Les enjeux d'une ville durable (3)

CHRONIQUE / Ce dernier texte sur les enjeux d’une ville durable traitera de deux sujets dans lesquels l’administration précédente de Ville de Saguenay n’a pas particulièrement brillé, mais qui interpellent la durabilité pour les villes dans le dixième objectif de développement durable (ODD 10) du Programme de développement durable des Nations-Unies. L’horizon 2030 n’étant qu’à trois mandats, il est légitime d’interpeller vos futurs élus sur ces problèmes.

Comme nous le rappelle la petite maison blanche, les précipitations exceptionnelles peuvent avoir des conséquences pour la sécurité publique et le patrimoine bâti. Dans un monde au climat perturbé par l’activité humaine, on prévoit de plus en plus d’événements climatiques extrêmes. Pour déclencher une catastrophe, il faut la combinaison d’un événement inhabituel et d’une population vulnérable. C’est pourquoi la cible 5 de l’ODD 10 préconise de prendre les mesures pour réduire la vulnérabilité des villes aux changements climatiques. Dans ce domaine, c’est surtout dans l’aménagement du territoire que la réflexion doit se faire. Les milieux humides et les bords de rivières sont indispensables pour la biodiversité et pour la régulation des crues. Or, les gens veulent y construire des maisons ou dénaturer les berges pour améliorer la vue ou l’accès au plan d’eau. 

Un conseil municipal soucieux de développement durable devrait agir efficacement pour contrer cela. Lorsque les berges ne sont pas protégées par la végétation naturelle, lorsque les maisons sont construites dans des zones susceptibles aux inondations, les conséquences d’une pluie inhabituelle ou d’une crue de fonte des neiges peuvent faire des victimes, sinon coûter très cher. Il faut s’adapter aux changements climatiques, bien sûr, mais aussi réduire les émissions qui sont sous la responsabilité de la ville. Cela reste à faire à Saguenay qui n’a pas de politique établie pour mesurer et réduire de manière durable ses émissions de gaz à effet de serre, malgré des incitatifs gouvernementaux qui ont été consentis pour le faire.

La gestion des matières résiduelles a toujours été une épine au pied du maire sortant. Sans cesse à la recherche d’une solution utopique, il a refusé de voir l’évidence et de prendre les mesures qui avaient déjà fait leurs preuves dans d’autres municipalités. Au terme de vingt ans de tergiversations, le site de Laterrière devra être fermé, alors qu’il aurait pu durer dix ans de plus et les déchets de Saguenay iront au Lac-Saint-Jean. Bel exemple de transfert de responsabilité environnementale.

Il faudrait que les nouveaux élus aient une idée claire de ce qui serait une politique de gestion des matières résiduelles. C’est une responsabilité municipale qui demande une vision globale, une communication avec les citoyens et les entreprises, et qui peut s’avérer payante au bout du compte comme en témoigne Victoriaville qui est exemplaire à cet égard. Plutôt que d’aller visiter de lointains pays pour trouver des solutions inappropriées, consultons nos voisins. La Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean en aurait long à nous enseigner sur ce sujet. C’est l’objet de la sixième cible de l’ODD 10.

Les cibles traitées dans ces chroniques ne sont que les plus évidentes de l’ODD 10 consacré aux villes. On pourrait y ajouter la contribution à la protection du patrimoine naturel et culturel de l’humanité et les politiques pour le bâtiment durable par exemple. Naturellement, certaines de ces cibles ont été abordées peu ou prou durant la campagne. Si Saguenay veut se voir désigner exemplaire en termes de développement durable un jour, il est encore temps de mettre ces préoccupations à l’ordre du jour de vos questions avant de faire votre choix. La prochaine fois, pourquoi ne pas amorcer la discussion par « et qu’avez-vous en tête pour le développement durable ? »