Denis Gratton

La Guerre de cinq jours

CHRONIQUE / Ainsi, MusiquePlus ne sera plus. Cette station musicale qui a connu ses heures de gloire à la fin des années 1980 et au début des années 1990 — avant l’arrivée de l’internet — disparaîtra des ondes cet été. On tire la plug, bref.

Cette nouvelle m’a ramené 25 ans en arrière. Elle m’a rappelé la « Guerre de cinq jours » des jeunes Franco-Ontariens de la région d’Ottawa.

Denis Gratton

À en perdre la carte

CHRONIQUE / Bienvenue mesdames et messieurs à un autre épisode de « La traduction à la Google ». Une présentation du gouvernement Ford.

Ma collègue Sylvie Branch voulait obtenir des renseignements auprès du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario. Elle avait quelques questions à poser à propos de l’obtention d’une carte santé qui indique notre préférence d’être servis en français.

Denis Gratton

Une camelot en or

CHRONIQUE / «Vous savez qu’on prévoit près de 40 centimètres de neige mardi et mercredi ? »

Elle hausse les épaules en signe d’indifférence. Ce ne sera pas sa première tempête hivernale, et ce ne sera pas sa dernière non plus. Elle en a vu d’autres. Et il lui faudrait beaucoup plus qu’une bordée de neige pour l’arrêter et pour l’empêcher de livrer sa centaine de journaux aux abonnés du Droit de Luskville et des environs, dans le Pontiac.

Denis Gratton

Immatriculation et bingo cochon

CHRONIQUE / Le slogan sur la plaque d’immatriculation de ma voiture se lit : « Tant à découvrir ». Pas « Yours to discover », comme on peut lire sur la grande majorité des plaques ontariennes. En français, s’il vous plaît. Et c’est bien gentil de la part du gouvernement de nous offrir le choix.

Pour 82 $ de plus, j’aurais pu faire ajouter une image du drapeau franco-ontarien sur ma plaque. Comme j’aurais pu y ajouter le logo des Sénateurs d’Ottawa, celui des Maple Leaf de Toronto ou tout autre des quelque 60 graphiques offerts par Services Ontario. J’ai cependant passé mon tour. « Tant à découvrir » me suffira comme affirmation identitaire.

Denis Gratton

L'inoubliable Henderson

CHRONIQUE / Le 28 septembre, 1972. J’avais 12 ans.

Je commençais ma septième année scolaire à l’école Bériault. Cet après-midi-là, l’enseignante, Mme Chabot, est entrée dans la salle de classe, elle avait l’air inquiète et la mine défaite. Que va-t-elle nous annoncer, se demandait-on ? Qui est décédé ?

« Les élèves, dit-elle enfin après un long et lourd silence, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelles. Nous allons tous nous rendre au gymnase où des téléviseurs ont été installés et nous regarderons ensemble la troisième période du match. »

Cris de joie dans la salle. L’euphorie. Comme bonne nouvelle, on ne pouvait demander mieux.

Le « match » en question, c’était la huitième partie – la dernière – de ce qui allait plus tard être qualifié – avec raison – de la Série du siècle. Ce duel entre les vedettes de la Ligue nationale de hockey (LNH) et l’équipe soviétique de l’Armée Rouge. Un match décisif. Le Canada contre l’URSS. Les adultes parlaient à l’époque de « guerre froide », de « capitalisme », de  « communisme » et de « suprématie ». Mais à 12 ans, ces grands mots nous passaient dix pieds par-dessus la tête. Pour nous, c’était un match de hockey, un simple match de hockey qu’il fallait gagner pour pouvoir s’autoproclamer « les meilleurs ». Juste les meilleurs. C’est déjà pas mal d’être les meilleurs, non ?

Nous allions donc regarder la dernière période de ce match historique. Mais Mme Chabot nous avait prévenus, il y avait aussi une mauvaise nouvelle à tout ça.

« Les élèves, reprend-elle après les cris et les high five, je dois vous dire quelque chose avant que nous quittions pour le gymnase. Après deux périodes de jeu, les Soviétiques mènent 5 à 3 sur les Canadiens. »

Bof. C’est ça, la mauvaise nouvelle ? Y’a rien là. Paul Henderson a compté dans le 6e match pour donner la victoire aux Canadiens. Henderson a à nouveau enfilé le but gagnant dans le septième match pour une autre victoire des nôtres. Ce n’est rien, ce déficit de deux buts.

C’est ce qu’on se disait. Du moins, c’est ce que je me disais. Mais sans conviction, dois-je avouer. Ces saprés Soviétiques allaient nous faire la leçon. Peut-être n’étions-nous pas les meilleurs, après tout…

On connaît tous la suite. Le Canada a nivelé la marque à 5 à 5. Et avec 34 secondes à jouer dans la partie, Paul Henderson – qui d’autre ? – a marqué et donné la victoire au Canada.

Ce jour-là, dans un coin de Vanier, le toit d’une école a levé. Et si ma mémoire est bonne, la Terre a tremblé. Oui, nous étions les meilleurs. Il n’y avait plus aucun doute.

Chroniques

Amanda who ?

CHRONIQUE / C’est franchement désolant. Décourageant, même.

Je tente de comprendre la logique derrière la décision des maires des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) et je n’y arrive pas.

Denis Gratton

La fin d’une époque

CHRONIQUE / Pour la grande majorité des gens, ce n’est qu’une salle de quilles. Une vieille salle de quilles démodée qui a connu de plus belles années. Et un jeu qui, aujourd’hui, se joue plus souvent sur une console Wii de Nintendo dans le confort de son salon, pantoufles de laine aux pieds, que dans une bruyante salle, chaussures de Patof louées aux pieds.

Mais pour d’autres, cette vieille salle de quilles est un point de rassemblement, une sortie amusante, une trêve de la routine, et un lieu où le temps s’arrête un moment entre deux réserves et un abat.

Denis Gratton

Le «carambolage experience»

CHRONIQUE / Manon Séguin et son conjoint, Christian Marc Gendron, ont eu la frousse de leur vie, dimanche matin, lorsqu’ils ont été coincés dans le carambolage monstre survenu sur l’autoroute 40, près de L’Assomption, et dans lequel près de 150 véhicules ont été impliqués.

« Ma mère (Monique Séguin, décédée en novembre 2016 à l’âge de 59 ans) est tout le temps avec nous, dans les bons et les moins bons moments. Elle est mon ange gardien. Mais dimanche matin, on a particulièrement senti qu’elle était là avec nous, pour nous », a dit Manon Séguin lorsque jointe hier à son domicile de Saint-Colomban, dans les Laurentides.

Denis Gratton

Quand la francophonie coûte trop cher

CHRONIQUE / «Révision de budget à Clarence-Rockland : hausse possible de taxes de 3,51 % », titrait-on à la page 12 de notre édition de samedi.

Hé bien… Les résidents de Clarence-Rockland devront fouiller un peu plus creux dans leurs poches en 2019, me suis-je dit. C’est bien plate pour eux.