Justin Trudeau a annoncé mercredi un plan d’un milliard $ qui prévoit notamment l’élimination de la période de carence obligatoire pour les travailleurs qui devraient demander du chômage à cause d’un arrêt de travail lié au coronavirus.

Coronavirus: prêt à affronter le pire?

CHRONIQUE / Pandémie. Le terme peut évidemment faire peur. Mais contrairement à ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constate dans certains pays, le Canada et le Québec ne manquent pas de ressources et nos dirigeants expriment clairement la volonté de combattre la COVID-19 sans lésiner sur les moyens. C’est rassurant, bien que leur plan demeure toujours perfectible.

Prenez l’exemple d’Ottawa. Justin Trudeau a annoncé mercredi un plan d’un milliard $ qui prévoit notamment l’élimination de la période de carence obligatoire pour les travailleurs qui devraient demander du chômage à cause d’un arrêt de travail lié au coronavirus.

À première vue, une telle mesure a l’air très bien. Mais, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a vite relevé ses limites : 60 % des travailleurs canadiens n’ont pas accès à l’assurance-emploi.

Si le télétravail est impossible pour eux et s’ils doivent se priver de revenus plusieurs jours, il y a fort à parier que des travailleurs seront plus réticents à rester à la maison pour éviter la propagation du coronavirus.

M. Trudeau et son équipe doivent trouver un moyen de venir en aide à ces derniers.

Ils doivent également donner des réponses à ceux qui estiment qu’Ottawa n’assure pas un encadrement suffisant à ses frontières.

Le gouvernement du Québec a beau par exemple annuler les déplacements hors Canada de ses employés, si des centaines de personnes arrivent dans nos aéroports sans trop de contrôle et de suivi de leur état de santé, les cas de malades atteints du coronavirus risquent d’augmenter.

Prévenir, établir un plan de santé publique en se basant sur la science, informer quotidiennement les citoyens pour éviter une propagation du virus et une épidémie de panique, en plus de tenter de limiter les impacts sur l’économie, c’est le défi des dirigeants. 

Jusqu’à maintenant, Ottawa et Québec ont bien géré la situation. Les premiers ministres assurent qu’ils déploieront tous les moyens nécessaires pour assurer la santé et la sécurité de la population.

Depuis plusieurs jours, les ministres de la Santé font fréquemment le point sur l’évolution de la situation, exposent leur plan sanitaire et relaient des informations aux citoyens sur la marche à suivre pour prévenir la contagion ou recevoir des soins.

L’information est un élément majeur dans de telles situations. D’où l’importance que les politiciens donnent l’heure juste à la population et évitent de créer un faux sentiment de sécurité.

À Québec, ce n’est cependant pas parce que le ministre des Finances n’a rien prévu spécifiquement dans le budget déposé mardi qu’il faut nécessairement s’inquiéter et douter de la capacité du Québec de faire face à la COVID-19.

Comme le souligne le premier ministre François Legault, avec une réserve de stabilisation de 14 milliards $, le Québec n’est pas dépourvu de moyens. Une équipe de vigilance économique est aussi en place.

«Ce ne sera jamais une question d’argent», a également indiqué mercredi la ministre de la Santé, Danielle McCann. Elle précise de plus que son réseau a fait provision des équipements nécessaires. Croisons les doigts pour que le personnel soit aussi en nombre suffisant pour répondre aux questions des citoyens qui composent le 811 et pour les soigner.

Mme McCann souligne qu’elle dispose d’un plan de pandémie et que son gouvernement se prépare au pire des scénarios. Le directeur de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, confirme que dès le début, Québec a établi sa planification comme s’il devait faire face à une pandémie.

Les élus n’ont toutefois pas à porter seuls le poids du virus et de la santé de la population.

Chaque individu doit aussi prendre sa part de responsabilité. En s’informant et en consultant s’il éprouve des symptômes, en respectant les mesures d’hygiène préconisées, en évitant d’exposer des personnes vulnérables, en mesurant bien le risque et les conséquences d’un voyage à l’étranger.

Les impacts du coronavirus pourront être limités si chacun joue bien son rôle.