Au Canada, on «s'fume» la tête

CHRONIQUE / (Chantale Potvin) - Un peuple qui laisse ses jeunes se droguer est un peuple perdu. Pourtant, dans moins de deux mois, le cannabis, loin d’être inoffensif, sera légalisé. Go ! Sans rencontre avec les instances sociales, les profs, les gens du peuple, go ! Sans respecter les étapes à suivre, sans encadrement sérieux, sans écouter les provinces et les Premières Nations, sans loi pour les propriétaires d’immeubles locatifs, comme si c’était un simple jeu d’enfant, le Canada légalise…

Fait peu surprenant, le cannabis est bien souvent un tremplin pour plonger dans des drogues plus dures. Pour appuyer ma thèse, à la lumière de sérieux sites médicaux, la liste complète des effets néfastes est longue et le constat est élémentaire : le cannabis corrompt et aliène le cerveau. Bien sûr, pour quelque 200 pathologies comme les douleurs chroniques et les troubles du sommeil, le cannabis est parfait. Or, il s’agit là d’utilisations thérapeutiques. Si les gens n’en ont pas besoin, les nombreuses conséquences indésirables sont prouvées hors de tout doute. Hormis les risques de dépendance, nommons les malaises, les tremblements, l’angoisse sévère, les troubles de mémoire, les nausées ainsi que la diminution de la concentration et des capacités d’apprentissage. C’est paradoxal ! Pourquoi les gouvernements se battent-ils contre les cigarettes et disent oui au cannabis ? N’est-ce pas une fumée qui sent la charogne et qui, contenant davantage de goudron, de benzène et de toluène, multiplie les risques du cancer du poumon et de la gorge ? 

Fume, mon beau, fume !

Évidemment, je parle davantage de consommation. Je discute un peu moins de légalisation. Or, avec le sentiment de ne pas être illégal, les freins des consommateurs vont lâcher. Ainsi, à mon humble avis, les utilisateurs vont augmenter. Si le produit est offert partout, pourquoi ne pas essayer ? J’enseigne au secondaire depuis 26 ans. Je n’ai JAMAIS vu un jeune consommateur qui se contentait de fumer son joint le samedi soir, devant la télé. Ceux que j’ai vu passer avaient de la difficulté à se concentrer et pochaient leurs examens. Isolés socialement, anxieux et dépressifs, voire suicidaires, ils n’étaient pas motivés et avaient besoin des services sociaux de l’école. TOUS ! Sans exception ! Un point que je n’ai pas abordé et qui me semble majeur : chez les sujets prédisposés, le cannabis est parfois l’élément déclencheur de maladies graves, comme la schizophrénie, la psychose cannabique ou la paranoïa. 

Un sondage

Dans une école secondaire, au centre commercial et sur ma page Facebook, 516 personnes ont donné leur avis. À l’école secondaire, sur 54 employés, 49 ont dit non. Au centre commercial, 36 personnes sur 43 ont aussi répondu non. Quant à la page Facebook, sur 419 répondants, 351 ont carrément opté pour un non, 42 ont dit oui et les 6 autres s’abstiennent. Si on fait un calcul, pendant que les employés des urgences psychiatriques, des services sociaux et des écoles s’arrachent les cheveux pour conjuguer avec la drogue, sur 516 personnes interrogées, 456 personnes, soit 88 %, ont dit NON. Et dans moins de deux mois, chaque Canadien pourra fumer du pot, en vendre, en acheter, en faire pousser quatre plants et se dire que c’est donc hot, le pot !

De grâce, soucions-nous des jeunes !

Chacun de nous, les adultes, aura un rôle à jouer, soit celui de contrôler cet accès au cannabis et de ne pas en favoriser l’abus chez nos jeunes. Nous suppléerons, en quelque sorte, aux policiers. Pour finir, j’imagine un scénario dans une classe, celui d’une enseignante alertée par les yeux rougis d’un ado qui se lèche les lèvres et qui pouffe d’un rire niaiseux après avoir entendu le mot devoir :

— Qui t’a fourni ton pot ? T’es gelé comme une balle.

— Personne ! Il y a quatre plants chez nous. J’ai le droit !

Vous savez, l’opium, héroïne et la cocaïne proviennent aussi d’une plante. Devrait-on les légaliser pour autant ?