Denis Coderre et Jean Tremblay

Partenariat ou arnaque?

CHRONIQUE / Quelques mois après son élection à la mairie de Montréal, le mardi 4 mars 2014, Denis Coderre avait rendu visite à son ami Jean Tremblay en présence de la presse. Il venait tendre la main à Saguenay avec l’intention de conclure un partenariat de croissance économique. Il poursuivait ainsi une tournée des municipalités pour qu’elles expriment d’une seule voix leurs demandes aux gouvernements supérieurs.

« Nous ne sommes plus les créatures de Québec », avait-il rectifié en incitant la multitude des municipalités à présenter un front commun. Il avait discrètement mentionné l’approbation de son confrère d’alors Régis Labeaume, sans spécifier toutefois qu’ils avaient scellé un pacte symbolisé par une poignée de main réconciliatrice donnée à un moment fort du congrès annuel de l’Union des municipalités du Québec.

Sécurité Montréal

Présent à cette rencontre Coderre-Tremblay à l’hôtel de ville de Saguenay, j’avais osé rappeler à notre visiteur qu’il pourrait poser un premier geste de solidarité en usant de son autorité pour que Montréal rembourse à Cycle Devinci les quelque 800 000 $ engloutis dans la faillite de Sécurité Montréal, une créature du conseil municipal de Montréal. Chez nous, la population estime que Devinci, dont les BIXI montréalais assemblés à Chicoutimi roulent à Londres et dans plusieurs métropoles américaines, est victime d’une véritable arnaque.

Le Tribunal de premières instances a donné raison à Devinci, mais jugez de la sincérité de l’ancien maire Coderre à sa décision d’aller en appel... tout juste avant de s’incliner devant une illustre inconnue, Valérie Plante, qui, avec son sourire perpétuel, se montre gracieusement tout aussi gourmande que son prédécesseur en expliquant un nouveau projet de transport en commun, soit l’addition d’une cinquième ligne de métro, la ligne rose, qui traverserait l’agglomération métropolitaine de Montréal-Nord à Lachine. Il suffit d’aller puiser, signale-t-elle, dans les quelque 180 milliards $ qu’Ottawa consacrera, sur une période de 12 ans, aux infrastructures. 

Surenchère

Ce que l’électorat retient des derniers scrutins, c’est de faire assidûment, avec des visages modernes, la surenchère des demandes. L’argent est toujours là. Il suffit de manifester le plus de conviction. En quatre ans, Denis Coderre a probablement obtenu d’Ottawa et de Québec plus de réalisations que tous ses prédécesseurs. Au-delà d’une vingtaine de milliards $. C’est maintenant du passé. Merci entonnent en chœur les Montréalais. Il faut dorénavant de nouveaux projets pour se maintenir à la hauteur de New York, Boston, Toronto et des autres mégapoles d’Amérique du Nord. 

Cette stratégie aux objectifs considérables rend muet le Québec des régions. Elle contribue à l’isoler avec la complicité des grands réseaux de télévision. Les préoccupations régionales majeures s’arrêtent au canal communautaire. Dans leur programme électoral, la mairesse Josée Néron et son équipe de l’ERD entendent « favoriser et accentuer le support aux PME en attribuant les ressources nécessaires et déléguer des personnes qui possèdent les compétences nécessaires pour représenter la ville sur les missions économiques afin qu’elles soient fructueuses et rentables ». 

Ces résolutions contrastent avec l’attitude d’anciennes administrations municipales qui déroulaient le tapis rouge aux chevaliers d’industrie, mais acculaient des PME régionales générant près d’une centaine d’emplois chacune à la faillite. Le dossier de la Pyramide des Ha ! Ha ! n’est pas encore réglé, mais le monument fait toujours la fierté des Baieriverains.