Le spectacle Décembre met en vedette 13 chanteurs, 8 danseurs et 4 musiciens.

Merveilleux Décembre

CHRONIQUE / «Merveilleux, magnifique, grandiose!» Les superlatifs ne sont jamais excessifs après une représentation de Décembre, la production de Québec Issime qui fait l'enchantement de la Place des Arts depuis déjà 14 ans durant le temps des Fêtes.
J'en ai fait la découverte dans le cadre d'une grande célébration familiale qui regroupait une centaine de parents et amis après le spectacle dans un restaurant populaire de l'agglomération métropolitaine.
Le Théâtre Maisonneuve affichait complet en cet après-midi glacial. La cohue dans les artères balisées de cônes oranges qui sillonnent le centre-ville de Montréal avait pris une telle ampleur avec la folie du magasinage d'avant Noël que notre chauffeur, malgré ses talents exceptionnels empruntés aux pilotes de Formule 1, mit près d'une heure à s'échapper de l'autogare et à contourner les bouchons de circulation causés par l'entêtement du Québec politique à reconstruire le réseau routier de la métropole d'un seul trait.
300 000 spectateurs
Ces ennuis sont toutefois vite oubliés durant les deux heures de pur délice que plus de 300 000 personnes ont savourées depuis l'installation de Décembre au coeur de l'univers artistique canadien. La création de Québec Issime, l'organisation magistralement administrée par Robert Doré, nous ramène aux moments les plus enchanteurs de notre enfance.
Décembre irradie les couleurs d'une comédie musicale avec ses mille cantiques et chants des Fêtes puisés dans le riche patrimoine religieux façonné depuis la Nouvelle-France jusqu'à la laïcisation décrétée par la Révolution tranquille des années 1960.
Québec Issime, l'entreprise toujours basée à Saguenay, offre à une vingtaine de villes, depuis ses premiers numéros en 1995, des réalisations de dimension mondiale dont la plus appréciée demeure Décembre qui fera relâche, vendredi prochain, jusqu'au dernier mois de 2017... après l'élection du successeur de Jean Tremblay à la mairie de Saguenay le dimanche 5 novembre.
Si je fais cette référence, c'est parce que le rapprochement avec La Fabuleuse histoire d'un Royaume devient inévitable dans mon esprit quand il est question des spectacles à grand déploiement conçus chez nous. Le regretté Ghislain Bouchard ne se doutait pas qu'en racontant de façon aussi magistrale le prolongement de la France en terre d'Amérique et jusqu'au Moyen-Nord devenu le pays de la démesure, il concevait un classique qui résiste à la lassitude du temps.
30e de La Fabuleuse
Après le passage, durant quatre ans, dans un cadre théâtral, des Aventures d'un Flo, la Fabuleuse est revenue avec un nouvel éclat. Louis Wauthier, dont la motivation et la recherche de la pensée populaire ont si bien succédé au génial Ghislain Bouchard, dirigera la trentième saison de La Fabuleuse l'été prochain en apportant quelques modifications ajustées à l'esprit contemporain.
Plus d'un million de Québécois dont quelques milliers de croisiéristes américains et britanniques cultivent un souvenir ému du spectacle, dont 22 000 en 2016. Reconnaissons à l'administration municipale le mérite d'avoir soutenu financièrement l'aventure durant des moments difficiles.
La Fabuleuse suscita des imitations qui n'ont heureusement pas fait long feu. Elle a surtout stimulé l'entrepreneurship de Robert Doré enveloppé dans le talent musical d'une grande famille. Québec Issime, qui roule simultanément jusqu'à cinq productions, génère jusqu'à 150 emplois en période de grande activité. Cette machine du spectacle finira bien par percer l'indifférence du Plateau pour enfin mériter la diffusion qu'elle mérite.