Jean Tremblay

Jean Tremblay se confie

CHRONIQUE / Des milliers de citoyens de Saguenay ont voté par anticipation, hier. Après des semaines d’une campagne colorée, aux nombreux rebondissements, le peuple exprime son choix. Qui succédera à Jean Tremblay ? Josée Néron, la seule femme candidate à la mairie, avait pris les devants au dernier sondage après avoir partagé la préférence des électeurs avec Jean-Pierre Blackburn.

Le pourcentage des indécis conseillait la prudence. Rien ne sera joué avant le dernier jour. Entre-temps, le maire sortant, qui était demeuré sagement dans l’ombre, a fait son bilan devant les membres du Cercle de presse. Absent à cause d’un conflit d’agenda (rendez-vous à l’hôpital de Chicoutimi), j’ai visionné avec la plus grande attention la vidéo de la rencontre. Jean Tremblay, ce n’est pas nouveau, ne croit pas à l’objectivité des journalistes qui devront, recommande-t-il, se remettre en question.

Vérité et mensonge

C’est ce qu’ils font notamment à leur congrès annuel avec des spécialistes venus d’un peu partout. N’oublions pas que depuis l’avènement d’Internet et des médias sociaux, la vérité côtoie le mensonge. Même le président des États-Unis propage presque quotidiennement, avec son compte Twitter, des faussetés ou des exagérations qui inquiètent la planète.

Il appartient depuis toujours aux journalistes de faire la lumière. Le travail d’enquête ou de simple vérification des faits demande du temps... et donc des ressources. Depuis l’avènement des technologies de l’information, les médias traditionnels, notamment les quotidiens régionaux, demeurent les seuls à renseigner la population hors des grands centres sur l’évolution de la société qu’elle habite.

Le coût d’une nouvelle ou d’un reportage de qualité continue d’augmenter, mais une importante partie des revenus publicitaires est détournée vers des multinationales qui limitent leur participation à la bonification de l’information à celle d’une courroie de transmission. L’État fait la sourde oreille aux demandes de soutien à l’ajustement au numérique. Ottawa a pourtant porté annuellement de 1 à 1,5 milliard $ sa subvention à Radio-Canada pour lui permettre de traverser la crise.

L’équilibre

Dans son bilan tracé au Cercle de presse, le maire établit que La Baie et Jonquière ont reçu davantage depuis la fusion à la suite de l’établissement des structures et services nécessaires à l’accueil des croisiéristes et à Hydro-Jonquière, dont les bénéfices sont demeurés la propriété de l’arrondissement pendant plusieurs années.

L’impôt foncier des contribuables de Saguenay est-il plus faible que dans les autres grandes villes comparables du Québec comme le confirme le ministère des Affaires municipales ? Plusieurs y perçoivent plutôt un jeu de chiffres. Jacques Pelletier, un ingénieur à la retraite, l’explique dans son analyse de l’administration Tremblay. On a gonflé l’évaluation, surtaxé les PME et les établissements commerciaux qui se défendent avec la dernière énergie contre la concurrence déloyale des ventes sur Internet.

Le maire déplore les bouleversements économiques qui perturbent notre grande industrie et retardent des projets comme Arianne phosphate. Il demeure confiant dans l’avenir. Son administration a peut-être trop misé sur les milliards d’ailleurs sans s’attarder sur les possibilités de l’entrepreneuriat d’ici qui a réussi des prodiges. 

Jean Tremblay aura présenté, à cette dernière présence au Cercle de presse, la personnalité ouverte dont j’avais fait la découverte dans une autre vie. Et le Centre Georges-Vézina ? La question posée par Dominique Savard l’a rendu muet.