François Legault, chef de la CAQ

Le grand projet de François Legault

CHRONIQUE / Philippe Couillard s’invite au Cercle de presse, lundi après-midi. Mais pas à l’Hôtel Chicoutimi comme à l’habitude, mais au Centre de soudage par friction-malaxage de l’UQAC. Il y dressera son bilan d’une dernière session parlementaire extrêmement agitée par les enjeux de la prochaine élection générale prévue en octobre 2018.

Le premier ministre revient s’adresser à la région, dont il est le responsable auprès de son gouvernement, au moment le plus difficile de son premier mandat. Après trois ans et huit mois, son leadership est contesté. La CAQ de François Legault a pris la tête dans les intentions de vote avec 34 % comparativement à 29 % pour le parti ministériel. Quant aux péquistes, ils seraient en déroute avec 20 % d’appuis si le scrutin s’était tenu le mois dernier.

Un bond en avant

Il reste encore beaucoup de temps avant que les votants soient invités aux urnes, mais les grandes tendances se raffermissent. Après avoir été gavée sous le règne de Denis Coderre d’investissements dépassant les 20 milliards $, notamment dans le réseau routier, la métropole a préféré faire confiance à la souriante Valérie Plante et sa promesse majeure d’une cinquième ligne de métro, la rose, qui traverserait Montréal. Un projet dont la réalisation dépasserait les 10 milliards$.

À l’exemple de Montréal et de Québec, les régions anticipent une part du gâteau que leur concoctera le magicien des Finances, Carlos Leitao, si les libéraux conservent le pouvoir. Les besoins sont immenses. En économie surtout. On attend un mouvement concret de RT Aluminium qui a d’ailleurs fort bien navigué, la semaine dernière, dans le cadre du symposium qui a attiré chez nous la vice-première ministre Dominique Anglade, grande responsable de l’Économie, de la Science, de l’Innovation et de la Stratégie numérique. Avec son hydroélectricité, Québec est déjà un partenaire majeur de l’industrie québécoise de l’aluminium. Dans le contexte d’une mondialisation extrêmement perturbante, la campagne électorale devrait inspirer un bond en avant. 

La vallée de l’innovation

Philippe Couillard manifesterait encore davantage sa volonté de stimuler l’économie défaillante des régions en appliquant une solution définitive au coût excessif du lien aérien avec la métropole. Dans Informe affaires, Roger Boivin, président du Groupe Performance Stratégique, perçoit un heureux dénouement avec l’utilisation du réseau de transport régional d’Hydro-Québec et une rénovation des installations de Bagotville aussi adéquate que celle effectuée dans les autres aéroports nordiques d’envergure. Dans les grands projets, on pense évidemment à la construction d’un nouveau Centre Georges-Vézina, une idée déjà évoquée par le premier ministre. 

Le programme de la CAQ d’une « vallée de l’innovation » le long du fleuve Saint-Laurent pourrait bien aussi susciter des interrogations. Il fut, à l’époque de Jean Charest, la réponse au Plan Nord. Avec sa perspective de 100 000 emplois de qualité réservés à 20 zones d’innovation carburant aux crédits d’impôt « pour mieux financer la recherche universitaire », il n’incluait que Sherbrooke et Gatineau à l’extérieur de la vallée du Saint-Laurent. Le projet révisé s’adresse maintenant à toutes les régions du Québec mais sans plus d’explications. 

Suggérons à tous nos politiciens et gens d’affaires une sérieuse lecture du projet de la CAQ pour ne pas se retrouver, le lendemain du prochain scrutin, avec un gouvernement à mille lieues de leurs préoccupations économiques.