Klaude Poulin

Adieu mon ami Klaude

CHRONIQUE / Le confrère Klaude Poulin, qui fut directeur de l’information à CJPM/TVA durant une trentaine d’années, vient de s’éteindre à l’âge de 85 ans et 11 mois. Homme de culture, je l’avais croisé une dernière fois, l’automne dernier, à la Bibliothèque de Chicoutimi, toujours accompagné de sa souriante compagne de vie, Claire Chainey. Il m’avait brièvement entretenu d’un nouveau projet qui mijotait dans son esprit toujours en bouillonnement.

CJPM

Beauceron d’origine, il avait d’abord collaboré à un hebdomadaire local, Le Progrès de Saint-Georges, en qualité de chroniqueur sportif. Mais son occupation première se situait à la Banque Canadienne Nationale, où il assumait la responsabilité des comptes d’affaires. Il préféra finalement le journalisme en devenant rédacteur en chef du Progrès de Thetford, en 1957, et copropriétaire de trois autres hebdos. Il quitta l’écrit pour s’orienter vers la télévision et devenir un Bleuet d’adoption quand il accepta l’invitation de CJPM d’aménager un service de l’information.

Après 29 ans d’un labeur dont la qualité fut appréciée à l’échelle nationale, il se retira dans ses terres, mais sa retraite fut de courte durée. Il entreprit une nouvelle carrière dans le monde des communications tout en continuant à s’intéresser à l’histoire, aux voyages, aux arts et à la généalogie. Son avènement à la présidence de CKAJ-FM de Jonquière fut à l’origine d’un modèle grand public de la radio communautaire.

Il absorba la disparition du Carnaval-Souvenir, dont il fut l’un des présidents, comme une tragédie. L’événement annuel qui avait remporté le prix national du tourisme lui paraissait une façon agréable de commémorer le courage de nos ancêtres. Parmi ses autres participations bénévoles aux initiatives du milieu, mentionnons l’Opérette et la Société de généalogie du Saguenay. Ce dernier organisme a occupé ses plus beaux moments de recherche jusqu’à son dernier souffle. Car il lui permettait de vivre l’histoire à travers les familles. 

La généalogie

C’est à Rouen, en 1964, qu’il prit pleinement conscience des vertus de cette science. Elle lui a ouvert la voie de sa famille jusqu’à ses origines (Poulain devenu Poulin). Le volet maternel remonte jusqu’à Dieppe en Normandie. Il a suivi, par la suite, la trace des Vikings qui ont envahi la Normandie. Les guerres intestines et les épidémies les ont conduits sur des terres plus hospitalières en Nouvelle-France, la Côte-de-Beaupré spécifiquement. Après la conquête des Anglais vers 1760, ils se dirigèrent vers La Beauce où leur caractère combatif a rendu cette région dynamique et marqué d’un esprit entrepreneurial. C’est la généalogie qui lui a appris qu’un de ses oncles, Arthur Godbout, fut député pendant 19 ans, élu à trois scrutins consécutifs sans opposition. Son épouse, Claire Chainey, peut également ressentir de la fierté en suivant le fil de son ascendance puisque Dick Cheney, un ancien vice-président américain, y figure.

Intarissable quand il racontait des anecdotes reliées à l’histoire des Poulin-Chainey, notre regretté disparu aimait rappeler avoir profité de ses derniers voyages en France pour tourner des vidéos sur les ancêtres issus de lieux bien connus au Canada comme Dieppe, Honfleur, Larochelle, Rouen et Saint-Malo. Il a poursuivi son exploration jusque dans le régiment de La Chaudière où plusieurs Québécois ont combattu en héros les Allemands envahisseurs durant la guerre 1914-18.

Klaude Poulin nous laisse de précieux documents et le souvenir d’un grand humaniste. Qu’on me permette de présenter mes plus sincères condoléances à son épouse Claire Cheney et à tous les autres membres de sa famille.