconde — de la prochaine série qui allait opposer nos Raptors — oui, NOS Raptors — aux Bucks de Milwaukee.

En quelques minutes, j’étais devenu accro du basket. Je réalisais pour la première fois de ma vie combien ce sport est fascinant, enlevant et ô combien difficile à y exceller. J’étais vendu.

Je sais que je ne suis pas le seul à avoir attrapé « la bibitte du basket » à en juger par les conversations matinales avec les collègues. Alors qu’on jase habituellement à ce temps-ci de l’année de la finale de la Ligue nationale de hockey, ou des déboires des Blue Jays, ou encore du dernier tournoi majeur de la PGA, on jase maintenant des Raptors de Toronto. Du jamais vu. Du jamais entendu.

Et on en jase encore. De leur série demi-finale contre Milwaukee qu’ils ont remportée en six matchs après avoir perdu les deux premiers. De leur avance de trois matchs contre un dans la série finale qui les oppose aux puissants Warriors de Golden State. De leur défaite crève-cœur dans la 5e partie présentée lundi soir à Toronto. Et on en jasera encore au-dessus d’un café vendredi matin, au lendemain du 6e match de cette palpitante série.

Il y a quelque chose de magique qui se passe à Toronto. Quelque chose d’historique. Et c’est tout à fait normal de vouloir en faire partie et de vouloir en être témoin. En fait, la fièvre « Raptors » balaie le pays. Les bars sont bondés d’un océan à l’autre les soirs de match. Lundi soir, ils étaient des milliers sur la rue Peel, à Montréal, pour regarder la partie sur écran géant et encourager l’équipe de… Toronto. Oui, Montréal qui encourage Toronto. Parlant de jamais vu…

La dernière coupe Stanley et la dernière Série mondiale remportées par une équipe canadienne remontent à 1993. (Les Canadiens de Montréal au hockey et les Blue Jays au baseball majeur).

Vingt-six ans sans pouvoir se péter les bretelles, c’est long. C’est long longtemps.

Let’s go Raptors !