La mobilité fait partie des cibles pour le développement durable.

Les enjeux d'une ville durable (2)

CHRONIQUE / Dans ce deuxième article consacré aux enjeux d’une ville durable en lien avec les élections municipales, c’est l’enjeu de la mobilité qui sera mis en évidence. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 regroupe 17 Objectifs de développement durable (ODD) qui constituent un plan d’action pour une meilleure gouvernance de la planète (http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/).

Le dixième ODD qui porte sur les villes et les établissements humains se lit comme suit : « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ». Il s’accompagne de dix cibles qui devraient en soi constituer un plan d’action pour les administrations municipales. Il est donc pertinent qu’au-delà de la simple administration des affaires courantes, l’horizon 2030 fasse partie des préoccupations de nos élus.

La deuxième cible de l’ODD 10 porte sur la mobilité : «D’ici à 2030, assurer l’accès de tous à des systèmes de transport sûrs, accessibles et viables, à un coût abordable, en améliorant la sécurité routière, notamment en développant les transports publics, une attention particulière devant être accordée aux besoins des personnes en situation vulnérable, des femmes, des enfants, des personnes handicapées et des personnes âgées ». Dans notre région comme dans l’ensemble du Québec, la mobilité des personnes repose essentiellement sur l’usage de l’automobile individuelle. Cela a des conséquences sur nos émissions de gaz à effet de serre, sur la pollution de l’air urbain, sur l’aménagement du territoire et sur les dépenses des ménages, l’automobile étant le deuxième plus important poste de dépenses pour les familles. Les déplacements en voiture étant passifs pour le conducteur et les passagers, ils ont même un effet sur la santé, car ils encouragent le sédentarisme. Le pouvoir des villes sur l’organisation du transport actif et collectif est donc fondamental en termes de durabilité.

Il y a soixante ans, il n’y avait pas une voiture par maison. Aujourd’hui, on se rapproche d’une voiture par permis de conduire. En 2030, on peut s’attendre qu’avec le vieillissement de la population, l’augmentation du prix de l’essence par les taxes sur le carbone et la volonté des gens d’adopter de plus saines habitudes de vie, la situation soit différente et que l’automobile individuelle devienne un problème grandissant plutôt qu’une panacée pour la mobilité.

La mobilité durable se décline de plusieurs manières. Elle doit permettre à tous d’accéder aux éléments indispensables à la qualité de vie sur tout le territoire, et ce à des tarifs abordables. On pense bien sûr à offrir gratuitement le transport en commun, mais ce dernier doit être plus efficace pour répondre aux multiples aspects de la demande. Il doit desservir des circuits qui permettent aux gens de passer rapidement de la maison au travail, aux études, aux établissements de santé, aux loisirs, aux centres de consommation ou aux centres culturels pour qu’on monte dans les autobus. Sur un territoire comme le nôtre, cela n’est pas évident, c’est pourquoi il faut penser intégrer les modes de déplacements. Par exemple, l’autobus, la marche, le vélo, le co-voiturage, le taxi-bus, le transport bénévole peuvent être complémentaires si on prend quelques mesures d’intégration. Des gares intermodales où on peut emprunter un vélo, des stationnements incitatifs pour le covoiturage, des pistes cyclables permettant de fermer les boucles, des trottoirs bien dégagés entre les zones d’intérêt, des feux de circulation favorisant les piétons, des passerelles, des bancs publics, tout cela demande une réflexion élargie et une politique de mobilité axée sur les besoins et la capacité des gens de se déplacer entre leurs centres d’intérêt. Les arrondissements de Saguenay sont très inégalement desservis en cette matière. Parlez-en à vos candidats !