Denis Lemieux

Denis Lemieux le philanthrope

CHRONIQUE / La philosophie du général de Gaulle a surgi dans mon esprit quand le confrère Normand Boivin a raconté, dans le dernier Progrès, le bénévolat que pratique Denis Lemieux dans sa communauté. S’il n’est pas un émule du grand architecte de l’édification de la France contemporaine, il s’inspire du respect qu’il vouait à ses compatriotes contribuables.

Avec le président de Gaulle, on était loin du faste des dynasties royales. Il n’abusait jamais des avantages attribués au chef de l’État. Ses biographes nous apprennent qu’il défrayait même les factures d’électricité et de téléphone à l’Élysée. Quand le peuple lui indiquera la sortie en répondant non au référendum sur la réforme des régions, il renoncera à la retraite du président de la République pour se contenter de celle de général de brigade. Il est vrai que sa plume d’écrivain lui rapportait de généreux dividendes. 

Un labeur exigeant

Tout un contraste avec l’attitude de certains politiciens qui se négocient des privilèges princiers et additionnent les indemnités de départ et rentes diverses avant leur retour dans l’anonymat. Mais reconnaissons à la grande majorité le mérite d’un labeur exigeant dont la rémunération n’est sûrement pas excessive, surtout pour les députés des régions périphériques qui doivent franchir de grandes distances.

S’il ne veut pas servir d’exemple, Denis Lemieux pourrait provoquer un mouvement d’entraînement bénéfique parmi les gens fortunés. Les besoins sont immenses quand on pense notamment aux plus démunis de la société, mais aussi à la restauration du patrimoine religieux et autres travaux communautaires.

Le député de Chicoutimi-Le-Fjord remet donc son salaire en dons de charité et autres. Mais il n’oublie pas l’essentiel, c’est-à-dire d’influencer les décideurs d’Ottawa dans la distribution des ressources financières de l’État. Méthodique, il prépare ses dossiers, un peu à l’exemple d’un autre homme d’affaires, le regretté Marcel Dionne, et d’un enseignant à la retraite, André Harvey, qui se sont avérés fort convaincants durant leur séjour à Ottawa sans multiplier les éclats de voix. 

Après deux ans...

En l’espace d’un seul mandat, le premier est parvenu à transformer l’horrible concentration de réservoirs de pétrole au cœur de Chicoutimi en l’une des places publiques les plus fréquentées du Québec. De mauvais choix politiques en ont malheureusement négligé, au cours des dernières années, les améliorations nécessaires, surtout au marché public. Les élus du 5 novembre sauront sans doute remédier à cette lacune. Quant à André Harvey, son nom demeurera attaché à ce parc du Vieux Port, à l’élargissement à quatre voies du boulevard Talbot et à l’implantation du Centre des technologies de l’aluminium (CTA) sur le campus de l’UQAC. 

Après deux ans, Denis Lemieux se réjouit d’avoir incité Ottawa à investir 136 millions $ dans 252 projets, dont 96,1 M$ à la base aérienne de Bagotville. Il s’est appliqué également à rentabiliser une visibilité croissante du Royaume de la démesure en favorisant la tenue, chez nous, d’activités fédérales et en obtenant la présence du premier ministre Justin Trudeau à deux événements majeurs.

Certes, il faudra poursuivre intensément travaux et démarches au parlement fédéral, car les dangers sont nombreux depuis le début de l’ère Trump. Le député de Chicoutimi-Le-Fjord note cependant des gains certains dans le litige du lait diafiltré et du bois d’œuvre. Fondateur de Hydralfor, il se montre toutefois assez discret sur les difficultés qu’affrontent nos PME. Son éclairage sur le sujet serait sans doute fort apprécié.