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Bon retour Mgr René

CHRONIQUE / Le message populaire transmis par le confrère Louis Tremblay au Cercle de presse du 1er mars 2017 a sans doute cheminé jusqu’à Rome. Pourquoi, avait questionné le confrère, aucun des évêques qui se sont succédé depuis Mgr Dominique Racine, n’est originaire de la région ? Le pape François a répondu vendredi en nommant René Guay, 67 ans, un fils de Saint-Thomas-Dydime, neuvième évêque de Chicoutimi.

À sa dernière présence devant le groupe de professionnels de l’information, Mgr Rivest voulait surtout expliquer que 12 ans après sa nomination, il présenterait au pape un tableau complet de la situation en perpétuelle transformation que vit la communauté catholique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Même si la très grande majorité de la population, soit 96 % ou 250 300 habitants, proclame toujours son appartenance à la chrétienté, une infime minorité assiste aux cérémonies religieuses et participe au financement de l’entretien des églises et de l’organisation administrative.

Moins de clochers

Vingt-cinq des 84 églises sont abandonnées et 25 autres ne serviront plus au culte. Mgr Rivest favorise un partenariat avec les municipalités pour la réalisation de centres multifonctionnels. Il souhaitait donc à son successeur des nerfs d’acier et un esprit ouvert aux réalités contemporaines. 

Son successeur est déjà conditionné à toutes les difficultés possibles. Depuis le début de son apostolat, il a marché dans le chemin de François. Au Chili, où il a servi comme missionnaire, il a réalisé que l’Église, c’est avant tout le peuple de Dieu. Il a célébré des messes de Noël en plein champ. Mgr René, nom qu’il soumet à ses compatriotes et ouailles du pays des Bleuets, retient de ses 20 ans comme aumônier à la prison de Chicoutimi et de membre de l’équipe pastorale de l’Établissement de détention de Québec, son dernier mandat, que « dans chaque personne, on peut rencontrer le Seigneur ».

Le nouvel évêque de Chicoutimi a beaucoup étudié et enseigné. Il fut chargé de cours, de 1995 à 2001, au département des Sciences religieuses d’éthique de l’UQAC. Son parcours comprend également une période d’enseignement à l’Institut de formation théologique et pastorale du diocèse. Mgr René détient enfin un doctorat en théologie pratique de l’Université Laval.

Malgré les problèmes, il demeure confiant, mais très lucide. Il poursuivra la réorganisation amorcée au cours des dernières décennies. L’Église a notamment invité les fidèles à se regrouper dans des communautés paroissiales. Un exercice gigantesque dont j’ai mesuré l’ampleur en participant aux travaux de la Commission diocésaine pastorale « Mission et responsabilité » présidée par Mgr Roch Pedneault.

Oeuvre méconnue

Ses conclusions ont sans doute aidé à combler un vide dramatique en établissant le réseau des soupes populaires, des centres d’hébergement pour les itinérants et de services budgétaires. 

C’est tout en axant son autorité sur la diffusion du message évangélique que Mgr Rivest devint, sans l’avoir espéré évidemment, le dépositaire des conséquences catastrophiques d’abus sexuels attribués à d’anciens membres du clergé. Ces taches noires cachent malheureusement l’oeuvre gigantesque accomplie par ces hommes et femmes fondateurs bénévoles ou presque notamment de nos réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. L’autorité politique n’a même pas eu encore le souci d’étudier les possibilités d’aider les communautés religieuses à disposer honorablement des constructions solides et élégantes que leur labeur a édifiées partout dans la région et surtout sur les hauteurs de Chicoutimi.

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Partenariat ou arnaque?

CHRONIQUE / Quelques mois après son élection à la mairie de Montréal, le mardi 4 mars 2014, Denis Coderre avait rendu visite à son ami Jean Tremblay en présence de la presse. Il venait tendre la main à Saguenay avec l’intention de conclure un partenariat de croissance économique. Il poursuivait ainsi une tournée des municipalités pour qu’elles expriment d’une seule voix leurs demandes aux gouvernements supérieurs.

« Nous ne sommes plus les créatures de Québec », avait-il rectifié en incitant la multitude des municipalités à présenter un front commun. Il avait discrètement mentionné l’approbation de son confrère d’alors Régis Labeaume, sans spécifier toutefois qu’ils avaient scellé un pacte symbolisé par une poignée de main réconciliatrice donnée à un moment fort du congrès annuel de l’Union des municipalités du Québec.

Sécurité Montréal

Présent à cette rencontre Coderre-Tremblay à l’hôtel de ville de Saguenay, j’avais osé rappeler à notre visiteur qu’il pourrait poser un premier geste de solidarité en usant de son autorité pour que Montréal rembourse à Cycle Devinci les quelque 800 000 $ engloutis dans la faillite de Sécurité Montréal, une créature du conseil municipal de Montréal. Chez nous, la population estime que Devinci, dont les BIXI montréalais assemblés à Chicoutimi roulent à Londres et dans plusieurs métropoles américaines, est victime d’une véritable arnaque.

Le Tribunal de premières instances a donné raison à Devinci, mais jugez de la sincérité de l’ancien maire Coderre à sa décision d’aller en appel... tout juste avant de s’incliner devant une illustre inconnue, Valérie Plante, qui, avec son sourire perpétuel, se montre gracieusement tout aussi gourmande que son prédécesseur en expliquant un nouveau projet de transport en commun, soit l’addition d’une cinquième ligne de métro, la ligne rose, qui traverserait l’agglomération métropolitaine de Montréal-Nord à Lachine. Il suffit d’aller puiser, signale-t-elle, dans les quelque 180 milliards $ qu’Ottawa consacrera, sur une période de 12 ans, aux infrastructures. 

Surenchère

Ce que l’électorat retient des derniers scrutins, c’est de faire assidûment, avec des visages modernes, la surenchère des demandes. L’argent est toujours là. Il suffit de manifester le plus de conviction. En quatre ans, Denis Coderre a probablement obtenu d’Ottawa et de Québec plus de réalisations que tous ses prédécesseurs. Au-delà d’une vingtaine de milliards $. C’est maintenant du passé. Merci entonnent en chœur les Montréalais. Il faut dorénavant de nouveaux projets pour se maintenir à la hauteur de New York, Boston, Toronto et des autres mégapoles d’Amérique du Nord. 

Cette stratégie aux objectifs considérables rend muet le Québec des régions. Elle contribue à l’isoler avec la complicité des grands réseaux de télévision. Les préoccupations régionales majeures s’arrêtent au canal communautaire. Dans leur programme électoral, la mairesse Josée Néron et son équipe de l’ERD entendent « favoriser et accentuer le support aux PME en attribuant les ressources nécessaires et déléguer des personnes qui possèdent les compétences nécessaires pour représenter la ville sur les missions économiques afin qu’elles soient fructueuses et rentables ». 

Ces résolutions contrastent avec l’attitude d’anciennes administrations municipales qui déroulaient le tapis rouge aux chevaliers d’industrie, mais acculaient des PME régionales générant près d’une centaine d’emplois chacune à la faillite. Le dossier de la Pyramide des Ha ! Ha ! n’est pas encore réglé, mais le monument fait toujours la fierté des Baieriverains.

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L’ère Néron débute

CHRONIQUE / « Nous sommes le changement », insistaient l’ERD et sa chef Josée Néron durant la campagne électorale. Ils le seront dorénavant puissamment puisqu’ils ont pris l’engagement d’appliquer leur programme élaboré à travers mille consultations tout au cours du dernier mandat de Jean Tremblay.

Le changement devrait, au départ, se manifester dans la transparence. La gouvernance exercée en catimini par la première administration de Saguenay a systématiquement obligé l’opposition à utiliser la loi d’accès à l’information pour soumettre par la suite au jugement du peuple des mouvements et décisions d’apparence inquiétante.

La transparence

Dans son programme, l’ERD résume ainsi sa pensée sur cette préoccupation : « Considérant que le conseil municipal gère des fonds publics et doit le faire pour le bien commun, les contribuables sont en droit de savoir de quelle façon est géré l’argent de leurs taxes. La transparence demeure le moyen le plus sûr de protéger les personnes élues dans leurs obligations en matière d’éthique et d’intégrité. »

En ajoutant la volonté de la mairesse à rétablir des relations professionnelles normales avec la presse et de rendre les séances du conseil municipal plus accessibles en convoquant leur tenue le soir comme jadis et non le midi, la nouvelle autorité politique de Saguenay contribuera à façonner un climat propice à une saine liberté d’information. La retraite du maire Jean Tremblay mettra un terme, espérons-le, à l’intimidation dont je fus l’une des premières victimes.

Si les journalistes se sont montrés, à la limite, complaisants à leur dernière rencontre au Cercle de presse, ils n’oublieront pas le mépris, le chantage utilisé avec les sirènes de la publicité et le refus de l’administration Tremblay à reconnaître cette mission essentielle en démocratie de la recherche de la vérité associée à la critique objective du pouvoir. Le mal s’est répandu dans l’ensemble des régions, favorisant ainsi le grenouillage et le patronage... Un temps de grande noirceur dans les agglomérations moins populeuses pendant que les technologies modernes de communication font circuler à la vitesse de la lumière l’information à caractère universel.

La diffusion de l’information à Saguenay s’inspirera dorénavant de l’intérêt public puisque c’est Luc Desbiens, le directeur de campagne de Josée Néron, qui se scandalisait, dans une confidence parue dans Le Devoir de la dernière fin de semaine, « de la manière dont le maire a traité les demandes des journalistes, sa façon de ne pas répondre ou de détourner les questions. »

Il sera particulièrement intéressant de vérifier comment la mairesse établira l’autorité sans partage que le vote universel confère aux premiers magistrats des grandes villes du Québec. À quel point l’article 5.1.10 du programme de l’ERD, qui prévoit des modifications « pour mieux équilibrer les pouvoirs entre le conseil municipal, l’exécutif et les arrondissements » modifiera son autorité.

L’ère Josée Néron s’ouvre sur un immense chantier qui mettra prioritairement à contribution de la Commission des finances, nouvelle appellation du Conseil du trésor que présida Jean-Yves Provencher, le conseiller démissionnaire de l’ancien régime et retraité du Mouvement Desjardins. Les contribuables voudront savoir si la situation économique correspond au portrait sombre que l’ingénieur à la retraite Jacques Pelletier en a tracé, chiffres à l’appui, tout juste avant la campagne électorale.

Une réalité demeure, Saguenay a régressé depuis les fusions de 2002. Tout un défi pour la nouvelle équipe qui s’installe à l’hôtel de ville !

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Jean Tremblay se confie

CHRONIQUE / Des milliers de citoyens de Saguenay ont voté par anticipation, hier. Après des semaines d’une campagne colorée, aux nombreux rebondissements, le peuple exprime son choix. Qui succédera à Jean Tremblay ? Josée Néron, la seule femme candidate à la mairie, avait pris les devants au dernier sondage après avoir partagé la préférence des électeurs avec Jean-Pierre Blackburn.

Le pourcentage des indécis conseillait la prudence. Rien ne sera joué avant le dernier jour. Entre-temps, le maire sortant, qui était demeuré sagement dans l’ombre, a fait son bilan devant les membres du Cercle de presse. Absent à cause d’un conflit d’agenda (rendez-vous à l’hôpital de Chicoutimi), j’ai visionné avec la plus grande attention la vidéo de la rencontre. Jean Tremblay, ce n’est pas nouveau, ne croit pas à l’objectivité des journalistes qui devront, recommande-t-il, se remettre en question.

Vérité et mensonge

C’est ce qu’ils font notamment à leur congrès annuel avec des spécialistes venus d’un peu partout. N’oublions pas que depuis l’avènement d’Internet et des médias sociaux, la vérité côtoie le mensonge. Même le président des États-Unis propage presque quotidiennement, avec son compte Twitter, des faussetés ou des exagérations qui inquiètent la planète.

Il appartient depuis toujours aux journalistes de faire la lumière. Le travail d’enquête ou de simple vérification des faits demande du temps... et donc des ressources. Depuis l’avènement des technologies de l’information, les médias traditionnels, notamment les quotidiens régionaux, demeurent les seuls à renseigner la population hors des grands centres sur l’évolution de la société qu’elle habite.

Le coût d’une nouvelle ou d’un reportage de qualité continue d’augmenter, mais une importante partie des revenus publicitaires est détournée vers des multinationales qui limitent leur participation à la bonification de l’information à celle d’une courroie de transmission. L’État fait la sourde oreille aux demandes de soutien à l’ajustement au numérique. Ottawa a pourtant porté annuellement de 1 à 1,5 milliard $ sa subvention à Radio-Canada pour lui permettre de traverser la crise.

L’équilibre

Dans son bilan tracé au Cercle de presse, le maire établit que La Baie et Jonquière ont reçu davantage depuis la fusion à la suite de l’établissement des structures et services nécessaires à l’accueil des croisiéristes et à Hydro-Jonquière, dont les bénéfices sont demeurés la propriété de l’arrondissement pendant plusieurs années.

L’impôt foncier des contribuables de Saguenay est-il plus faible que dans les autres grandes villes comparables du Québec comme le confirme le ministère des Affaires municipales ? Plusieurs y perçoivent plutôt un jeu de chiffres. Jacques Pelletier, un ingénieur à la retraite, l’explique dans son analyse de l’administration Tremblay. On a gonflé l’évaluation, surtaxé les PME et les établissements commerciaux qui se défendent avec la dernière énergie contre la concurrence déloyale des ventes sur Internet.

Le maire déplore les bouleversements économiques qui perturbent notre grande industrie et retardent des projets comme Arianne phosphate. Il demeure confiant dans l’avenir. Son administration a peut-être trop misé sur les milliards d’ailleurs sans s’attarder sur les possibilités de l’entrepreneuriat d’ici qui a réussi des prodiges. 

Jean Tremblay aura présenté, à cette dernière présence au Cercle de presse, la personnalité ouverte dont j’avais fait la découverte dans une autre vie. Et le Centre Georges-Vézina ? La question posée par Dominique Savard l’a rendu muet.

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Entre deux géants

CHRONIQUE / Québec est en liesse. À moins d’un an de la prochaine élection provinciale, le ministre des Finances Carlos Leitao est parvenu à regarnir les coffres de l’État. Le surplus budgétaire s’élève à 4,49 milliards $. Il a attiré l’attention de l’agence Standard and Poors qui décerne un prix de saine administration à l’équipe libérale en relevant la note de crédit du Québec. Ce qui signifie un allègement du taux d’intérêt relié au remboursement de la dette.

Les victimes

Depuis son élection, le gouvernement Couillard applique un rigoureux « contrôle des coûts » constate Standard and Poors. Les régions en furent les premières victimes par le truchement de la centralisation qui a fauché des programmes et instauré un régime d’austérité. Il fallait bien faire des économies substantielles pour défrayer l’ambitieux calendrier des nouvelles infrastructures en voie de réalisation à Montréal et à Québec. Après le pont Champlain, les trois hôpitaux universitaires, les mille chassés-croisés du réseau routier, le train électrique, de nouveaux projets milliardaires surgissent en campagne électorale.

Denis Coderre et Régis Labeaume s’épient du coin de l’œil pendant que leurs collègues de l’Union des municipalités du Québec évaluent, résignés, ce qui restera à se partager, notamment en périphérie.

Et ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter des négociations secrètes que le maire de la métropole poursuit avec les dirigeants politiques et les requins du sport professionnel pour activer le retour des Expos. Des confrères comme Yves Boisvert de La Presse considèrent odieuses les subventions versées indirectement aux États-Unis à des centaines de joueurs multimillionnaires. Les contribuables québécois ont déjà englouti plus d’un milliard et demi $ pour offrir un toit aux Expos. Combien leur coûterait la réalisation du nouveau rêve de Denis Coderre ?

Pour revenir à l’essentiel de notre propos d’aujourd’hui, il faut sans doute se réjouir de l’excellente situation financière du Québec même si le protectionnisme de Donald Trump s’est traduit, la semaine dernière, par un cadeau de 7 milliards $ à Airbus, dont 1,3 milliard $ provient des taxes versées par les contribuables québécois. La manœuvre permet heureusement de conserver 2000 emplois de haut niveau à Mirabel. 

Rafistolage

Ajouté à l’engagement du gouvernement fédéral d’investir 125 milliards $ en 10 ans dans la rénovation des infrastructures, le surplus dont dispose Québec devrait, espérons-le, bénéficier également au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le ventre de Saguenay qui contient essentiellement les réseaux d’aqueduc et d’égout est gravement malade. La guérison exigera des interventions majeures. Les candidats à la mairie se sont montrés assez discrets sur cette déficience majeure par crainte sans doute d’inquiéter davantage les votants du 5 novembre prochain. 

Ils ont ignoré toutefois le projet d’un deuxième pont sur le Saguenay et l’urgence de refaire le toit du Centre Georges-Vézina. L’aréna fut construit la même année que le Colisée de Québec qui s’avère encombrant depuis l’inauguration du magnifique Centre Vidéotron. La région ne mériterait-elle pas mieux qu’une restauration ? Elle doit déjà se contenter d’une remise en bon état du pont Dubuc qui aura 50 ans quand les travaux seront terminés.

Le député Serge Simard aura au moins réussi à faire prolonger jusqu’à La Baie l’autoroute de l’Aluminium. Il restera à la relier à Alma pour renforcer sensiblement les pôles économiques d’une région qui multiplie les initiatives, pas toujours heureuses cependant, dans l’espoir de retrouver sa prospérité des années fastes de la grande industrie.

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Denis Lemieux le philanthrope

CHRONIQUE / La philosophie du général de Gaulle a surgi dans mon esprit quand le confrère Normand Boivin a raconté, dans le dernier Progrès, le bénévolat que pratique Denis Lemieux dans sa communauté. S’il n’est pas un émule du grand architecte de l’édification de la France contemporaine, il s’inspire du respect qu’il vouait à ses compatriotes contribuables.

Avec le président de Gaulle, on était loin du faste des dynasties royales. Il n’abusait jamais des avantages attribués au chef de l’État. Ses biographes nous apprennent qu’il défrayait même les factures d’électricité et de téléphone à l’Élysée. Quand le peuple lui indiquera la sortie en répondant non au référendum sur la réforme des régions, il renoncera à la retraite du président de la République pour se contenter de celle de général de brigade. Il est vrai que sa plume d’écrivain lui rapportait de généreux dividendes. 

Un labeur exigeant

Tout un contraste avec l’attitude de certains politiciens qui se négocient des privilèges princiers et additionnent les indemnités de départ et rentes diverses avant leur retour dans l’anonymat. Mais reconnaissons à la grande majorité le mérite d’un labeur exigeant dont la rémunération n’est sûrement pas excessive, surtout pour les députés des régions périphériques qui doivent franchir de grandes distances.

S’il ne veut pas servir d’exemple, Denis Lemieux pourrait provoquer un mouvement d’entraînement bénéfique parmi les gens fortunés. Les besoins sont immenses quand on pense notamment aux plus démunis de la société, mais aussi à la restauration du patrimoine religieux et autres travaux communautaires.

Le député de Chicoutimi-Le-Fjord remet donc son salaire en dons de charité et autres. Mais il n’oublie pas l’essentiel, c’est-à-dire d’influencer les décideurs d’Ottawa dans la distribution des ressources financières de l’État. Méthodique, il prépare ses dossiers, un peu à l’exemple d’un autre homme d’affaires, le regretté Marcel Dionne, et d’un enseignant à la retraite, André Harvey, qui se sont avérés fort convaincants durant leur séjour à Ottawa sans multiplier les éclats de voix. 

Après deux ans...

En l’espace d’un seul mandat, le premier est parvenu à transformer l’horrible concentration de réservoirs de pétrole au cœur de Chicoutimi en l’une des places publiques les plus fréquentées du Québec. De mauvais choix politiques en ont malheureusement négligé, au cours des dernières années, les améliorations nécessaires, surtout au marché public. Les élus du 5 novembre sauront sans doute remédier à cette lacune. Quant à André Harvey, son nom demeurera attaché à ce parc du Vieux Port, à l’élargissement à quatre voies du boulevard Talbot et à l’implantation du Centre des technologies de l’aluminium (CTA) sur le campus de l’UQAC. 

Après deux ans, Denis Lemieux se réjouit d’avoir incité Ottawa à investir 136 millions $ dans 252 projets, dont 96,1 M$ à la base aérienne de Bagotville. Il s’est appliqué également à rentabiliser une visibilité croissante du Royaume de la démesure en favorisant la tenue, chez nous, d’activités fédérales et en obtenant la présence du premier ministre Justin Trudeau à deux événements majeurs.

Certes, il faudra poursuivre intensément travaux et démarches au parlement fédéral, car les dangers sont nombreux depuis le début de l’ère Trump. Le député de Chicoutimi-Le-Fjord note cependant des gains certains dans le litige du lait diafiltré et du bois d’œuvre. Fondateur de Hydralfor, il se montre toutefois assez discret sur les difficultés qu’affrontent nos PME. Son éclairage sur le sujet serait sans doute fort apprécié.

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Attention à l'endettement

CHRONIQUE / Les banquiers seront, quoi qu’il en soit, les vainqueurs du 6 novembre. Et Saguenay, la grande perdante. Les quatre candidats à la mairie multiplient les promesses électorales comme si une main miraculeuse avait renfloué le trésor public dont le contenu ressemble plutôt à des cartes de crédit.

Même si les futurs élus veulent procéder à une sélection du fouillis d’engagements nouveaux dont l’estimation sommaire s’étend de 300 000 $ à près de 50 millions $, ils se feront rappeler régulièrement par une opposition tenace ces fameuses promesses. Au-delà de cette liste, il faudra bien ajouter la rénovation du Centre Georges-Vézina que personne n’a osé évoquer... La seule dépense qui obtient l’approbation générale est reliée à la réfection des infrastructures. 

Dépenses rentables

Par contre, on pourrait classer parmi les promesses rentables celles de l’ERD « d’inciter de nouvelles entreprises à s’installer dans les parcs industriels de Jonquière », et les similaires d’Arthur Gobeil de mettre à la disposition de l’entrepreneuriat des incubateurs de services et 50 millions $ en capital de risque. Ce qui tranche heureusement avec le récent engagement de l’administration Tremblay d’un congé fiscal d’une décennie aux nouvelles industries et entreprises commerciales qui s’installeront à Saguenay. Une véritable claque aux PME d’ici qui, même si elles sont surtaxées d’un dollar et plus d’évaluation en comparaison avec celles d’autres grandes villes du Québec comme Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières, parviennent, à l’exemple de Devinci, à exporter leurs produits partout dans le monde occidental. 

La où le futur maire aura le redoutable privilège de présider l’administration d’une ville qui ne résulte véritablement pas d’une fusion. La loi 170 votée en 2002 qui décrétait le regroupement de sept agglomérations municipales, dont les villes de Chicoutimi, Jonquière, La Baie et Laterrière, n’a jamais été appliquée rigoureusement.

Ville morcelée

Devant l’ampleur de la tâche, le conseil municipal, dans un mouvement réaliste ou par opportunisme politique, a finalement plutôt favorisé le morcellement de cet ensemble fragile de Saguenay toujours grugé par la méfiance que nourrissent les anciennes villes rivales. C’est ainsi que les municipalités disparues dans les fusions antérieures comme Kénogami, Arvida, Bagotville, Port-Alfred et Grande-Baie se sont ajoutées au concert des revendications. Tout un casse-tête pour l’ensemble du Québec qui cherche toujours la signification de Saguenay. Les croisiéristes qui font escale à La Baie repartent au moins avec l’image d’un endroit merveilleux où des Amérindiens portant l’habit des grandes fêtes leur réservent un accueil tout à fait unique dans les grands circuits touristiques. 

Ville attrayante avec ses nombreuses rivières, ses dénivellations et ses parcs bien aménagés, elle souffre d’anémie économique. C’est du moins la constatation faite par Jacques Pelletier, l’ingénieur industriel à la retraite, dans Saguenay sous l’administration Tremblay, après une analyse détaillée des données fournies par l’Institut de la statistique du Québec. Malgré les bons mouvements de Promotion Saguenay, la ville figure à la 112e place parmi les 121 municipalités du Canada soumises à un examen minutieux sur les programmes visant à favoriser le démarrage, la croissance et la prospérité des entrepreneurs et leurs PME.

La dernière mauvaise note qui devrait inspirer la prudence aux candidats à la mairie, c’est l’endettement qui oscille autour de 500 000 000 $, davantage notamment qu’à Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières.

Bertrand Tremblay

Ville unique au Québec

CHRONIQUE /Un vent glacial a soufflé, au Cercle de presse du Saguenay, mercredi dernier, sur les quatre candidats à la mairie de Saguenay quand Roger Boivin a voulu connaître leur pensée sur le choix de Saguenay comme nom de la ville fusionnée de préférence à Chicoutimi. Malgré l'apparente préférence populaire confirmée par référendum, de nombreux citoyens demeurent sceptiques.
Première à répondre à la question qui tue, Josée Néron, la seule Chicoutimienne du quatuor, s'est rapidement débarrassée de la patate chaude. Il n'est nullement question, pour l'ERD et son chef, de changer le nom de la ville. Les citoyens, constate-t-elle, cultivent un attachement très émotif au nom de leur ancienne ville fusionnée en 2002.

Bertrand Tremblay

Alma racontée

Originale et intéressante cette Chronique d'Alma, un recueil d'événements résumant la petite et la grande histoire de la ville de l'hospitalité. J'ai parcouru avec un grand intérêt cette oeuvre impressionnante de l'archiviste et professeur d'histoire, Gaston Martel.
Un livre orné sur la page couverture par une aquarelle aussi magnifique qu'évocatrice signée Judith Tremblay. Les faits sont résumés simplement, dans une langue limpide, élégante à l'occasion, mais sans artifices littéraires. L'observateur d'un demi-siècle d'actualité régionale a savouré tous les rappels de moments heureux et tragiques qui ont façonné l'évolution de cette ville charnière entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.

Bertrand Tremblay

L'avenir du Saguenay

CHRONIQUE / Il ne reste que 48 jours avant l'élection d'une nouvelle autorité municipale à Saguenay. Comment les candidats à la mairie envisagent-ils opérer le virage majeur qui redonnera à la ville une fierté enfouie dans les méandres d'une politique façonnée et appliquée par Jean Tremblay et Ghislain Harvey, son éminence grise ?
Depuis l'ère des grandes fusions de 2002, Denis Coderre et Régis Labeaume imposent leur suprématie après avoir conclu, dans une célèbre poignée de main donnée en présence de leurs confrères de l'Union des municipalités du Québec, un pacte symbolique de non-agression.