50 ans de l'UQAC: exceller, innover, inspirer, mobiliser

L'auteure de cette chronique est Nicole Bouchard, rectrice de l'UQAC.

Le désir de fonder une famille vient bien souvent avant la naissance d’un enfant. Au fil de mes lectures sur notre histoire, j’ai pu constater qu’il en a été de même pour notre université. En effet, dès 1958, de nombreux acteurs régionaux ont commencé à interpeller le gouvernement pour faire reconnaître la nécessité d’offrir aux communautés du Québec l’accès aux études supérieures sans quitter leur région. C’est ainsi qu’après des années de représentation et des centaines de pages d’argumentation naissait, le 19 mars 1969, l’Université du Québec à Chicoutimi, première institution officiellement constituée sous l’égide du Réseau de l’Université du Québec, né un an auparavant.

Cette naissance en début de printemps n’avait rien d’anodin puisque c’est sous le sceau du renouveau que prenait vie notre université, baignée par la lumière et remplie de promesses. 

Mais ce commencement se love au sein d’un deuxième solstice, celui de tout un peuple qui vivait une révolution pas si tranquille. En effet, l’Université du Québec et ses constituantes s’érigeaient à titre de symbole fort de l’émancipation d’une société qui aspirait à la liberté, qui rêvait et travaillait à forger un monde plus juste, plus solidaire et qui croyait en son potentiel de développement social, culturel et économique. C’était l’aboutissement d’une vision qui misait sur la démocratisation et l’accès à l’éducation comme vecteur principal du changement social rêvé puis finalement avéré.

Du côté du Saguenay–Lac-Saint-Jean, nous sommes redevables à l’audace du Groupe St-Thomas pour avoir agi à titre de promoteurs de cette idée ambitieuse. C’est grâce à la persévérance de ses bâtisseurs que, dès l’automne 1969, l’UQAC accueillait 857 étudiantes et étudiants au sein de 31 programmes d’études. Déjà, 104 professeures et professeurs étaient embauchés pour enseigner et effectuer des travaux de recherche appuyés par une équipe de 85 employés et un budget de 3 858 000$. Un démarrage sur les chapeaux de roues qui dévoile la profondeur de l’engagement de toute une communauté.

Cinquante ans et 56 000 diplômés plus tard, les racines sont profondes et le rôle que campe l’UQAC est reconnu par ses nombreux partenaires et la population. Mais avant que nous ne soufflions ensemble les cinquante bougies, j’aimerais formuler deux souhaits que je nous adresse collectivement. 

Premièrement, je souhaite que le gouvernement du Québec retrouve la ferveur avec laquelle il a créé les universités du Québec afin que nous puissions recevoir tout l’appui nécessaire pour poursuivre notre mission d’enseignement, de recherche et de développement des communautés. L’enjeu financier est de taille, ne serait-ce que pour préserver nos acquis et pour sentir à nouveau cette vague d’amour pour les régions qui donna naissance à l’une des idées les plus structurantes pour le développement des communautés du Québec à ce jour. 

Ensuite, je souhaite que les générations à venir reconnaissent la qualité, la créativité et la pertinence des activités d’enseignement et de recherche que nous offrons et qu’ils fassent le choix de l’UQAC. Nous avons le privilège de travailler de pair avec nos partenaires de toutes les sphères de développement des communautés qui nous accueillent afin d’offrir des réponses adéquates aux défis sociaux qui se dessinent. Je formule le voeu qu’ils s’intéressent à nos expertises uniques et nos idées innovantes, portées par des équipes engagées à rendre la société meilleure. En faisant le choix de l’UQAC, ces étudiants contribueront à créer une valeur inestimable pour nos collectivités.