La nouvelle mairesse de Saguenay, Josée Néron, lors de son arrivée à l'hôtel de ville, lundi.

L’ère Néron débute

CHRONIQUE / « Nous sommes le changement », insistaient l’ERD et sa chef Josée Néron durant la campagne électorale. Ils le seront dorénavant puissamment puisqu’ils ont pris l’engagement d’appliquer leur programme élaboré à travers mille consultations tout au cours du dernier mandat de Jean Tremblay.

Le changement devrait, au départ, se manifester dans la transparence. La gouvernance exercée en catimini par la première administration de Saguenay a systématiquement obligé l’opposition à utiliser la loi d’accès à l’information pour soumettre par la suite au jugement du peuple des mouvements et décisions d’apparence inquiétante.

La transparence

Dans son programme, l’ERD résume ainsi sa pensée sur cette préoccupation : « Considérant que le conseil municipal gère des fonds publics et doit le faire pour le bien commun, les contribuables sont en droit de savoir de quelle façon est géré l’argent de leurs taxes. La transparence demeure le moyen le plus sûr de protéger les personnes élues dans leurs obligations en matière d’éthique et d’intégrité. »

En ajoutant la volonté de la mairesse à rétablir des relations professionnelles normales avec la presse et de rendre les séances du conseil municipal plus accessibles en convoquant leur tenue le soir comme jadis et non le midi, la nouvelle autorité politique de Saguenay contribuera à façonner un climat propice à une saine liberté d’information. La retraite du maire Jean Tremblay mettra un terme, espérons-le, à l’intimidation dont je fus l’une des premières victimes.

Si les journalistes se sont montrés, à la limite, complaisants à leur dernière rencontre au Cercle de presse, ils n’oublieront pas le mépris, le chantage utilisé avec les sirènes de la publicité et le refus de l’administration Tremblay à reconnaître cette mission essentielle en démocratie de la recherche de la vérité associée à la critique objective du pouvoir. Le mal s’est répandu dans l’ensemble des régions, favorisant ainsi le grenouillage et le patronage... Un temps de grande noirceur dans les agglomérations moins populeuses pendant que les technologies modernes de communication font circuler à la vitesse de la lumière l’information à caractère universel.

La diffusion de l’information à Saguenay s’inspirera dorénavant de l’intérêt public puisque c’est Luc Desbiens, le directeur de campagne de Josée Néron, qui se scandalisait, dans une confidence parue dans Le Devoir de la dernière fin de semaine, « de la manière dont le maire a traité les demandes des journalistes, sa façon de ne pas répondre ou de détourner les questions. »

Il sera particulièrement intéressant de vérifier comment la mairesse établira l’autorité sans partage que le vote universel confère aux premiers magistrats des grandes villes du Québec. À quel point l’article 5.1.10 du programme de l’ERD, qui prévoit des modifications « pour mieux équilibrer les pouvoirs entre le conseil municipal, l’exécutif et les arrondissements » modifiera son autorité.

L’ère Josée Néron s’ouvre sur un immense chantier qui mettra prioritairement à contribution de la Commission des finances, nouvelle appellation du Conseil du trésor que présida Jean-Yves Provencher, le conseiller démissionnaire de l’ancien régime et retraité du Mouvement Desjardins. Les contribuables voudront savoir si la situation économique correspond au portrait sombre que l’ingénieur à la retraite Jacques Pelletier en a tracé, chiffres à l’appui, tout juste avant la campagne électorale.

Une réalité demeure, Saguenay a régressé depuis les fusions de 2002. Tout un défi pour la nouvelle équipe qui s’installe à l’hôtel de ville !