L'ACFAS, une occasion exceptionnelle

CHRONIQUE / La recherche scientifique est souvent décrite comme une activité solitaire composée de lectures, de calculs et d’expériences pour élucider les mystères du monde. Mais on l’oublie souvent, l’activité scientifique est un monde de création où l’imagination côtoie la rigueur et où la communication des idées est fertile, et quelquefois même festive.

Car il y a un moment pour chaque chose, et une idée ne vaut pas cher si on ne sait pas la communiquer, la comparer à celle des collègues ou la confronter à d’autres visions du monde. Les revues savantes, les colloques, séminaires ou symposiums, tout comme les congrès scientifiques, sont là pour cela. En particulier, le congrès de l’Association francophone pour le Savoir (ACFAS) qui est un événement annuel très couru, où des milliers de chercheurs de toutes les disciplines viennent échanger sur l’avancement de leurs travaux. De jeunes chercheurs s’y font les dents, de vieux routiers y retrouvent des collègues éminents. On s’échange des hypothèses audacieuses, des résultats percutants. Bref, c’est la fête de la science francophone.

J’ai présenté ma première communication au congrès de l’ACFAS en mai 1973 à l’École polytechnique de Montréal. Depuis, j’ai eu des dizaines de fois l’occasion de présenter des communications scientifiques sur mes travaux, et même une dizaine de fois d’y organiser des colloques. Inutile de dire que j’attendais avec impatience le retour du plus grand congrès scientifique de langue française au monde dans notre université. 

Lors de son dernier passage, en 2005, nous avions innové en y appliquant un concept d’écoresponsabilité qui avait permis de tester notre nouveau système de gestion des matières résiduelles et le tout nouveau concept de la compensation carbonique par la plantation d’arbres sur des territoires naturellement dépourvus de couvert forestier en zone boréale. 

La Chaire en éco-conseil était alors à ses débuts, et nous avions organisé un colloque de haute tenue « Le développement durable, quels progrès, quels outils, quelle formation ? », dont les résultats sont encore aujourd’hui consultés.

Le congrès de l’ACFAS vivra sa 86e édition du 7 au 11 mai, à Saguenay. La Chaire en éco-conseil, qui aura 15 ans cet automne, y participera de diverses façons. Tout d’abord, les 9 et 10 mai, nous avons organisé un colloque sur l’analyse systémique de la durabilité. Ce champ de compétence émergent prend de plus en plus d’importance à l’échelle internationale, et notre équipe fait figure de leader, en particulier avec nos outils qui comptent maintenant parmi la panoplie des outils recommandés par les Nations Unies pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Plusieurs conférenciers internationaux nous feront l’honneur d’y prendre la parole. Dans le cadre de notre partenariat avec l’Institut de la Francophonie pour le développement durable, un livre sera publié à la fin de l’année avec les contributions des conférenciers.

L’UQAC présentera aussi la nouvelle infrastructure de recherche Carbone boréal, qui est née cet hiver à partir du projet du même nom que la Chaire a lancé avec ses partenaires il y a dix ans. Aujourd’hui, avec plus d’un million d’arbres plantés, l’UQAC s’engage à faire durer dans le temps cette initiative qui a permis à plus d’un millier de personnes et d’entreprises de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, tout en contribuant à la recherche sur le rôle de la forêt boréale dans la lutte aux changements climatiques. Enfin, le congrès de l’ACFAS sera un modèle d’écoresponsabilité. Je n’en dis pas plus… 

J’ai un très clair souvenir de ma première participation au congrès de l’ACFAS il y a 45 ans et j’encourage tous les étudiants qui envisagent une carrière universitaire de s’y inscrire. Une semaine de bouillonnement intellectuel n’a jamais fait de mal à personne !