Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Le nouveau J.-F. Lisée

CHRONIQUE / Jean-François Lisée animera, ce soir, au Delta de Jonquière, une « rencontre citoyenne ». Et demain, à l'Hôtel Chicoutimi, le chef du Parti québécois répondra aux questions des membres du Cercle de presse. Ce sera sa première présence à une séance de ce groupe de journalistes et autres communicateurs professionnels.
Sa dernière assemblée politique, chez nous, remonte au 18 septembre dernier. Les candidats qui convoitaient la succession de Pierre Karl Péladeau s'étaient donné rendez-vous au Cégep de Jonquière, dans un débat que l'incident Charkaoui avait rendu très émotif.
La loi 101
Depuis, le temps et l'intérêt du parti ont ramené l'harmonie et cicatrisé les plaies. Le nouveau chef, dont la superbe irritait même ses plus fervents partisans, s'est transformé en rassembleur aux objectifs bien précis. Il a affronté, avec succès, une première fois, la semaine dernière l'intimidant Conseil national.
Les contestataires habituels et les ténors qui peuvent tout chambouler comme Marc Laviolette ont grogné, surtout sur l'application de la loi 101, mais sans mettre leur chef dans l'embarras. Jean-François Lisée propose une approche plus souple, « pragmatique », ont traduit ceux qui approuvent la main tendue aux anglophones de la métropole. Le chef péquiste ne pense surtout pas, quand il veut se montrer accommodant, à Kevin O'Leary, ce Montréalais d'origine qui veut devenir premier ministre du Canada même s'il est demeuré unilingue.
L'économie et la situation des régions n'étaient toutefois pas à l'ordre du jour à ce Conseil national.
Le chef a simplement affirmé, au terme de son discours, que sa formation est « le parti des familles et des PME ». En réponse à une question émanant du public, il avait mis l'accent sur l'importance de développer les PME, en région, lors du débat tenu à Jonquière en septembre dernier.
Les régions en péril
Comme son père était commerçant à Thetford Mines, le chef péquiste connaît bien les difficultés qu'affrontent les entreprises de cette taille. Il avait aussi pris l'engagement de redonner aux régions leur leadership politique en ressuscitant les Conférences régionales des élus (CRÉ). Heureuse initiative, c'est dans « le cadre d'une tournée à saveur économique » que le chef de l'opposition officielle offre aux péquistes la possibilité de l'interroger sur toutes les questions d'intérêt public.
L'économie est un thème incontournable dans des régions comme la nôtre que nos leaders nationaux et la machine gouvernementale perçoivent toujours comme des pourvoyeuses de richesses naturelles. Elles savent depuis la mondialisation que la technologie fouettée par la concurrence dévorera l'essentiel des emplois si l'appareil économique ne procède pas à une diversification appliquée par des PME carburant à l'informatique.
C'est ce que notre région s'applique à réaliser depuis un quart de siècle. Mais elle heurte les intérêts des producteurs comme dans le drame de Novelis et le protectionnisme des grands centres dont la machine gouvernementale se fait la complice. Le moindre prétexte suffit pour transférer à Québec ou à Montréal des services étatisés. L'hôpital de Chicoutimi et l'UQAC en sont les victimes silencieuses.
Comme on peut le constater, la centralisation se poursuit malgré la présence des meilleurs politiciens du Québec dans notre territoire. Le Pays des Bleuets en arrache plus qu'ailleurs pour simplement conserver des acquis solidement établis.
De ses postes de commandement installés sur la Grande Allée et dans ses tours d'ivoire au centre-ville de la métropole, la machine gouvernementale s'applique à diviser les régions pour mieux asseoir le pouvoir de nos deux cités-États.