Aller voter, un exercice nécessaire

CHRONIQUE / Dimanche 5 novembre, c’est jour d’élections municipales dans plus de 1100 municipalités au Québec. Plus de 8000 postes sont à pourvoir à la mairie, à la préfecture, comme conseiller ou conseillère.

Un exercice citoyen

Devant le faible taux de participation aux dernières élections municipales (à peine 50 %), je ne peux m’empêcher de redire la nécessité de cet exercice citoyen et de vous inviter à aller voter. Rappelons-nous qu’il ne s’agit pas simplement d’un devoir, mais d’un privilège. Combien de pays et de régions du monde n’ont pas encore cette opportunité ? Combien de personnes tentent, encore aujourd’hui, d’exercer la démocratie dans des conditions difficiles, voire impossibles ? Du coup, nous devons prendre nos responsabilités en nous rappelant que la démocratie, c’est bien plus qu’un vote tous les quatre ans. La question demeure : comment continuer d’exercer notre devoir citoyen et notre privilège démocratique au-delà de la période électorale ? Ne devons-nous pas exercer notre vigilance à l’égard des enjeux qui touchent notre communauté et des personnes élues par la population ? Comment le faire adéquatement ? Par quels processus de participation citoyenne ?

Un premier mouvement de reconnaissance

Pour l’ensemble du Québec, 12 965 personnes se portent candidats ou candidates à l’un des postes à combler. Que l’on aime ou non le milieu politique, il y a lieu de poser d’abord un regard de reconnaissance sur ces milliers de personnes qui veulent servir leur communauté. Bien sûr, un certain prestige est lié à la fonction de gouvernement et la dérive du pouvoir est toujours possible, mais d’emblée, nous devons croire à la bonne volonté de ces personnes et y reconnaître une bonne dose de dévouement au service du bien commun. Chacune accepte de passer par le processus électoral parce qu’elle estime être en mesure de faire progresser son milieu de vie selon ses valeurs et sa vision du monde et de la société. Les idées et les projets annoncés s’inscriront dans cette vision de ce que devrait être une société bonne. C’est ainsi que certaines d’entre elles obtiendront notre confiance et notre vote. 

Le milieu municipal est le niveau de gouvernement le plus près de nous. C’est là que sont gérés les loisirs, les espaces verts, les transports collectifs, les aménagements urbains, etc. Ces personnes que nous élirons et qui formeront les prochains conseils municipaux devront prendre des décisions qui touchent directement notre vie quotidienne. Nous devons connaître leurs projets et leur vision de la communauté et de son avenir. Et nous, quelles sont nos valeurs importantes pour l’avenir de notre communauté ? Quelle société voulons-nous construire pour nous et pour les générations à venir ? Qu’est-ce qui est important pour le devenir de notre communauté locale ? Celui de notre région ? 

Prendre le temps de répondre à ces questions et connaître ce qu’en pensent les candidates et candidats devrait nous aider à déterminer à qui accorder notre vote.

L’option pour les pauvres et les exclus

Très souvent, nos options spirituelles ou religieuses nous servent de repères pour nos valeurs profondes et nos choix de vie. Elles peuvent également nous éclairer sur les questions à se poser. En christianisme, la référence est celle de l’Évangile. Or, s’il est un thème qui traverse les quatre évangiles et toute l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, c’est bien celui de la justice et de l’attention aux pauvres et aux exclus. Il ne s’agit pas de choisir des personnes aux mêmes croyances religieuses que nous, mais plutôt de s’interroger sur leurs valeurs sociales et leur vision du monde. Cela est-il compatible avec nos propres valeurs ? Par exemple, quelles sont les positions quant au soin des quartiers les plus défavorisés, à l’accessibilité des services pour tous et toutes, peu importe leurs conditions physiques, financières ou sociales ? Quelle attention est portée aux valeurs de justice sociale, de solidarité, de démocratie participative et inclusive ? Quels soins sont accordés à l’environnement et au sort de la planète ? Le pape François, dans Laudato ‘si, lie intimement le sort des plus pauvres et la fragilité de la terre. Prendre soin de l’avenir du monde, c’est prendre au sérieux la question environnementale et réfléchir à nos choix sociaux en fonction des impacts sur les plus pauvres et les exclus. 

Bonne réflexion ! Citoyennes et citoyens, informons-nous pour exercer notre droit de vote avec lucidité et clairvoyance pour l’amélioration de nos conditions de vie et celles de toutes les personnes avec qui nous partageons le territoire.

Andrée Larouche, professeure, Institut de formation théologique et pastorale