Neuvième évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr René Guay pose ici avec le portrait du premier homme à avoir occupé cette fonction, Mgr Dominique Racine.

Bon retour Mgr René

CHRONIQUE / Le message populaire transmis par le confrère Louis Tremblay au Cercle de presse du 1er mars 2017 a sans doute cheminé jusqu’à Rome. Pourquoi, avait questionné le confrère, aucun des évêques qui se sont succédé depuis Mgr Dominique Racine, n’est originaire de la région ? Le pape François a répondu vendredi en nommant René Guay, 67 ans, un fils de Saint-Thomas-Dydime, neuvième évêque de Chicoutimi.

À sa dernière présence devant le groupe de professionnels de l’information, Mgr Rivest voulait surtout expliquer que 12 ans après sa nomination, il présenterait au pape un tableau complet de la situation en perpétuelle transformation que vit la communauté catholique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Même si la très grande majorité de la population, soit 96 % ou 250 300 habitants, proclame toujours son appartenance à la chrétienté, une infime minorité assiste aux cérémonies religieuses et participe au financement de l’entretien des églises et de l’organisation administrative.

Moins de clochers

Vingt-cinq des 84 églises sont abandonnées et 25 autres ne serviront plus au culte. Mgr Rivest favorise un partenariat avec les municipalités pour la réalisation de centres multifonctionnels. Il souhaitait donc à son successeur des nerfs d’acier et un esprit ouvert aux réalités contemporaines. 

Son successeur est déjà conditionné à toutes les difficultés possibles. Depuis le début de son apostolat, il a marché dans le chemin de François. Au Chili, où il a servi comme missionnaire, il a réalisé que l’Église, c’est avant tout le peuple de Dieu. Il a célébré des messes de Noël en plein champ. Mgr René, nom qu’il soumet à ses compatriotes et ouailles du pays des Bleuets, retient de ses 20 ans comme aumônier à la prison de Chicoutimi et de membre de l’équipe pastorale de l’Établissement de détention de Québec, son dernier mandat, que « dans chaque personne, on peut rencontrer le Seigneur ».

Le nouvel évêque de Chicoutimi a beaucoup étudié et enseigné. Il fut chargé de cours, de 1995 à 2001, au département des Sciences religieuses d’éthique de l’UQAC. Son parcours comprend également une période d’enseignement à l’Institut de formation théologique et pastorale du diocèse. Mgr René détient enfin un doctorat en théologie pratique de l’Université Laval.

Malgré les problèmes, il demeure confiant, mais très lucide. Il poursuivra la réorganisation amorcée au cours des dernières décennies. L’Église a notamment invité les fidèles à se regrouper dans des communautés paroissiales. Un exercice gigantesque dont j’ai mesuré l’ampleur en participant aux travaux de la Commission diocésaine pastorale « Mission et responsabilité » présidée par Mgr Roch Pedneault.

Oeuvre méconnue

Ses conclusions ont sans doute aidé à combler un vide dramatique en établissant le réseau des soupes populaires, des centres d’hébergement pour les itinérants et de services budgétaires. 

C’est tout en axant son autorité sur la diffusion du message évangélique que Mgr Rivest devint, sans l’avoir espéré évidemment, le dépositaire des conséquences catastrophiques d’abus sexuels attribués à d’anciens membres du clergé. Ces taches noires cachent malheureusement l’oeuvre gigantesque accomplie par ces hommes et femmes fondateurs bénévoles ou presque notamment de nos réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. L’autorité politique n’a même pas eu encore le souci d’étudier les possibilités d’aider les communautés religieuses à disposer honorablement des constructions solides et élégantes que leur labeur a édifiées partout dans la région et surtout sur les hauteurs de Chicoutimi.