La résilience des Bleuets

CHRONIQUE / La résilience. Ce mot un peu mystérieux, réservé jusqu'à tout récemment aux ouvrages littéraires, est entré dans le langage populaire. Les politiciens l'utilisent pour expliquer des situations difficiles, et on sait qu'elles se multiplient depuis l'élection de Donald Trump. Même les entraîneurs sportifs s'en servent pour revigorer leurs protégés et les inciter à orienter leurs énergies vers le prochain obstacle.
C'est ainsi d'ailleurs que les Saguenéens ont détrôné les Huskies de Rouyn-Noranda en quart de finale après avoir éliminé, en quatre parties, les tenaces Tigres de Victoriaville. Après des moments difficiles, Yanick Jean conseillait à ses joueurs déçus de nourrir leur inquiétude de philosophie. Son message a bien passé. Il a même produit un effet magique en inspirant suffisamment de confiance aux Bleus pour l'emporter en supplémentaire, dans la septième partie, 24 heures après l'humiliation d'une déroute de 9-2.
Quelle remontée !
Et quand ils ont entrepris la demi-finale, vendredi, à Saint. John, contre les redoutables Sea Dogs, champions de la saison régulière, le contexte était encore plus inconfortable. Après une défaite de 4-1 attribuable à une trop grande timidité, Nicolas Roy et ses compagnons ont absorbé la critique tout en puisant dans leur résilience cruellement mise à l'épreuve. L'effet fut miraculeux. À la surprise générale, la troupe se retrouvera sur un pied d'égalité, demain soir, à son retour sur la glace du Centre Georges-Vézina, après avoir arraché, en deuxième supplémentaire, une victoire de 3-2. 
Comment définir la résilience ? Larousse présente simplement ainsi son sens psychologique : « Aptitude d'un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques. » Ghislaine Clot, consultante et psychosociologue d'entreprise, va beaucoup plus loin en percevant la résilience comme « l'art de naviguer entre les torrents ».
Dans sa plus récente analyse publiée dans Gestion HEC Montréal, elle présente la résilience comme « la clé des défis rencontrés par nos sociétés en ce XXI siècle naissant » avec la crise des migrants et l'effondrement économique de la Grèce avec, simultanément, la menace constante de terrorisme.
Elle ne peut mieux frapper notre imaginaire collectif perturbé par un enchevêtrement de mouvements déstabilisateurs dans l'actualité mondiale.
Retour à la prospérité
Les vertus de la résilience prennent une dimension nouvelle depuis l'avènement de Donald Trump à la Maison-Blanche. Avec un président en perpétuelle campagne électorale et dont les réactions sont aussi imprévisibles que redoutables, tous les diplomates hors des États-Unis devront adapter leur comportement à une résilience positive. Toute une gymnastique !
Mais chez nous, qu'importe ce qu'en disent Trump et sa chorale de détracteurs, la gestion de l'offre demeure le meilleur système. Il assure aux producteurs laitiers l'équivalent des avantages accordés aux techniciens professionnels de la grande industrie. 
Quant au conflit du bois d'oeuvre, il coûte quelque 35 000 $ au jeune couple américain qui se procure une première maison et des milliards de dollars en pénalités injustifiées à nos entreprises forestières. La Maison-Blanche persiste néanmoins même si les tribunaux internationaux répètent à chaque jugement que notre industrie respecte les règles du libre marché. 
Cultivons notre résilience. Elle demeure la force secrète qui pavera la voie du retour à la prospérité.