Un cadre de référence utile

CHRONIQUE ENVIRONNEMENT / Mercredi dernier, 28 mars, j’étais conférencier au premier sommet africain du Club Rotary International à Marrakech au Maroc. Le Rotary est une grande organisation de bienfaisance créée aux États-Unis en 1905 par Paul Harris, un homme d’affaires de Chicago qui a voulu réunir des confrères pour mener des actions sur le terrain dans le but d’aider concrètement les moins nantis. Dès 1921, le mouvement était présent sur tous les continents. Aujourd’hui, le Club Rotary International regroupe plus de 1,3 million de membres partout dans le monde et les clubs sont réunis dans une structure complexe. Une fondation indépendante juridiquement soutient les actions des clubs et les axes d’intervention du mouvement en redistribuant des dons qu’elle reçoit de mécènes. Malgré la présence de nombreux clubs en Afrique, c’était le premier sommet africain du Rotary International.

La session où j’intervenais s’intitulait « Environnement et développement durable ; un impact réel sur la paix en Afrique ». Mon sujet portait sur le développement durable, et en particulier le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (PDD H-2030) et comment les axes prioritaires du Rotary International et de sa Fondation cadraient avec les 17 objectifs (ODD) qui le composent. C’était un sujet relativement facile. Les six axes du mouvement interpellent directement les cibles de huit des 17 ODD et il serait facile pour eux d’en rejoindre cinq autres s’ils adoptaient ce cadre de référence pour planifier leurs activités. Ma présentation peut être téléchargée sur le site de la Chaire en éco-conseil (http ://ecoconseil.uqac.ca).

Il existe plusieurs mouvements qui œuvrent dans la même veine que le Rotary. Certains comme le Kiwanis, les Optimistes, les Lions sont très présents dans nos communautés et y font des projets concrets, contribuant aux mieux-être des jeunes, des personnes handicapées, et bien d’autres. Ces mouvements, réunissant des personnes de bonne volonté intéressées à s’entraider pour construire un monde meilleur font souvent du développement durable sans s’en rendre compte. En reliant leurs actions ou leurs campagnes de financement à des objectifs plus larges qui font le consensus à l’échelle internationale, ils pourraient eux aussi trouver un cadre de référence qui leur permettrait de mieux situer leurs actions dans cette mouvance mondiale. 

Se situer dans la mise en œuvre du développement durable ne veut pas dire être militant écologiste. Beaucoup de gens l’ignorent. Il y a même des militants écologistes qui rejettent carrément le développement durable qui se disqualifie à leurs yeux parce qu’il n’est pas assez radical. Il faut dire que le spectre des positions dans ce domaine est large. Le modèle de développement durable de la Chaire en éco-conseil développé à partir des travaux originaux que j’ai initiés avec des collègues de la Région laboratoire du développement durable au tout début des années 1990 et poursuivi avec mes étudiants et de nombreux intervenants de terrain comporte six dimensions. La gouvernance, l’éthique, l’économique, l’écologique et le social s’y retrouvent déclinés en 40 thèmes qui interagissent de façon dynamique. Les outils que nous avons créés en partenariat avec l’Institut de la Francophonie pour le développement durable permettent d’encadrer les politiques, stratégies, plans, programmes et projets pour les bonifier avec l’aide des parties prenantes en respectant les objectifs de chacun. Ces outils sont gratuits et ils sont maintenant utilisés partout dans le monde. 

« Tous les humains sont de ma race » disait Gilles Vigneault dans sa chanson Mon pays, c’est l’hiver. Le développement durable vise le bénéfice des humains d’aujourd’hui et de demain, partout sur la planète dans la paix et le respect des équilibres écologiques. Nous n’aurons jamais trop de bonnes volontés pour y arriver !