Claude Villeneuve, professeur et directeur de la Chaire en éco-conseil de l'UQAC, lors du lancement du livre Est-il trop tard?.

Des surprises agréables

CHRONIQUE / Il m'est arrivé de faire quelques chroniques sur les projets de recherche à la Chaire en éco-conseil. En cette rentrée universitaire, je ne peux m'empêcher de partager la fierté que j'ai par rapport à la performance de notre équipe. La Chaire aura 15 ans l'an prochain et nos travaux ont donné plusieurs beaux succès et publications qui ont fait connaître l'excellence de l'UQAC auprès de ses partenaires. Un peu de « pétage de bretelles » ne fait de mal à personne !
La récente reconnaissance par les Nations Unies de nos outils d'analyse de développement durable représente un résultat tangible de cette recherche que nous continuons dans le cadre d'un partenariat avec l'Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) depuis 2011. Grâce à ce partenariat qui nous rapprochait des besoins des pays en voie de développement, nous avons pu adapter des outils développés ici pour leur donner portée universelle. D'ailleurs, lundi dernier, des étudiants nous présentaient les résultats de travaux effectués le printemps dernier pour une région du Sénégal et pour la préparation du Plan national de développement de Sao Tomé et Principe, un petit pays insulaire situé dans le golfe de Guinée. Pour utiliser nos outils, il aura fallu respectivement les traduire en wolof et en portugais. C'était inattendu et je dois avouer que c'est une belle surprise !
Depuis l'origine de la Chaire, un de volet de recherche vise une meilleure gestion des matières résiduelles. Cela a commencé avec l'UQAC comme laboratoire et nous avons étendu cette expertise à un ensemble de projets en partenariat avec d'autres. Cela a donné le projet ComposTable démarré en 2006 qui se continue sans nous aujourd'hui, car il est rentable pour ceux qui y participent de trier leurs déchets organiques et de les orienter vers le compostage plutôt que l'enfouissement. Il y a cinq ans, nous avons obtenu une subvention de recherche de la part du gouvernement du Québec pour trouver des solutions adéquates pour améliorer la gestion des matières résiduelles dans les communautés isolées du réseau routier dans le nord du Québec. Ce projet s'est terminé il y a quelques semaines et nos recommandations ont été reçues avec enthousiasme par les communautés comme Kuujuak et Schefferville qui sont revenues vers nous pour les mettre en oeuvre. Encore une belle surprise ! Lorsque les utilisateurs de la connaissance s'en servent pour améliorer leur sort, cela donne du sens au travail.
De nombreux projets de recherche ont été initiés dans le domaine des changements climatiques au cours des années. La lutte aux changements climatiques est particulièrement pertinente si on parle de développement durable parce que la cause du phénomène est étroitement associée aux efforts des humains pour améliorer leur bien-être par la croissance économique. En revanche, les bouleversements du climat menacent de compromettre la sécurité et la qualité de vie de nos petits-enfants. C'est un sujet qui est vaste par l'étendue des disciplines qu'il faut mettre à contribution et par la portée mondiale des causes et des conséquences. Tout au long des années, nous avons contribué à la mesure des GES émis ou évités. Il faut savoir trouver des solutions imaginatives et respectueuses des gens et explorer sans cesse les zones inconnues en se posant des questions pertinentes et en faisant des mesures rigoureuses. C'est dans ce sens que nos deux plus grands projets, « carbone boréal » et la mesure des émissions de GES des biosolides de papetières, se sont vus attribuer des millions de dollars dans les dernières années. On n'a pas fini d'avoir des surprises dans ce domaine ! 
Mardi, dans son discours de la rentrée, la nouvelle rectrice de l'UQAC, Mme Nicole Bouchard, a manifesté l'intention d'orienter l'université résolument vers le développement durable avec l'aide de la Chaire en éco-conseil. Parlez-moi d'une surprise agréable !