Un pas vers la ville universitaire

CHRONIQUE / Lors de la précédente campagne électorale municipale, en octobre 2013, on parlait de faire de Saguenay une ville universitaire. J’avais alors partagé les bénéfices d’une telle idée dans une chronique du Quotidien.

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ne ville qui bénéficie de la présence d’une université peut en tirer d’immenses bénéfices, en termes d’emplois, d’innovation et de dynamique sociétale. La recherche menée par les professeurs et leurs étudiants aux cycles supérieurs constitue un pôle d’attrait international puisque la science n’a pas de frontières. La présence de personnel hautement qualifié attire aussi certaines entreprises tournées vers l’économie du futur. Pour les industries déjà installées, la recherche peut aussi ouvrir des perspectives nouvelles pour améliorer leurs procédés ou gérer plus efficacement des problèmes environnementaux ou d’énergie, par exemple. Je pourrais donner de nombreux exemples de projets, menés par mon équipe ou par des collègues, qui ont bénéficié à nos entreprises, mais je me contenterai de rappeler les propos du cofondateur et président-directeur général d’Ubisoft, Yves Guillemot, lors de l’annonce de la création du studio à Saguenay en septembre dernier : « La principale problématique est de trouver des talents et l’UQAC est une très bonne réponse pour nous ». Ce haut dirigeant d’une multinationale de la haute technologie n’a pas hésité à qualifier l’université de « trésor bien caché ».

L’annonce, le 10 janvier 2018, du projet Accès libre de la Société de transport de Saguenay (STS) illustre un autre avantage de la présence d’une université dans la ville. Le projet Accès libre vise à augmenter la desserte de l’UQAC et des autres institutions situées sur le plateau de Chicoutimi (CEGEP, CIUSSS) en implantant un terminus, des circuits à haute fréquence pour la Zone Talbot, la rue Racine, des stationnements incitatifs ainsi que des dessertes plus rapides et plus efficaces vers les arrondissements de Jonquière et de La Baie, y compris des navettes spéciales les soirs de party. Le terminus offrira aussi des services intermodaux comprenant entre autres des vélos et des autos électriques en location pour satisfaire un ensemble de besoins de mobilité dans la ville. Ce projet, qui se mettra en place en 2018 et 2019, a été préparé avec l’aide et l’appui financier de l’UQAC, mais aussi avec la participation du regroupement des associations étudiantes MAGE-UQAC. Le leadership étudiant dans ce dossier est particulièrement édifiant pour illustrer la dynamique d’une ville universitaire.

En effet, les nouveaux services offerts par la STS ne bénéficieront pas uniquement aux étudiants de l’UQAC. Une meilleure desserte des pôles de santé et d’éducation va permettre de libérer des espaces dans les stationnements, réduire la congestion des routes aux heures de pointe et améliorer la sécurité générale de la mobilité à Saguenay. Le service sera accessible aux travailleurs et aux utilisateurs des services d’éducation et de santé et même aux commerces, car avec une population vieillissante, la fluidité et l’efficacité du transport en commun permettra d’augmenter la mobilité des personnes âgées. 

« Elles sont plus fraîches parce que plus de monde en mange et tout le monde en mange parce qu’elles sont plus fraîches », disait jadis une publicité de saucisses. Pour le transport collectif, la recette est la même. Ils sont meilleurs et plus efficaces à mesure que plus de gens les utilisent. Ainsi, le besoin de mobilité exprimé par les étudiants de l’UQAC insuffle une dynamique positive à la STS. En quelque sorte, les étudiants amorcent la pompe. C’est un plus pour la ville et tous ses citoyens. Le nouveau conseil municipal peut considérer ce projet comme étant un pas de plus vers une ville universitaire.