Saguenay ville étudiante

CHRONIQUE / La salle Gilbert-Gravel, où la Fondation de l’UQAC tient ses réunions hebdomadaires, débordait, vendredi dernier. Les membres et leurs invités voulaient savoir comment la mairesse Josée Néron entend imprégner à Saguenay le caractère d’une véritable ville étudiante, un projet qui mijote depuis une décennie.

À l’hôtel de ville, cette noble intention s’impose comme une priorité. Élus et citoyens réalisent l’importante contribution de l’université et des deux cégeps à un développement qu’ils souhaitent plus dynamique. Rappelons-nous que l’UQAC n’est pas seulement la première maison d’enseignement du Saguenay-Lac-Saint, de la Côte-Nord et de Charlevoix. 

Elle s’avère aussi un efficace agent de développement avec ses programmes de recherche et un pilier de l’économie régionale constitué de quelque 6500 étudiants et 1800 employés. 

Agglomération attirante 

Il est essentiel de mettre à la disposition de la population étudiante des circuits de transport en commun efficaces et financièrement accessibles pour relier le campus aux centres commerciaux et autres carrefours comme les lieux de culture, les centres d’activité physique, les restaurants et même les bars aux heures appropriées. 

La vision de la mairesse prévoit le développement de programmes répondant aux réalités présentes et susceptibles de générer des solutions à des problèmes vécus chez nous. Elle comprend également l’attribution de bourses à des étudiants dont les recherches reliées à des problèmes vécus par l’administration publique auront projeté un éclairage sur des solutions nouvelles.

Deux modèles

C’est Sherbrooke qui présente, au Québec et même dans l’ensemble du pays, le modèle d’une ville étudiante vivante. En appliquant ce concept, la reine des Cantons de l’Est exploite l’avantage que lui confère sa situation géographique au cœur du triangle d’or Montréal-Sherbrooke-Québec. Elle a prolongé sa faculté de médecine jusqu’à Chicoutimi et ailleurs. Son université accueille 40 000 étudiants, à l’égal des grandes sœurs de la métropole. 

Notre biologiste, directeur de la Chaire en éco-conseil, Claude Villeneuve, fut le premier, à ma connaissance, à élaborer sérieusement sur l’idée de ville universitaire. C’était dans sa chronique du 7 octobre 2013 publiée dans Le Quotidien. Sa mémoire avait précieusement conservé le souvenir de sa visite faite 40 ans plus tôt à Uppsala, en Suède, une ville d’importance similaire à Saguenay avec ses 140 000 habitants. 

Au total, 2400 de ses 23 000 étudiants aspirent au doctorat. Tout comme l’UQAC, mais à un niveau beaucoup plus intense, Uppsala est à l’origine « d’entreprises de recherche qui donnent du travail à des milliers de personnes.... 

On a compris la richesse que représente leur contribution à la communauté par leur imagination, leur créativité et leur joie de vivre. »

Mais la politique, au Québec, exerce une action dangereusement corrosive à l’épanouissement des universités en région. Elle regroupe sournoisement les maisons du savoir en deux catégories. Les huit « riches » universités à charte concentrées à Montréal et à Québec, et les dix « pauvres » réunies sous le chapiteau de l’Université du Québec. 

Lise Bissonnette, présidente du conseil de l’UQAM, ne comprend pas l’hésitation de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, à intervenir comme elle en a pris l’engagement. Nos élus devraient se préoccuper davantage du péril, surtout en campagne électorale.