Une initiative porteuse

CHRONIQUE / Eurêko a obtenu une subvention de 60 424 $ du Fonds vert dans le cadre d'Action - Climat Québec pour réaliser quatre expériences pilotes de municipalités nourricières au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'agriculture urbaine permet d'augmenter la disponibilité et la qualité des aliments frais, diminue leur empreinte écologique et assure une certaine sécurité alimentaire, surtout dans les communautés isolées. Une municipalité nourricière gère avec la population des lieux de production, de transformation, de consommation et de conservation d'aliments récoltés sur place.
Produite localement, cette nourriture a un impact moindre sur les changements climatiques puisqu'on évite ainsi d'acheter des produits qui ont parcouru des milliers de kilomètres avant d'arriver dans nos frigos. Jardiner favorise aussi les saines habitudes de vie : il faut faire de l'exercice en plein air pour s'occuper des semis, des repiquages, de la récolte, du compost... Dans un jardin partagé, on crée des liens, on peut s'échanger les récoltes trop abondantes, des connaissances de « pouces verts » et des trucs pour conserver l'hiver ce que l'on ne peut produire que l'été. Une municipalité nourricière, c'est donc bon pour la santé, le portefeuille et la nature. 
Avec quatre villages pilotes, Eurêko organisera une présentation publique du projet. Des citoyens volontaires et des élus seront invités à participer à un comité dont le mandat consistera à faire le « portrait alimentaire » du lieu. On va recenser les différents producteurs et distributeurs sur le territoire et en faire la promotion pour favoriser des circuits courts d'approvisionnement. Le comité va aussi identifier les initiatives déjà présentes (un jardin scolaire ou communautaire, une cuisine collective) et les endroits publics potentiels où l'on pourrait cultiver quelque chose... Ensuite, des activités de participation citoyenne seront organisées pour penser, prioriser et réaliser des actions concrètes. On pourrait transformer des aménagements paysagers de la ville en platebandes comestibles, planter des végétaux vivaces comestibles, aménager des jardins publics, des vergers et des serres communautaires. On pourrait aussi inciter les commerces, les écoles, les organismes ou les restaurants à avoir leur propre jardin ou encore offrir des formations sur le jardinage écologique. Il est même possible que certains comités veuillent favoriser la présence des petits animaux en ville : les poules, les abeilles et les moutons... Les décisions seront prises avec et pour les gens du lieu en suivant une démarche qu'ils vont grandement contribuer à construire. Eurêko va alors créer des outils faciles à utiliser (les étapes à suivre, des gabarits de portraits alimentaires, de plans d'action, etc.) pour les rendre disponibles à d'autres municipalités qui voudraient s'engager dans cette voie. 
Sur YouTube, il existe des vidéos sur les municipalités nourricières. Le projet d'Eurêko a une page Facebook avec un tutoriel pour poser une candidature. Labrecque, Saint-Prime et Saint-Fulgence ont déjà été acceptées, il reste donc une place et les propositions peuvent être envoyées jusqu'à la mi-avril. 
L'anthropologue Margaret Mead a écrit : « Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens engagés puisse changer le monde. En fait, c'est ainsi que cela s'est toujours passé. » L'exemple public de municipalité nourricière pourrait encourager les particuliers à transformer leur pelouse en garde-manger, sensibiliser à l'impact des choix alimentaires sur la planète, découvrir la diversité des fruits et légumes que nous ont léguée les générations précédentes. Les plus grands voyages commencent par un premier petit pas. Et celui-là il va être très plaisant à faire !