À quelques jours de ma Traversée!

CHRONIQUE / Le journaliste du Quotidien Guillaume Pétrin participera à la Traversée du Lac-Saint-Jean à vélo, samedi. Il vous partage ses impressions à l’approche de ce défi hivernal.

Je suis arrivé au Lac-Saint-Jean le 31 août 2014, dans un vieux pick-up Ford 1977. Avec moi, j’apportais mon voilier, mon kayak et mon vélo de montagne. Comme bagages, seulement mon linge, ma guitare et rien d’autre.

Et depuis ?

J’ai beaucoup travaillé. Sur une ferme, dans une maison des jeunes, dans quelques bars et restaurants, pour d’autres commerces locaux, dans un centre de plein air, à la télévision et, bien entendu, pour différents journaux. J’ai ainsi cumulé les emplois.

Je me suis impliqué. Pour toutes sortes de causes sociales, au sein de différents conseils d’administration d’organisme communautaire et pour plein d’autres collectes de fonds. Comme on dit : « Bénévole un jour, bénévole toujours. »

J’ai vécu au Lac. Dans des grands et plus petits logements, dans ma « van », et même en squattant quelque temps.

J’ai beaucoup mangé. J’ai découvert les saveurs locales, des dizaines de produits du terroir, sans oublier les bleuets – même s’il est faux de dire qu’il ne faut qu’un seul bleuet pour cuisiner une tarte.

Je me suis beaucoup amusé. En improvisation, en animation et en musique.

J’ai pratiqué beaucoup de sports. Le hockey, le kayak, la voile, la pêche, le longboard, les randonnées de raquettes et le vélo de montagne. Ah, ce cher vélo de montagne !

Et je suis aussi tombé. Toute une chute ! Heureusement, mon casque a tenu le coup, mais j’aurais très bien pu me briser le cou. Hôpital, réadaptation et, encore aujourd’hui, un rendez-vous médical ici et là. Encore et encore.

Pendant plus d’un an, j’ai souffert. Physiquement, mentalement, émotionnellement.

J’ai beaucoup voyagé. J’en ai parcouru des kilomètres. Au moins une centaine de milliers. Tours du Lac, allers-retours à Drummondville, Tadoussac, Montréal, Québec et Saguenay. Pour la famille, les amis, les voyages et, bien sûr, pour ma guérison. Bref, j’en ai brûlé de l’essence.

J’ai essayé de partir. Force est d’admettre que je n’ai pas encore réussi !

Je l’avoue : j’ai le Lac tatoué sur le coeur... et plus encore !

Une chose que je n’ai pas encore accomplie : traverser le Lac.

En voilier ? Je l’ai vendu.

À la nage ? Je ne rendrais pas honneur à Jacques Amyot.

En vélo ? Pourquoi pas ?

Depuis mon accident, je n’étais remonté qu’une seule fois sur un vélo, et ce n’était pas le mien, mais plutôt le fatbike d’un ami. À ce moment-là, ce fut surtout une randonnée symbolique. Lourde de sens.

Mais depuis deux semaines, j’ai recommencé à pédaler.

Ah, le lac Saint-Jean ! Ce beau grand désert blanc.

Je sais très bien que mon entraînement, jusqu’à maintenant, n’est pas suffisant, mais samedi, je serai là, moi aussi, entouré d’une centaine d’autres participants, afin de traverser ce fameux lac Saint-Jean.

Du moins, je vais essayer !