La mairesse de Saguenay, Josée Néron

Le précurseur

CHRONIQUE / «Le roi est mort ! Vive la reine !» aurait pu écrire Jacques Pelletier dans la présentation de son essai, faite en plein cœur de l’été dernier, sur Saguenay, sous l’administration Tremblay. Avait-il plutôt prévu qu’un homme succéderait au maire Jean Tremblay, car durant le temps qu’il consacrait à dresser le bilan des 15 années d’un pouvoir absolu, peu de gens prévoyaient la victoire de Josée Néron à la mairie ?

Quoi qu’il en soit, le cofondateur de l’ERD devenu président du Mouvement Chicoutimi s’est avéré le plus perspicace des observateurs du régime qui a régné comme une monarchie sur Saguenay, depuis la fusion de 2002 jusqu’au balayage du 5 novembre dernier.

Une puissante motivation a poussé cet ingénieur industriel à la retraite à entreprendre une recherche très exigeante avec l’objectif ultime de publier, à ses frais, le bilan d’une « gouvernance qui n’a eu de démocratique que le processus électoral... » et caractérisée « par une éloquence sans borne pour annoncer des projets grandiloquents... » dont on ne perçoit toujours pas les « réels impacts socioéconomiques ».

En huitième place

À sa naissance, Saguenay se maintenait fièrement en sixième place parmi les dix villes les plus importantes du Québec. Elle a rétrogradé ces dernières années derrière Sherbrooke et Lévis tout en multipliant les emprunts pour rembourser le déficit actuariel des fonds de pension des employés municipaux et défrayer ses coûteuses générosités. Ce qui en fait aujourd’hui, avec un passif frôlant le demi-milliard de dollars, la championne de l’endettement parmi les villes comparables comme Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières.

Jacques Pelletier condamne la stratégie de développement conçue et appliquée par l’ancienne administration. L’activité économique ralentit pendant que la population prend de l’âge. Il faudrait, recommande-t-il, mettre un bémol sur l’étalement urbain et revoir l’aménagement de logements résidentiels.

Centrales hydroélectriques

La carrière politique de Jean Tremblay avait pourtant débuté en grande pompe avec la mise en exploitation des centrales hydroélectriques Pont-Arnaud et Chute-Garneau. Québec et Ottawa y avaient contribué assez généreusement.

À la dernière année fiscale, elle a rapporté 11,5 millions $, quatre de plus que prévu grâce a des précipitations plus abondantes qui ont fait tourner les turbines à plein régime. Cette source de revenus oscille annuellement entre 7 et 8 millions $.

Ubisoft

La deuxième nouvelle économique la plus prometteuse fut l’établissement du studio Ubisoft Saguenay qui générera quelque 125 emplois au cours des cinq prochaines années dans l’industrie du jeu vidéo. Cette réalisation est grandement attribuable à l’expertise développée à l’UQAC.

Entre ces deux événements, c’est le vide ou presque. Les principales initiatives provenaient de l’hôtel de ville tout comme leur financement. Dans son analyse, Jaques Pelletier dénonce, à l’exemple de Paul Grimard, l’ancien chef de l’ERD, le fardeau fiscal excessif, plus élevé que dans les autres villes du Québec, imposé par l’administration Jean Tremblay aux PME et aux établissements commerciaux. C’est punir les créateurs de richesse.

Nouveau conseil

Le nouveau conseil municipal rajuste les perspectives. Il atténue la surtaxe et Michel Potvin, le président de la Commission des finances, a bien saisi le message. Il faut dorénavant axer les efforts sur la vitalité des PME et la création d’emplois en espérant que la grande industrie retrouvera les conditions gagnantes à des investissements attendus depuis longtemps.