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L'avenir du Saguenay

CHRONIQUE / Il ne reste que 48 jours avant l'élection d'une nouvelle autorité municipale à Saguenay. Comment les candidats à la mairie envisagent-ils opérer le virage majeur qui redonnera à la ville une fierté enfouie dans les méandres d'une politique façonnée et appliquée par Jean Tremblay et Ghislain Harvey, son éminence grise ?
Depuis l'ère des grandes fusions de 2002, Denis Coderre et Régis Labeaume imposent leur suprématie après avoir conclu, dans une célèbre poignée de main donnée en présence de leurs confrères de l'Union des municipalités du Québec, un pacte symbolique de non-agression. 
Le pouvoir
Le premier mandat de Philippe Couillard fait la démonstration que cet esprit Coderre-Labeaume s'est incrusté dans les plus hautes sphères du pouvoir : hors du giron métropolitain qui englobe évidemment Laval, son prolongement naturel, et de la Capitale nationale, l'État est allergique aux projets de développement. Ubisoft Saguenay est l'exception qui confirme la règle et dont l'avènement est surtout attribuable, a insisté la haute direction, à la présence, à l'UQAC, d'un programme de formation adéquate et de jeunes cerveaux déjà imbibés d'une variation plus mystérieuse des nouvelles technologies de l'information.
Le sinistre édit fédéral des années 1970 (le rapport Higgins-Martin-Raynauld) stipulant qu'en favorisant l'expansion de Montréal, c'est tout le Québec et ses régions qui grandiront par les effets d'entraînement, n'a jamais été plus hostile à la périphérie. Surtout depuis que Québec y a inclus le royaume de Régis Labeaume. 
Seulement dans le secteur des loisirs, le gouvernement a participé généreusement à la construction du Centre Vidéotron même si la Ligue nationale de hockey ne cesse de répéter dans des messages codés que la région de notre Capitale nationale représente un marché trop petit pour les exigences financières du hockey professionnel. Ce qui n'empêche pas le gouvernement de continuer à investir autour du plus moderne aréna du Canada pendant que notre région représentée par le premier ministre ne mérite pas encore que le Centre Georges-Vézina, son principal amphithéâtre sportif qui plie sous le fardeau de son cinquantenaire, soit enfin rénové convenablement ou mieux encore, remplacé.
AP60
Les nouvelles infrastructures pimpantes de technologies dernier cri se multiplient autour de la métropole comme cette Place Bell de Laval inaugurée au début du mois. Il s'agit d'un complexe dont l'enceinte principale, une patinoire comprenant 10 000 sièges, servira de domicile au Rocket, l'équipe de la Ligue américaine. Un investissement total de 200 millions $ dont 46 millions $ fournis par Québec. 
Pendant que la manne des subventions pleut essentiellement sur Montréal et Québec, le président du Groupe Performance Stratégique (GPS), Roger Boivin, nous apprend que ce sont les régions ressources, dont la nôtre évidemment, qui contribuent le plus généreusement, soit à un niveau de 70% plus exactement, au Fonds des générations, le nouveau mécanisme servant au remboursement de la dette accumulée par Québec depuis la Révolution tranquille.
Il serait temps que nos candidats à la mairie, après avoir saupoudré leur discours de promesses, nous tracent, dans une synthèse bien imagée, leur vision d'avenir de Saguenay, une ville dont tous les éléments tardent à former un ensemble homogène à l'exemple des autres grandes villes fusionnées en 2002. Pourraient-ils aussi vérifier s'il est vrai, comme le veut la rumeur, que l'application industrielle d'AP60 s'effectue non pas au complexe Jonquière, mais chez Alouette à Sept-Îles  ?