Josée Néron

Après 100 jours

CHRONIQUE / Un premier média national, La Presse+, prolonge enfin son regard sur le changement de garde à l’hôtel de ville de Saguenay. Il a attendu que la période d’initiation des 100 jours accordée à la toute nouvelle organisation politique qui accède au pouvoir soit franchie avant de s’intéresser à La révolution Néron, comme il qualifie en titre, dans son édition de samedi dernier, le bouleversement effectué par les contribuables au scrutin du 5 novembre 2017.

Durant le long règne de 20 ans sur Chicoutimi intégrée en 2002 à Saguenay, l’ancien maire devint l’une des cibles favorites de Jean-René Dufort, le redoutable Infoman de Radio-Canada. Le caractère original de Jean Tremblay et ses idées jugées dépassées par plusieurs à l’ère du numérique ont provoqué plusieurs discussions insolites avec le fou du roi de la démocratie et ont rendu l’ancien premier magistrat très visible dans la stratosphère médiatique. Je doute que l’Infoman réapparaisse dans le décor saguenéen.

Une femme forte

Le chroniqueur Francis Vailles présente à l’immense lectorat de La Presse+ une femme forte, mère et grand-mère à 57 ans, taillée sur mesure pour la politique contemporaine avec sa formation comptable et sa maîtrise en administration. Josée Néron résume ainsi au confrère montréalais le style pratiqué par l’ancienne équipe municipale. « Saguenay roulait sur environ 15 millions $ d’emprunt pour payer une partie de l’épicerie. Or, la dette devait servir pour des immeubles, des routes, le réseau de distribution d’eau, mais pas pour payer les salaires ou des régimes de retraite. »

Elle a évidemment inclus dans son analyse la situation aussi abracadabrante qu’avantageuse que s’était aménagée, trois jours avant les élections, Ghislain Harvey, l’homme fort qui dirigeait la machine. Celle qui a forgé ses aspirations à la mairie dans l’austère opposition aurait voulu que le ministère des Affaires municipales place Promotion Saguenay sous tutelle. Québec a préféré confier à ses vérificateurs un examen minutieux des livres comptables. Le rapport sera déposé en mai.

La surprise

La grande surprise du chroniqueur Francis Vailles, c’est de constater que les contribuables ont absorbé en philosophes l’imposition d’une hausse de l’effort fiscal municipal supérieure à la majorité des autres villes, notamment Montréal (3,3 %) et Québec dont les contribuables bénéficient d’un gel durant la présente année électorale. On se rappellera que la mairesse Valérie Plante peine à retrouver l’éclat de son perpétuel sourire devant la grogne de Montréalais et contribuables associés de la couronne métropolitaine qui se plaignent d’être surtaxés. Il faut bien reconnaître qu’en retour, Québec et Ottawa n’ont pas cessé depuis quatre ans de déverser la manne d’investissements plantureux dans les infrastructures et le transport en commun.

Questionné sur l’avenir économique, madame Néron précise vouloir mettre l’accent sur les projets numériques amorcés sous l’administration Tremblay avec l’avènement d’Ubisoft, et ceux reliés aux ressources naturelles comme Arianne Phosphate et Métaux BlackRock tout en collaborant avec Rio Tinto qui vient d’annoncer le rajeunissement de Vaudreuil, l’usine d’alumine, au coût de 250 millions $.

Le reportage ne mentionne pas le questionnement autour de la transformation de l’aluminium et la contribution majeure de nos équipementiers ainsi que d’une multitude de PME innovatrices qui parviennent à exporter malgré le protectionnisme agressif manifesté par la Maison-Blanche depuis que le président Donald Trump en est le locataire.