Le sommet de deux jours risque d'être une bataille entre Donald Trump et tous les autres, du moins lorsqu'il sera question de commerce et de changements climatiques, alors que tout le monde tentera d'en arriver à un consensus.

Qui sera le champion?

CHRONIQUE / Le Forum économique mondial publie chaque vendredi une série de textes qui sont fort éclairants à plusieurs titres. Dans son édition du 30 juin, un article a retenu mon attention. L'auteur y compare la performance de la Chine et des États-Unis dans le domaine de la lutte aux changements climatiques (goo.gl/TsT9sw). Cette comparaison nous laisse entrevoir un nouveau leadership mondial où le gouvernement Trump fait piètre figure.
La Chine et les États-Unis sont les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Depuis 2008, la Chine a dépassé les États-Unis, mais les deux pays représentent actuellement près de 40 % des émissions mondiales. Dans le contexte de l'Accord de Paris, les attentes envers ces deux grands étaient en proportion de leur contribution. Comment les deux géants se comparent-ils en terme d'initiatives pour résoudre le problème ?
En terme d'investissements dans le secteur de la production d'énergie renouvelable, en particulier l'électricité de source éolienne et solaire, la Chine domine clairement les États-Unis. La Chine est le plus grand producteur d'électricité photovoltaïque. Elle a doublé sa production en 2016 en implantant un parc géant de 4 millions de panneaux sur le plateau tibétain. La production de panneaux solaires à faible coût permet de planifier une série d'initiatives de grande envergure qui consolideront cette position de tête, n'en déplaise à monsieur Trump et à son fantasme de mur solaire pour se protéger des Mexicains. Dans le domaine éolien, la compagnie chinoise Goldwind a dépassé la danoise Vesta avec 16,8 % du marché mondial des turbines. En comparaison, General Electric des États-Unis occupe 9,2 % du marché. Quatre autres compagnies chinoises se partagent 15,4 % des ventes, faisant ainsi de la Chine un champion incontesté. Cela se confirme dans le domaine des investissements pour la production d'énergie renouvelable où la Chine totalisait 102,9 milliards de dollars en 2015 contre 44,1 milliards pour les États-Unis. La situation est aussi clairement en faveur de la Chine dans le domaine des obligations financières liées à la lutte aux changements climatiques où la Chine domine avec 36 % contre 16 % pour les États-Unis. « Money talks ! » dit-on...
On a souvent accusé les Chinois de copier les industriels occidentaux et d'apporter fort peu d'innovations dans leur production. Qu'en est-il dans le domaine de la lutte aux changements climatiques ? Dans le domaine de l'automobile électrique, on entend souvent parler des innovations d'entreprises américaines, japonaises et européennes. Mais il existe aussi des fabricants chinois de véhicules électriques. Là aussi, le marché stimule l'offre. L'Agence internationale de l'énergie indique qu'en 2016, plus de voitures électriques et hybrides ont été vendues en Chine qu'aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Norvège, en France, au Japon et en Allemagne réunis. Beijing compte investir 1,3 milliard pour remplacer sa flotte de 70 000 taxis par des véhicules électriques. La mise en place d'un marché du carbone à l'échelle nationale en Chine va déclasser complètement les marchés nord-américains (WCI et RGGI) et le marché européen. 
Les émissions per capita en Chine sont de 7,5 tonnes contre 18 pour les États-Unis. Mais il y a quatre fois plus d'habitants en Chine. Même si les émissions chinoises ont été réduites de 0,7 % en 2015 contre 2,6 % pour les Américains, la contribution nette de ces réductions pour la planète est sans doute équivalente.
On imagine mal la Chine, qui est présentée comme un paradis de la pollution, remporter le titre de champion du monde de la lutte aux changements climatiques. Pourtant, il semble que le second plus grand émetteur, les États-Unis, ne soit pas de taille. Cela ne risque pas de s'améliorer dans les quatre prochaines années !